L'Autorité bancaire de l'UE quitterait Londres à cause du Brexit

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Union flags and the Big Ben clocktower cover notebooks are seen on sale in London, Britain
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par Francesco Guarascio

BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne se prépare déjà à déménager l'Autorité bancaire européenne (ABE) installée à Londres, tirant ainsi les conséquences du vote britannique pour la sortie de l'UE, ont déclaré plusieurs responsables européens dimanche, donnant le coup d'envoi d'une course entre Paris et Francfort pour accueillir cet influent organisme.

Au lendemain de la démission du commissaire britannique Jonathan Hill, qui était chargé des services financiers au sein de l'exécutif communautaire, et de son remplacement par Valdis Dombrovskis, le "M. Euro" de la CE, ces déclarations illustrent les risques de mise à l'écart auxquels est d'ores et déjà exposée la City londonienne, qui feront inévitablement partie des négociations sur le Brexit.

Le vote des électeurs britanniques pourrait conduire à la relocalisation dans d'autres pays européens de milliers d'emplois financiers pour l'instant basés à Londres, dont ceux de l'ABE. Cette dernière, qui a pour mission de rédiger et de faire respecter les règles applicables à l'ensemble des banques de l'UEE, emploie 159 personnes.

Elle devrait être relocalisée "bientôt", ont dit deux responsables de l'UE à Reuters. Et les observateurs considèrent Paris et Francfort, les deux principales places financières continentales, comme ses nouvelles destinations les plus probables, même si Dublin a aussi ses chances.

Milan, la capitale économique et financière de l'Italie, pourrait aussi entrer en lice: l'ex-président du Conseil Enrico Letta a déjà appelé le gouvernement de Matteo Renzi à envisager de défendre la candidature milanaise.

Une porte-parole de l'ABE, fondée en 2011 pour améliorer la réglementation financière après la crise financière de 20067-2009, a déclaré que toutes les décisions sur une éventuelle relocalisation de l'agence devraient être prises au niveau de l'UE.

La contribution du secteur financier à l'économie britannique a représenté 190 milliards de livres (231 milliards d'euros) en 2014, soit 12% du PIB environ. Ce secteur emploie 2,2 millions de personnes en Grande-Bretagne, dont 90% environ des effectifs européens des banques d'investissement américaines et représente 78% de l'activité des marchés de capitaux des autres Etats membres de l'UE en Grande-Bretagne.

CENTRE FINANCIER "OFFSHORE"

Au-delà du cas de l'ABE, la prédominance de Londres dans le secteur bancaire risque aussi d'être contestée sur le marché des services de compensation: la Banque centrale européenne (BCE) a déjà tenté en vain par le passé de priver la City de son rôle de premier plan dans ce domaine en arguant du fait que les chambres de compensation assurant le bon déroulement de transactions libellées en euro devaient se trouver dans la zone euro.

La BCE devrait revenir à la charge maintenant que Londres est sur le chemin de la sortie de l'UE.

Autre risque pour la City: celui d'être tenu à l'écart de l'Union des marchés de capitaux, le projet le plus ambitieux lancé depuis des années pour tenter de réduire les obstacles aux mouvements de capitaux au sein de l'Union.

Inauguré en septembre par le commissaire aux Services financiers Jonathan Hill, Britannique et qui a démissionné samedi, le projet était jusqu'à présent perçu comme susceptible de renforcer l'avance de Londres sur les autres places financières européennes.

Mais le Brexit risque de changer la donne, d'autant que les réactions initiales à Bruxelles sur le sujet penchaient en faveur d'une attitude ferme vis-à-vis de Londres.

"Le Royaume-Uni ne doit pas s'attendre à un traitement de faveur pour la City de Londres pendant les négociations de sortie", a prévenu Sven Giegold, député européen écologiste allemand.

Privé de tout point de contact avec l'UE et de l'influence de Jonathan Hill, un proche allié du Premier ministre démissionnaire David Cameron, le secteur financier britannique se trouve en situation difficile par rapport aux autres centres financiers dans la mesure où la zone euro sera soucieuse d'affirmer son quasi-monopole sur l'activité financière de l'UE.

Le projet d'Union des marchés de capitaux prévoit également de renforcer les droits liés au "passeport européen" le mécanisme qui permet à un établissement financier disposant d'une licence dans un pays membre de commercialiser ses services dans l'ensemble de l'UE, ce qui bénéficierait entre autres aux fonds de capital-investissement et aux fonds d'infrastructures.

Certains fonds basés à Londres pourraient donc être contraints de repenser leur stratégie.

Ainsi, même si la Grande-Bretagne est appelée à rester dans l'UE jusqu'à la fin du processus de sortie, qui s'étalera sur plusieurs années, l'influence de la City sur l'élaboration des règles encadrant le secteur financier sera très vite et très fortement réduite, notamment pour ce qui est du projet d'Union des marchés de capitaux, censé s'appliquer à partir de 2019.

La City pourrait aussi rester à l'écart du boom des transactions que pourraient favoriser les futures nouvelles infrastructures financières et des effets bénéfiques de l'assouplissement prévu des règles de titrisation.

Si les discussions autour du divorce de la Grande-Bretagne avec l'UE tournaient à l'aigre, la City pourrait aussi faire le choix de devenir un centre financier "offshore", accessible aux entreprises européennes trop sensibles à la réglementation et à la fiscalité, "un scénario qui ne peut pas être exclu à ce stade", reconnaît un responsable européen.

(avec Huw Jones; Marc Angrand pour le service français)

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  • JeffDark le mardi 28 juin 2016 à 14:26

    @jv97 : je présume un semblant de paradis fiscal (Panama Papers ^_^)

  • pigra le lundi 27 juin 2016 à 15:29

    Boycotons TOUS les produits britanniques

  • dchatene le lundi 27 juin 2016 à 15:14

    ce serait vraiment le minimum !! lol

  • proni le lundi 27 juin 2016 à 13:41

    à force de vouloir le beurre et l'argent du beurre , d'être dedans et hors l'Europe de préfèrer les USA à l'europe ,les britanniques se sont piégés

  • jv97 le lundi 27 juin 2016 à 13:37

    accessible aux entreprises européennes trop sensibles à la réglementation et à la fiscalité?what is this??