L'archevêque Oscar Romero béatifié à San Salvador

le , mis à jour à 22:10
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(actualisé avec lettre du pape et déclaration de Barack Obama) par Nelson Renteria SAN SALVADOR, 23 mai (Reuters) - L'archevêque salvadorien Oscar Romero, assassiné en 1980 par un escadron de la mort, a été béatifié samedi à San Salvador, dernière étape avant la canonisation. Des catholiques venus du monde entier se sont mêlés à d'anciens rebelles marxistes du temps de la guerre civile parmi la foule de 250.000 personnes qui était rassemblée dans la capitale, San Salvador, pour la cérémonie, qui a été dirigée par le cardinal Angelo Amato, dépêché pour l'occasion par le pape François. François, premier pape originaire d'Amérique latine, a réenclenché le processus de béatification de Mgr Romero peu après son élection au pontificat en mars 2013. Ce processus avait été bloqué sous les papes Jean Paul II et Benoît XVI car ils jugeaient l'archevêque salvadorien trop proche de la théologie de la libération, mouvement radical qui mettait l'accent sur le soutien aux pauvres et la lutte contre les injustices. "Romero, qui a bâti la paix avec la force de l'amour, a témoigné de la foi jusqu'à l'extrême, en faisant l'offrande de sa vie", a déclaré le souverain pontife dans une lettre rendue publique samedi. Le président américain a dit avoir été "profondément ému" lorsqu'il s'était rendu sur la tombe de Mgr Romero en 2011. "Espérons que ce qu'a fait l'archevêque Romero nous incitera, tous, à respecter la dignité de l'ensemble des êtres humains, et à oeuvrer à la justice et à la paix dans notre hémisphère et au-delà", a déclaré Barack Obama dans un communiqué. La chemise ensanglantée que portait Mgr Romero le jour de son assassinat a été exhibée samedi parmi la foule, au sein de laquelle se trouvaient des milliers de personnes qui ont campé sur place depuis vendredi. ACCORD DE PAIX EN 1992 "Je prenais sa main et la baisais chaque dimanche après la messe", a témoigné Virginia Sanchez, âgée de 87 ans, ancienne membre de la congrégation de Mgr Romero. "Maintenant, nous sommes heureux, car il priera pour nous et pour cette violence que nous traversons". Né en 1917 dans une ville de montagne proche du Honduras, Oscar Romero avait été nommé archevêque en 1977. Peu après, il était devenu un adversaire résolu du gouvernement militaire qui commençait à tuer, enlever et arrêter les prêtres qui soutenaient les droits des ouvriers et des paysans. Dans ses sermons, souvent diffusés à la radio, l'archevêque s'en prenait aux extrémistes de droite, au mépris des menaces de mort qu'il recevait. "Au nom de ceux qui souffrent, dont les cris deviennent plus assourdissants chaque jour, je vous prie, je vous implore, je vous l'ordonne au nom de Dieu: cessez la répression!", avait-il dit dans un discours aux soldats gouvernementaux à la veille de sa mort. L'archevêque avait été assassiné le 24 mars 1980 alors qu'il disait une messe dans la chapelle d'un hôpital. Peu après sa mort, la guerre civile avait éclaté entre le pouvoir salvadorien, qui bénéficiait du soutien financier de Washington, et les insurgés de gauche. La guerre civile au Salvador, l'un des conflits les plus sanglants de la "guerre froide", a fait dans les 75.000 morts et s'est terminée par un accord de paix conclu en 1992. (avec Max de Haldevang à Mexico; Eric Faye pour le service français)

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