L'AIE s'attend à un recul de la production de pétrole

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L'AIE S'ATTEND À UN RECUL DE LA PRODUCITON DE PÉTROLE
L'AIE S'ATTEND À UN RECUL DE LA PRODUCITON DE PÉTROLE

LONDRES (Reuters) - La faiblesse des cours du pétrole poussera les pays non-Opep, y compris les Etats-Unis, à procéder à la plus forte baisse de leur production en plus de deux décennies, ce qui rétablira l'équilibre sur un marché mondial en situation d'offre excédentaire, écrit l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son rapport mensuel.

L'agence basée à Paris, qui conseille les grandes puissances économiques en matière de politique énergétique, estime en outre que la demande mondiale s'apprête à atteindre un pic de cinq ans, grâce à la baisse des prix du brut.

Elle a fortement relevé sa prévision de demande de pétrole à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Ce rapport est l'un des plus favorables à l'Opep depuis que l'organisation a créé un choc sur les marchés l'an dernier en décidant de ne pas réduire sa production, faisant le choix de se battre pour conserver ses parts de marché et de décourager les producteurs à coûts plus élevés comme les Etats-Unis.

"La grande affaire ce mois-ci est le resserrement de l'offre, avec le projecteur fermement braqué sur les pays non-Opep", écrit l'AIE dans son rapport mensuel publié vendredi.

"L'effondrement des prix du pétrole entraîne la fermeture des unités de production à coûts élevés d'Eagle Ford au Texas, en Russie et en Mer du Nord, ce qui pourrait déboucher sur une perte l'an prochain d'un demi-million de barils par jour (bpj) -- la plus forte baisse en 24 ans."

Il s'agira de la plus forte contraction depuis 1992, lorsque l'offre de pétrole non-Opep s'était contractée d'un million de bpj à la suite de l'effondrement de l'ex-Union soviétique.

L'AIE s'attend ainsi à une baisse de 0,4 million de bpj de la production de brut léger américain l'an prochain, après une augmentation record de 1,7 million en 2014.

DEMANDE EN HAUSSE

Dans le même temps, la croissance de la demande mondiale de pétrole atteindra un pic de cinq ans, à 1,7 million de bpj, cette année, avant de se tasser à 1,4 million de bpj en 2016, soit 0,2 million de plus que prévu dans le dernier rapport de l'AIE.

En conséquence, le marché mondial devra s'approvisionner beaucoup plus auprès de l'Opep, note l'AIE, qui estime que l'organisation devra extraire environ 31,3 millions de bpj en 2016 - 0,5 million de plus que prévu dans son précédent rapport - pour rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande.

Au deuxième semestre 2016, l'Opep devra pomper environ 32 millions de bpj pour approvisionner le marché mondial, qui exigera pour la première fois une hausse de sa production.

L'AIE estime que la santé de l'économie chinoise est l'un des risques baissiers les plus importants pour ses prévisions, tout en ajoutant que la demande de produits pétroliers de la Chine a fait preuve récemment d'une remarquable résistance.

Goldman Sachs a en revanche annoncé vendredi qu'il tablait sur une nouvelle chute des cours du brut cette année, avant tout en raison des inquiétudes autour de la hausse de la production de l'Opep et du ralentissement de la croissance chinoise.

La banque d'investissement américaine, qui estime que l'excédent d'offre est supérieur à ses prévisions et devrait persister en 2016, a abaissé, de 57 à 45 dollars le baril, sa prévision de cours moyen du brut léger américain (WTI) pour 2016 et de 52 à 48,1 dollars pour cette année.

Goldman a également abaissé ses prévisions de cours moyen du Brent, de 62 à 49,5 dollars pour 2016 et de 58,2 à 53,7 dollars pour cette année.

(Dmitry Zhdannikov et Christopher Johnson, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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