France-Un modèle informatique pour tester les médicaments

le
0
    STRASBOURG, 7 juillet (Reuters) - Une entreprise de 
biotechnologies strasbourgeoise annonce la mise en ligne pour 
2017 d'une plateforme numérique capable de simuler la réponse 
des cellules humaines au contact d'une molécule en vue 
d'accélérer la mise au point de médicaments. 
    Issue de Bionext, une société de bio-informatique née en 
2009, TheraScape bénéficie des recherches de Rhenovia, autre 
entreprise de biotechnologies considérée comme un expert mondial 
dans la biosimulation du fonctionnement du cerveau, jusqu'à son 
dépôt de bilan voici un an, faute de relais financiers. 
    Bionext, qui a elle-même développé une plateforme 
d'identification des cibles touchées par un médicament, a repris 
les actifs immatériels, plateformes, études et brevets de sa 
consoeur mulhousienne, mais aussi trois de ses chercheurs qui 
constituent l'équipe de Therascape. 
    "Le cœur de métier de Rhenovia, la simulation neuronale, 
était extrêmement complexe et onéreux", analyse Serge-Henri 
Albou, PDG de Bionext et TheraScape. 
    "Par contre, on a identifié, parmi les types de récepteurs 
sur lesquels ils travaillaient, les RCPG (récepteurs couplés aux 
protéines G) qui ont un potentiel énorme", ajoute ce manager. 
    Ces récepteurs membranaires, situés à l'interface de 
l'intérieur et de l'extérieur de la cellule, ont la capacité de 
transmettre à celle-ci les informations qui induiront en réponse 
une modulation de son fonctionnement. 
    Ils sont par là un enjeu majeur pour la recherche 
pharmaceutique et la cible, selon TheraScape, de plus de 30% des 
médicaments. 
    L'entreprise, qui investit 500.000 euros pour développer ce 
premier biosimulateur, choisit de le commercialiser sous forme 
d'un logiciel en ligne (ou SaaS, software as a service), pour 
"démocratiser ce type de technique" et toucher un plus grand 
nombre de clients. 
    Elle annonce "quelques milliers d'euros" comme ticket 
d'entrée pour des tests de molécules. 
    Du côté des utilisateurs, l'enjeu n'est pas tant de 
s'affranchir des essais cliniques, toujours indispensables, que 
de valider plus rapidement les médicaments candidats en écartant 
d'emblée ceux qui se révèlent de fausses pistes pour cause 
d'inefficacité ou d'effets secondaires trop importants. 
    Selon une étude MarketsandMarkets de juillet 2015, le marché 
mondial de la biosimulation dans le domaine du médicament était 
alors estimé à 1,03 milliards de dollars et devrait doubler 
d'ici 2020. 
    TheraScape espère générer des profits au bout de cinq ans et 
n'exclut pas de revenir à la simulation du cerveau. "Pour nous, 
les neurones, c'est l'étape suivante", dit Serge-Henri Albou. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant