L'interview de David Pastel (Pastel & Associés) : « Nous sommes méfiants »

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Pastel & Associés se caractérise par sa stratégie de gestion de long terme.
Pastel & Associés se caractérise par sa stratégie de gestion de long terme.

Les marchés boursiers sont très valorisés et l'injection de liquidités de la part des banques centrales a excessivement renforcé le sentiment d'absence de risque pour les investisseurs. Pour Pastel & Associés, une certaine prudence est de mise.

Nous nous entretenons cette semaine avec David Pastel, président de Pastel & Associés, une Société de gestion de portefeuille indépendante dont la méthode d'investissement est basée sur une approche fondamentale ciblée sur des sociétés généralement peu « risquées ».

Pouvez-vous nous présenter Pastel & Associés ainsi que votre stratégie d'investissement ?

David Pastel : « Pastel & Associés a été fondé en 1997 et utilise la même approche d'investissement depuis maintenant 17 ans. Notre méthode est fondée sur deux axes. D'une part, nous recherchons des sociétés de grande qualité permettant d'assurer une préservation du capital sur au moins 5 à 10 ans, c'est-à-dire dont le risque de cessation d'activité et de baisse durable des profits sur cette durée est très faible. D'autre part, et c'est le c½ur de notre méthode, nous cherchons à estimer la valeur intrinsèque de ces entreprises de manière à investir avec une optique de long terme dans celles qui sont sous-valorisées par rapport à la solidité de leurs fondamentaux. Ainsi nous restons à l'écart des opérations  spéculatives, même lorsque beaucoup de monde pense qu'il s'agira d'un « bon coup », comme par exemple dernièrement avec l'introduction en bourse d'Alibaba ».

Quelles sont vos cibles d'investissement ? Privilégiez-vous uniquement les grandes capitalisations ?

D.P. : « Notre univers d'investissement se compose de 120 entreprises européennes et américaines que nous suivons avec attention, et dans lesquelles nous pouvons potentiellement investir. Parmi ces entreprises se trouvent bien sûr certaines grandes capitalisations, mais nous nous intéressons également aux moyennes entreprises, qui peuvent parfois capitaliser entre 1 et 5 milliards d'euros, et pourquoi pas le cas échéant aux plus petites capitalisations. Parmi notre panel de 120 entreprises suivies, nous sommes actuellement investis sur 24 valeurs ».

Quelles sont les principales grandes valeurs françaises que vous suivez dans votre panel de 120 sociétés ?

D.P. : « Au sein des valeurs françaises, nous suivons notamment Air Liquide, Hermès, Sodexo et L'Oréal, mais également des valeurs de plus faible capitalisation ».

Pour estimer leur valeur intrinsèque, utilisez-vous le business plan des entreprises-cibles pour en déterminer la valeur théorique par actualisation de leurs cashflows futurs ?

D.P. : « Nous nous méfions des business plans fournis par les entreprises. En général, ces business plans sont trop optimistes à long terme, notamment sur la croissance de l'activité. Nous construisons donc en général nos propres business plans avec des hypothèses très prudentes, notamment concernant les cashflows qu'elles pourront générer. De cette manière, si malgré cette prudence, une entreprise ressort décotée par rapport à ses fondamentaux, alors nous obtenons un signal pour investir en elle en considérant que sa valeur de marché finira par se rétablir à long terme ».

Quelles sont vos perspectives sur l'évolution des marchés pour les trois ou quatre années à venir, correspondant au minimum de votre horizon d'investissement ?

D.P. : « Nous sommes méfiants. Le marché manque de volatilité du fait de l'injection de liquidités de la part des banques centrales. Cela crée un environnement qui n'est pas sain : les investisseurs considèrent que les risques sont actuellement faibles et sont surinvestis sur les marchés. Les titres sont donc très valorisés par rapport aux fondamentaux des entreprises. Dans ce cadre, les opportunités d'investissement se font plus rares. Notre méthodologie n'indique actuellement que peu d'entreprises sous-valorisées vis-à-vis de leurs fondamentaux. Nous gardons ainsi 27% de cash dans notre allocation de portefeuille, ce qui nous permettra de saisir à l'avenir de meilleures opportunités quand elles se présenteront ».

Auriez-vous des conseils à donner à nos lecteurs concernant leur stratégie de gestion ?

D.P. : « Je leur conseillerais d'acheter plutôt des parts de fonds dont les performances ont été prouvées sur le long terme. Prudence vis-à-vis des fonds récents n'ayant fait leurs preuves que sur quelques années. Il faut aussi porter une grande attention à l'équipe qui gère ces fonds et à leur capacité à garder la même méthode d'investissement sur le long terme ».

Propos recueillis par Xavier Bargue

Pastel et Associés gère principalement  deux fonds : « Valeur intrinsèque » et « Margin of Safety Fund », non-éligibles au PEA mais notamment disponibles dans le cadre d'un contrat d'assurance-vie.

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  • M4358281 le jeudi 20 nov 2014 à 14:21

    Oui ..mais des valeurs très chères ..stables certes ..mais quoi ..pas plus que le livret A..alors pourquoi s'embêter ..?

  • zunski le jeudi 20 nov 2014 à 11:48

    Bon , pour une fois , ça se défend...au moins , ce mosieur , nous évite l"horrible " c'est le momment d'acheter..;avec nos sous "...signe de cupidité et de cynisme , dans un marché très diffiçile.

  • ccondem1 le mercredi 19 nov 2014 à 18:27

    Enfin des paroles sensées dans un univers (US) de plus en plus délirant

  • M4314275 le mercredi 19 nov 2014 à 16:19

    Correction effectuée

  • M4314275 le mercredi 19 nov 2014 à 12:19

    Des marchés boursiers volatils au lieu de "volatiles". Ils veulent nous plumer.

  • fquiroga le mardi 18 nov 2014 à 18:36

    Les banksters n'ont pas confiance entre-eux?????