L'interview de Gilles Bogaert (Pernod Ricard) : « Nous proposons un dividende en hausse de 10% »

le
0

Les ventes en Chine de Pernod Ricard n'ont reculé en volume que de 2% en 2014-2015.
Les ventes en Chine de Pernod Ricard n'ont reculé en volume que de 2% en 2014-2015.

Pernod Ricard publie sur son exercice 2014/2015 un chiffre d’affaires en hausse de 8% à 8,56 milliards d’euros. A changes constants, la croissance ressort à +2%. Dans un contexte difficile marqué par le ralentissement de l’économie chinoise, le numéro deux mondial des vins & spiritueux résiste et attend une amélioration graduelle de son activité cette année confirme Gilles Bogaert, directeur général adjoint chargé des finances.

Quel bilan faites-vous de l’année écoulée ?

Gilles Bogaert : Ce sont des résultats solides dans un environnement volatile. Nous avons en effet confirmé l’amélioration graduelle de nos ventes (+2%), gagné des parts de marchés et tenu notre objectif de croissance du ROC de 2%, en ligne avec l’objectif de 1 à 3%. Même le résultat net courant ressort à +12% (sans provision sur Absolut). Nous proposons cette année un dividende en hausse significative de 10% à 1,8 euros, ce qui constitue un signe de confiance dans l’avenir pour nos actionnaires. Dans un contexte très concurrentiel, nous n’avons pas transigé sur les investissements et les prix. Nous avons aussi poursuivi l’application de notre plan Allegro marquée par une baisse des coûts de structure de 3%.

Quelles marques ont particulièrement performé au cours de l’exercice ?

G.B : Le whisky Jameson est devenu la star de notre portefeuille en enregistrant une croissance régulière (+9% en volume), de très bonnes performances aux Etats-Unis et sur de nouveaux marchés. C’est une marque désormais globale qui talonne la vodka Absolute. Chivas et Absolut restent les deux marques iconiques bénéficiant de la meilleure présence internationale. Notons aussi les fortes hausses de ventes de nos champagnes Mumm (+13%) et Perrier-Jouët (+11%).  

Le ralentissement en cours de l’économie chinoise a-t-il continué d’affecter les ventes de Pernod Ricard dans l’Empire du Milieu ?

G.B : Les ventes en Chine sont en recul de 2% après une baisse de 23% sur l’exercice précédent 2013/2014. Nous avons très clairement intégré l’impact négatif et brutal des mesures anti-cadeaux ostentatoires décidées par le gouvernement. Dans un contexte macroéconomique très tendu, nous restons confiants dans notre capacité à moyen terme à dégager une croissance des ventes de 8 à 9% en Chine mais nous sommes prudents sur le rythme pour y parvenir. Aujourd’hui, si nous réalisons en 2015/2016 une performance comparable à celle réalisée en 2014/2015, ce sera satisfaisant.

Et dans le reste du monde ?

G.B : Aux Etats-Unis, premier marché du groupe (17% du chiffre d’affaires), la performance a été stable mais nous avons comme objectif d’améliorer nos ventes cette année en stabilisant les ventes de la vodka d’Absolut. Nous comptons aussi recueillir le fruit de nos innovations. Avec le ralentissement de la Chine, nous avons aussi la volonté d’accélérer le développement de la marque Martell (cognac) aux Etats-Unis. En Europe, les ventes sont stables, la situation en Europe de l’Est est restée difficile (Pologne, Russie). Mais plusieurs pays d’Europe de l’Ouest ont bien performé comme l’Espagne, l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Quant à la France, la croissance est modeste, le succès de certaines marques (Absolut, Ballantine’s etc.) compensant le recul du marché de l’anis.

Un objectif pour l’année 2015/2016 ?

G.B : A ce stade, nous ne donnons pas de prévisions chiffrées mais nous souhaitons poursuivre l’amélioration graduelle de nos ventes malgré le contexte chinois. L’environnement global va rester difficile et volatile.

Propos recueillis par Julien Gautier

 

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant