L'hôtellerie parisienne se prépare à des mois difficiles

le
0
CHUTE DE 35% DU CA DANS L'HÔTELLERIE HAUT DE GAMME EN NOVEMBRE
CHUTE DE 35% DU CA DANS L'HÔTELLERIE HAUT DE GAMME EN NOVEMBRE

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - L'hôtellerie parisienne, plombée par les attentats du 13 novembre, se prépare à des mois difficiles après une courte embellie permise par la conférence des Nations unies sur le climat (COP21).

Après une chute brutale de chiffre d'affaires, comprise entre 30% et 40% dans les jours qui ont suivi les attaques de Paris, selon les chiffres de l'Union des métiers de l’industrie hôtelière (UMIH), le secteur a repris des couleurs grâce à l'accueil de quelque 40.000 personnes venues participer à la conférence du Bourget.

"Paris profite d'une embellie grâce à la COP21, qui masque des tendances négatives", commente Georges Panayotis, président du cabinet spécialisé MKG Group, interrogé par Reuters.

Le revenu par chambre disponible (Revpar), indicateur clé de l'activité hôtelière permettant de comparer les performances d'établissements de taille différente, était ainsi en hausse de 22% trois jours après le début de la conférence, par rapport à la même période de l'an dernier.

Cette hausse de la fréquentation a surtout profité aux chaînes et aux établissements haut de gamme, fréquentés par les délégations officielles des chefs d'Etat, tandis que les hôtels indépendants ont continué à souffrir.

"C'est très difficile pour les indépendants, plus exposés au loisir qu'au voyage d'affaires", note Georges Panayotis.

Hormis la bouffée d'oxygène apportée par la COP21, les perspectives restent sombres pour l'hôtellerie de la capitale, victime d'une chute du tourisme.

Le PDG d'AccorHotels Sébastien Bazin a évoqué un "impact économique réel" et un "trou d'air" qui pourrait prendre jusqu'à quatre mois pour se résorber.

Dans l'hôtellerie haut de gamme et les palaces, le chiffre d'affaires a chuté de 35% au mois de novembre et l'activité devrait plonger de 40% à 50% en décembre, selon Didier Le Calvez, dirigeant de la branche "prestige" de l'UMIH et PDG du Bristol.

"Nous n'avons vendu que 40% à 50% de nos chambres pour les fêtes de fin d'année, alors qu'en période normale, nous devrions être à 80% ou 90%", commente-t-il.

"ÉTAT DE GUERRE"

Le secteur traverse une situation de crise, qui devrait selon lui, sauf nouvel événement dramatique, durer encore quelques mois avant de revenir à la normale.

"Les clients n'ont pas envie, et c'est légitime, de venir dans un pays décrit comme étant en état de guerre", ajoute-t-il.

Les affaires devraient rester "très très calmes" pendant les trois ou quatre mois à venir, estime Didier Le Calvez, disant avoir "des signes de frémissement" pour mars-avril 2016 seulement.

L'hôtellerie de luxe est encore plus touchée que les autres segments du secteur, la clientèle internationale constituant plus de 80% de la fréquentation des palaces parisiens comme le Bristol, le Georges V ou le Plaza Athénée.

AccorHotels a quant à lui constaté une baisse des réservations de dernière minute pour la deuxième quinzaine de décembre qui restent "peu nombreuses" par rapport à l'an dernier.

Relativement épargnée, l'hôtellerie de province voit son Revpar progresser de 4% depuis les attentats, selon MKG Group.

Pour venir en aide aux petites et moyennes entreprises dont l'activité subit de plein fouet les attentats du 13 novembre, les pouvoirs publics envisagent de leur octroyer des reports de paiement en matière fiscale et sociale.

Dans la restauration, à Paris et en Ile-de-France, la chute du chiffre d'affaires atteignait en fin de semaine dernière 35% à 40% par rapport à la même période de l'an dernier, selon l'UMIH.

(Edité par Dominique Rodriguez)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant