L'Europe rate-t-elle le virage vers le monde moderne ?

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Les prix élevés de l'énergie en Europe défavoriseraient durablement le Vieux continent face au reste du monde.
Les prix élevés de l'énergie en Europe défavoriseraient durablement le Vieux continent face au reste du monde.

Un article publié par le Financial Times accuse l'Europe d'emprunter une mauvaise voie face aux nouveaux enjeux de compétitivité liés aux prix de l'énergie. Son auteur, John Gapper, adopte une vision très libérale de la question, soulignant certaines réalités économiques qui nécessitent néanmoins une lecture critique.

Pour John Gapper, le monde est en pleine mutation, et l'Europe ne parvient pas à s'y adapter. La baisse des prix de l'énergie observée depuis plusieurs mois crée des opportunités économiques majeures à l'échelle mondiale, et l'Europe ne les saisirait pas. En cause : une forte taxation des énergies fossiles qui rendrait l'Europe non compétitive.

L'analyse se concentre sur les entreprises susceptibles de réaliser des investissements à l'étranger. Pour ces entreprises, la baisse des coûts de l'énergie est une opportunité à saisir absolument. Au point, selon John Gapper, de devenir une raison de délocalisation ou de « relocalisation » qui pèse désormais davantage que les traditionnels économies de coûts de main-d'½uvre.

Les entreprises recherchent davantage l'énergie bon marché que la main-d'½uvre bon marché

Cette affirmation a de quoi surprendre. On garde toujours en tête le schéma bien connu selon lequel une entreprise d'un « pays riche » délocalise sa production dans un « pays en développement » pour des raisons d'économies salariales sur la main-d'½uvre. Viennent à l'esprit les images des ateliers de textile, de jouets ou d'accessoires fabriqués à la chaîne en Chine, avec une marchandise finale renvoyée in fine vers les pays d'origine des grandes entreprises ayant délocalisé leur production.

Ce schéma reste toujours vrai de nos jours, mais commencerait à battre de l'aile. Selon les chiffres avancés par le Financial Times, les salaires auraient augmenté de 5,7% par an en Asie entre 2006 et 2011, à comparer à une hausse de seulement 0,4% dans les économies développées. Les inégalités de salaires se sont donc réduites entre le « Nord » et le « Sud », ce qui réduirait les avantages d'une délocalisation en Asie pour les entreprises à la recherche de bas coûts.

Les Etats-Unis sont de nouveau compétitifs

En parallèle, le niveau des prix de l'énergie chute depuis plusieurs mois. L'exploitation désormais intensive du gaz et du pétrole de schiste sur le territoire américain provoque une chute des prix à l'échelle mondiale.

Toutefois, tout le monde n'en profite pas de la même manière. Les Etats-Unis profitent au maximum de cette baisse du fait de leur forte production domestique et de sa faible taxation. En conséquence, de nombreuses entreprises américaines commenceraient à voir un intérêt à relocaliser leur production dans leur pays d'origine, tirant un meilleur profit de cette énergie bon marché que des économies de main-d'½uvre en Asie. En Europe en revanche, la baisse des prix de l'énergie se ressent moins. La parité euro/dollar y joue une rôle évident, mais également le niveau de taxation généralement élevé qui est appliqué sur ces énergies non renouvelables.

L'Europe, à l'échelle globale, taxerait en effet les énergies fossiles et subventionnerait les énergies vertes. Cette politique s'inscrit dans une logique de développement durable parfaitement défendable, reconnaît John Gapper. Mais pour l'auteur de l'article, cette politique crée à court terme des dommages importants de compétitivité énergétique pour le Vieux continent. Contrairement aux Etats-Unis, la main-d'½uvre est toujours aussi chère et l'énergie ne baisse pas. En somme, l'Europe est moins attrayante et cela enfonce encore un peu plus le continent dans les difficultés économiques.

Trop libéral, mais intéressant pour la compréhension des enjeux actuels autour de l'énergie

Pour John Gapper : « l'Europe a fait le mauvais pari. [...] A long terme, les risques sont réels pour les pays qui s'imposent des coûts élevés alors que d'autres profitent de coûts plus faibles ». Une façon d'accuser l'Europe de ne pas être suffisamment libérale pour rester compétitive et attractive dans le monde actuel.

Ce point de vue est évidemment très critiquable du fait de son manque total de préoccupation écologique de long terme, et doit donc être considéré avec une certaine distance critique. Ce qui reste néanmoins intéressant dans cette analyse du Financial Times est l'analyse du changement des préoccupations des entreprises vis-à-vis de leurs délocalisations. Pour l'auteur, le monde commence à entrer dans une nouvelle ère économique dominée par l'attractivité des prix de l'énergie après deux décennies de délocalisations massives en Asie pour des économies de main-d'½uvre.

X.B.

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  • b.renie le mardi 2 déc 2014 à 06:23

    Nous ne demandons qu'à travailler mais pour construire qqch et donner un avenir à nos enfants. Je suis là pour sauver la peau des français dit Marine Le Pen; ZORRO est arrivéRien qu'en entendant cela on sait où elle veut aller à la soupe comme Mitterand par la démagogie.

  • b.renie le mardi 2 déc 2014 à 06:20

    Il nous faut retrouver des Robert SCHUMAN, des Antoine PINAY, des Max FLECHET, des Maurice PETSCH, des Edgard FAURE, des POMPIDOU, des VGE car depuis ce dernier on a que des bavacheux brouillons au mieux.

  • b.renie le mardi 2 déc 2014 à 06:17

    Il faut accepter que l'Europe est sclérosée avec des gouvernants qui ronronnent dans leurs cabinets sans autre ambition que de rester le plus possible dans leur fauteuil. mais il ne font pas leur boulot Et ce n'est pas les nationalistes d'extrême droite qui changeront qqch. Ils veulent aller à la soupe comme ceux qui y sont déjà.

  • jy831 le lundi 1 déc 2014 à 19:58

    Bon trés bien,alors continuons avec le nucleaire juqu a un tchernobyl ou un fukuchima,faisons du gaz de schiste jusqu a ce que l eau des nappes phreatiques soit empoisonnée et que l air ne soit plus respirable pour acheter des tas de choses dont nous n avons pas besoin et qui sont condamnées a durer 7 ans par obsolesence programmée et jetons des déchets a tire larigot.Et un jour la terre ne sera plus vivable pour l espece animale

  • M1539097 le lundi 1 déc 2014 à 18:59

    JY831Dans boursorama il y a une heure interview d'un ponte de meteo France , pourtant rechauffiste, qui dit que les inondations récentes n'ont rien d'exceptionnelles et ne sont pas liées au R CA lire

  • M1539097 le lundi 1 déc 2014 à 18:55

    J'avais indiqué des sites de climatosceptiques mais mon mail a été supprimé Censure?

  • mfouche2 le lundi 1 déc 2014 à 17:46

    L'Afrique n'est jamais rentrée dans l'histoire . L'Europe , elle est en train d'en sortir .

  • charleco le lundi 1 déc 2014 à 17:32

    C'est quoi le monde moderne?

  • M9146189 le lundi 1 déc 2014 à 17:27

    mais que c est n importe quoi !!!; ce qui vient de la terre est par nature limiter et donc deviendra cher ce qui vient du soleil est illimitée et deviendra pas cher

  • bsdm le lundi 1 déc 2014 à 17:25

    La quantité d'energie disponible à un prix abordable est le facteur de production qui fera la différence entre les pays qui y ont accés ( US ,canada, ,australie, russie etc....) et les pays qui la refusent ou la taxe à mort ( la france l'europe )