L'euro perd de sa valeur face au dollar avec le discours de Mario Draghi

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L'euro se contracte face au dollar suite au discours de Mario Draghi prononcé jeudi 22 octobre.
L'euro se contracte face au dollar suite au discours de Mario Draghi prononcé jeudi 22 octobre.

L’évocation d’un prochain « réexamen » de la politique monétaire européenne par la BCE a provoqué une baisse de l’euro face au dollar sur le marché des changes, alors que l’ensemble des marchés boursiers mondiaux était entraîné à la hausse.

Les marchés actions n’ont pas été les seuls à réagir au discours de Mario Draghi jeudi 22 octobre. La parité euro-dollar a également été impactée significativement par les propos du président de la BCE, l’euro perdant 1,6% de sa valeur face au dollar, passant de 1,130 dollars pour 1 euro avant la conférence à 1,115 dollars pour 1 euro peu après la fin de la conférence de presse de Mario Draghi.

L’anticipation d’une accélération ou prolongation du quantitative easing de la BCE par les opérateurs de marché impacte négativement l’euro car les opérateurs s’attendent à une augmentation à venir de l’offre de monnaie en zone euro, celle-ci étant théoriquement synonyme d’une augmentation de l’inflation et donc d’une baisse de la valeur réelle de la monnaie. Cette dévaluation monétaire est volontaire de la part de la BCE qui souhaite rendre l’euro « moins cher » et favoriser ainsi les capacités d’exportation des entreprises européennes, participant à la relance économique du Vieux continent.

« L’évolution du taux de change effectif de l’euro est essentielle »

La question de l’évolution de la parité euro-dollar est loin d’être anodine et fait partie des éléments importants qui vont être surveillés par la BCE pour calibrer les éventuelles annonces de décembre prochain, explique Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires d’AllianzGI.

Pour lui en effet, « l’élément le plus important à surveiller sera l’évolution du taux de change effectif de l’euro qui reste l’arme la plus efficace pour la transmission de la politique monétaire à l’économie réelle. Toute appréciation significative de la devise européenne entraînerait  une réponse en termes de politique monétaire. Dans ce contexte, toute spéculation à la hausse de l’euro serait perdue d’avance, confirmant cet avertissement bien connu : "Don’t fight the Central Banks" ».

Plus généralement, au sujet du discours de Mario Draghi, Franck Dixmier commente : « Mario Draghi avait ouvert la voie en septembre dernier en déclarant que la BCE disposait des capacités pour agir, qu’elle y était prête et en avait la volonté. Dans ses déclarations d’aujourd’hui, le Président de la Banque centrale européenne  franchit un degré supplémentaire dans sa rhétorique "dovish" [accommodante] : la banque centrale (…) pourrait notamment décider de baisser son taux de dépôt, mais [elle] souhaite se donner la plus grande souplesse et prendra sa décision au vu de ses prévisions macro-économiques révisées qui seront connues en décembre. Elle suit en particulier avec la plus grande vigilance les risques liés aux perspectives de croissance économique et d’inflation ».

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • s.mario3 le jeudi 22 oct 2015 à 17:56

    MDR de lire ça. Comme si les américains allaient laisser le dollar monter... Les Européens gagneraient la guerre des changes ? On a toujours le droit de rêver.

  • jean1597 le jeudi 22 oct 2015 à 17:46

    1,115 dollars pour 1 euro me semble plus correct...