L'économie brésilienne décline, plombée par la récession et une inflation record

le , mis à jour à 18:04
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L'économie brésilienne montre de nombreux signes de faiblesse, souligne Philippe Waechter.
L'économie brésilienne montre de nombreux signes de faiblesse, souligne Philippe Waechter.

On sait que le Brésil, comme la Russie, souffre de la chute des prix des matières premières, dont il est un grand exportateur. De nouveau, le mécontentement de la population s’exprime dans les rues. Pour Philippe Waechter, interviewé par Capital, la situation du pays « inquiète beaucoup ».

Le 16 août dernier, au moins un million de personnes ont manifesté dans les rues des principales villes du Brésil pour réclamer la démission de la présidente Dilma Rousseff. Ce mécontentement s’est exprimé dans le cadre d'importantes difficultés économiques traversées par le pays.

« Le ralentissement de l’économie de son principal partenaire commercial, la Chine, l’effondrement des cours des matières premières, les coupes budgétaires et une politique monétaire restrictive plombent la croissance » du Brésil, explique Philippe Waechter, directeur de la recherche économique de Natixis Asset Management.

La grande manifestation de dimanche dernier est perçue par certains commentateurs comme un prolongement des manifestations qui avaient agité le pays à partir de mars 2013. Celles-ci dénonçaient les conditions de vie difficiles de nombreux Brésiliens à l’approche de la coûteuse coupe du monde de football organisée en 2014 par le pays.

Récession, inflation et austérité

Pour rappel, le pays est attendu en récession économique de 1,5% cette année ainsi qu’en 2016, après une croissance nulle en 2014. L’économie brésilienne se retrouve dans une situation très inconfortable, prise entre cette croissance désormais négative, et une inflation au contraire très élevée (9% en rythme annuel).

L’inflation tente d’être jugulée par la banque centrale du pays, qui a considérablement augmenté le niveau de son taux directeur, atteignant désormais 14,25%. Mais avec un taux aussi élevé, l’économie est nettement ralentie car ceci se traduit indirectement par des taux de crédit très élevés auprès des entreprises comme des particuliers.

« La situation macroéconomique du Brésil est probablement la plus préoccupante des grands pays », estime Philippe Waechter, alors qu’en parallèle, « le gouvernement veut regagner de la crédibilité en mettant en place une politique budgétaire plus stricte et donc moins généreuse avec la population. La croissance forte et la politique de redistribution qui avaient caractérisé l’ère du président Lula semblent bien loin aujourd’hui ».

Parmi les éléments récents retenus par l’économiste, « les ventes de détail (en volume) ont reculé de 3% sur un an, en juin 2015. Il y a une vraie fragilité économique aujourd’hui, et les menaces de dégradation de la note du Brésil par les agences de notation ne vont pas inciter les investisseurs à revenir rapidement ».

Lire aussi : Le Brésil est attendu en nette récession économique (Aurel BGC).

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • M917744 le vendredi 21 aout 2015 à 12:02

    comme l'ont montré certain économistes reconnu trop d'inégalités entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres détruisent l'économie et la croissance du pays et que le monde n'a pas connu autant d'inégalité depuis l’époque des colonies et des monarchies.

  • M917744 le vendredi 21 aout 2015 à 12:01

    et le problème de ne pas vouloir redistribué l'argent vers toute la population par des impôts ou autres(en imposants les plus riches) fait qu'en réalité le niveau de vie de 75% des chinois et brésiliens n'a que très peu augmenter. (comme en inde). donc l'inde/bresilet chine ne seront jamais le moteur du monde malgré qu'ils représentent 50% de la pop mondiale si 75% de leur population vivent avec -1dollar/jour ce n'est pas une élite hyper riche qui va fournir une croissance permanente à un pays.

  • M917744 le vendredi 21 aout 2015 à 11:57

    certains commentaires sont hilarants. on vois que certains connaissent strictement rien à l'economie du bresil et mettre cela sous le dos du socialisme mais alors là mdr. le problème du brésil est son libéralisme , sa corruption et la chute des matières premières. Lors de la croissance (comme en chine) l'argent gagné na été que par une certaine élite et il n'y a eut aucune redistribution des richesses gagné vers le bas (classe moyenne et pauvre)

  • M7414218 le mercredi 19 aout 2015 à 21:48

    Redistribution à outrance de l´argent public, trop de fonctionnaires, trop d´administration, fiscalité écrasante et complexe, et au final une économie qui ne tient que par un niveau de consommation absurde ...quand la bulle se dégonfle, ça fait mal.

  • bearnhar le mercredi 19 aout 2015 à 18:41

    974 : et ici certains de nos doux reveurs n'en ont pas assez, ils voudraient qu'on se departisse aussi de notre assurance vie, notre dissuasion nucleaire. Comme ca si prochaine il y a c'est encore au secours les Americains.

  • M4536974 le mercredi 19 aout 2015 à 18:29

    Brésil et Russie au bord du gouffre, Chine en fort ralentissement trafiquant certainement ses données publiées comme la Grèce à une époque, USA, UK et UE en mode "roue libre monétaire" pour sauver les apparences, événements climatiques extrêmes, migration massive vers l'Europe complètement incontrôlée.............On va vers des jours heureux.............

  • bearnhar le mercredi 19 aout 2015 à 18:24

    Si la planete perd ce poumon, on peut reduire toutes les emissions qu'on veut, c'est rape.

  • bearnhar le mercredi 19 aout 2015 à 18:21

    Dans ce pays, incontrolable, les pauvres se " refont " en tapant dans la foret, ce qu'il en reste. C'est la solution de facilite. Alors le sommet climat, c'est de la gnognotte.

  • spirouet le mercredi 19 aout 2015 à 18:16

    C'est ce qui va nous arriver à cause du passage des socialistes aux commandes de l'état.

  • M2941863 le mercredi 19 aout 2015 à 16:56

    Pas étonnant le pays est sous le socialisme, donc c'est normal! exemple la france.