L'investissement responsable mobilise de plus en plus les acteurs français

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(NEWSManagers.com) - Les acteurs de la Place de Paris s'intéressent de plus en plus à l'investissement responsable, selon une enquête publiée par Paris Europlace et réalisée auprès d'un échantillon de 69 émetteurs et investisseurs (32 émetteurs dont 18 entreprises du CAC 40, 22 sociétés de gestion et investisseurs institutionnels et 15 banques et sociétés d'assurance). L'enquête a été menée par la Commission Finance durable de Paris Europlace, présidée par Nicole Notat, présidente de Vigeo.

Les résultats de cette enquête sur les pratiques et les attentes des émetteurs et des investisseurs en matière d'ISR (investissement socialement responsable) et de RSE (responsabilité sociale des entreprises) vont permettre d'établir les priorités et recommandations concrètes à mettre en oeuvre, notamment dans le cadre des travaux du " Comité Place financière de Paris 2020" , présidé par Michel Sapin, Ministre des finances et des comptes publics.

Entre 2003 et 2013, les encours ISR sont passés, en France, de 3,9 à 169,7 milliards d'euros. Selon les données d'Eurosif, qui a une définition plus large de l'ISR intégrant notamment les fonds mainstream pratiquant partiellement l'ISR et l'impact investing, la France se situe en 2ème position en Europe, juste derrière le Royaume-Uni.

Les sociétés de gestion et les investisseurs institutionnels (sociétés d'assurance et caisses de retraite) soulignent que la démarche ISR s'inscrit dans leur stratégie de réduction des risques de long terme - investissements dans des entreprises qui réduisent leurs risques ESG (environnement, social, gouvernance), y compris le risque de réputation. Pour les particuliers, la motivation repose sur la possibilité de savoir où est investi leur argent et de sélectionner des investissements en phase avec leurs valeurs et qui permettent d'avoir un impact sur la société.

L'ISR reste limité aux investisseurs institutionnels et souffre d'un déficit auprès des particuliers. Ainsi, si la quasi-totalité (93%) des banques et des assureurs interrogés déclarent proposer des produits ISR dans leurs réseaux, la clientèle privée méconnait l'offre existante, peu relayée par les conseillers qui manquent d'une formation spécifique.

Parmi les autres freins identifiés, les clients particuliers, distributeurs et institutionnels expriment une inquiétude par rapport à la performance. Il s'agit d'un problème de perception et pas de réalité. Dans leur grande majorité les sociétés de gestion sont désormais prêtes à faire certifier leur processus ISR (75% contre 33% en 20111), même s'il n'existe pas à ce jour de consensus sur la méthode et l'acteur le mieux placé. De même, la création d'un Label ISR serait considéré comme un gage de sécurité pour les épargnants et faciliterait la vente des produits ISR dans les réseaux bancaires. C'est une attente forte des acteurs (85% des banques/assureurs sont favorables à la labellisation des produits). Enfin, la nécessité d'incitations fiscales figure parmi les mesures qui seraient de nature à développer le marché de l'ISR.

De son côté, la RSE contribue à la performance globale de l'entreprise grâce à une meilleure maîtrise des risques, aux gains générés sur les appels d'offres, à l'arrivée de nouveaux investisseurs (ISR), et à la maîtrise des consommations (eau, énergie, déchets...). La reconnaissance de leurs démarches RSE est jugée essentielle par les entreprises. Pour cela, les émetteurs mettent en avant le dialogue régulier avec les investisseurs et les différentes parties prenantes, clients, investisseurs, salariés et ONG.

Si les émetteurs jugent utiles le rôle des agences de notation extra-financières, ainsi que les démarches ISR des investisseurs et des sociétés de gestion, ils critiquent, en partie, le manque de transparence et de fiabilité des démarches, des méthodologies trop hétérogènes et opaques, et le manque de suivi.

Concernant le rapport intégré, deux tiers des émetteurs interrogés déclarent que leur rapport d'activité inclut déjà ou inclura prochainement le rapport de développement durable, un tiers émettent cependant des critiques envers l'initiative sur le rapport intégré développée par l'IIRC2 jugée trop lourde à mettre en place. Toute avancée sur ce sujet passe par l'élargissement des premières expérimentations en cours par les entreprises et par le renforcement du dialogue avec les investisseurs.

" L'enquête de Paris Europlace montre que les démarches ISR et RSE gagnent du terrain en France et que le dialogue entre émetteurs et investisseurs est indispensable pour aller plus loin. La Place de Paris entend aider progressivement à les faire converger vers un consensus pour permettre à l'ISR, qui a enregistré un fort développement ces dernières années, de continuer à croître." déclare Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace.

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