France : « les réformes n'ont pas l'envergure nécessaire pour faire la différence » (Axa IM)

le , mis à jour à 17:49
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Les réformes économiques françaises vont dans le bon sens, mais resteraient insuffisantes selon Axa Investment Managers.
Les réformes économiques françaises vont dans le bon sens, mais resteraient insuffisantes selon Axa Investment Managers.

Depuis le début de l’année, les indicateurs d’activité économique s’améliorent en Europe. Le plan de relance de la BCE n’y est pas étranger. Mais l’optimisme concerne-t-il vraiment toute la zone euro ou seulement certains pays ? Maxime Alimi d’Axa IM reste prudent sur la France.

À en croire les récentes performances boursières, tout semble aller pour le mieux sur le plan économique européen. Aucun doute, en effet, que la BCE utilise les grands moyens pour améliorer les perspectives économiques de court et moyen terme sur le Vieux Continent. Mais en fonction des efforts réalisés par les différents gouvernements nationaux, les résultats économiques ne se traduiront pas de la même manière dans l’économie réelle.

France : le pays impossible à réformer en profondeur

Ainsi, malgré l’amélioration des perspectives européennes, Maxime Alimi, économiste chez Axa IM, expliquait : « en ce qui concerne la France, je suis moins optimiste ». « Le pays va bénéficier de l’embellie générale, et la consommation sera soutenue par la baisse des prix du pétrole. Mais le marché du travail ne s’améliore pas ; le chômage structurel se renforce ».

En cause : « les réformes engagées depuis 2012 […] vont dans le bon sens, mais n’ont pas l’envergure nécessaire pour faire la différence dans les prochaines années », affirmait-il. « La France va connaître une amélioration conjoncturelle grâce à l’environnement externe et la reprise économique de ses voisins », mais « l’accélération restera timide en raison de l’inertie de l’économie française ».

Les raisons de l’inertie française sont bien connues. L’économiste d’Axa IM rappelait, entre autres, que « le marché du travail est trop rigide pour permettre aux entreprises de restaurer rapidement leurs marges, limitant les créations d’emplois ».

Europe : « La divergence entre pays reste forte »

Quelles sont, en comparaison, les perspectives des autres pays européens ? Pour Maxime Alimi, des divergences notables caractérisent les différents pays de la zone euro, mais une chose est sûre : dans l’ensemble, la tendance générale est à l’amélioration.

Côté italien, l’équipe d’Axa IM reste optimiste : « la série de réformes du gouvernement Renzi s’ajoute aux facteurs externes pour stimuler la croissance ». Croissance italienne qui, néanmoins, reste parmi les plus faibles de la zone euro dans les prévisions d’Eurostat : seulement +0,6% attendu en 2015 et +0,8% en 2016, quand l’Allemagne ou l’Espagne sont déjà attendues cette année avec des croissances de l’ordre de 2%.

Néanmoins, la tendance est bel et bien à l’amélioration, et un rehaussement global des prévisions d’Eurostat serait à prévoir selon l’équipe de gestion d’Axa IM. « Nous anticipons un rythme de croissance [de la zone euro] autour de 1,5% [en 2015] grâce aux effets combinés de l’euro, du pétrole, du plan d’investissement public et du soutien de la BCE ». « La demande de crédit repart, impliquant un rebond de l’investissement et du crédit immobilier », ajoutait toujours Maxime Alimi avec optimisme.

Un bémol était néanmoins évoqué sur le dossier espagnol par l’économiste d’Axa IM, qui estimait que les perspectives de croissance à plus long terme dans le pays étaient peut-être excessivement optimistes à l’heure actuelle.

Rachats de dettes à l’avantage de l’Allemagne, du Portugal et de la Grèce

Elément intéressant : l’Allemagne, malgré sa réticence vis-à-vis de l’utilité économique du plan de relance de la BCE, fera partie de ses grands bénéficiaires. D’après le programme de rachats annoncé par la BCE, 20% du stock de dette allemand sera ainsi racheté sur les marchés. Une proportion identique pour le Portugal, où les problématiques de dettes avaient fait craindre le pire pour le pays il y a 3 à 4 ans.

La Grèce devrait elle aussi fortement bénéficier du « quantitative easing ». La BCE aurait ainsi prévu, d’après Axa IM, le rachat de 35% de la dette totale du pays, soit environ 120 milliards d’euros.

En comparaison, le plan prévoit le rachat de 13% du stock de dette français, qui continue de se creuser à grande vitesse. Ce pourcentage représente tout de même un montant d’environ 250 milliards d’euros, soit un quart du montant total du plan de « quantitative easing » européen.

Les inquiétudes sur la soutenabilité des dettes sont ainsi temporairement levées par les rachats de la BCE. Mais sans réformes structurelles de la part de tous les Etats européens, les problématiques économiques fondamentales rencontrées au cours des dernières années pourraient ressurgir plus vite qu’on ne le pense.

Xavier Bargue

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  • tropfort le mardi 14 avr 2015 à 16:11

    Nos hommes et femmes politiques sont les moins courageux de la planète. Ils pensent que dire qu'ils font des réformes suffit... Mais plus personne sur cette planète ne leur accorde le moindre crédit? Ils sont égoïstes et froussards.

  • gache1 le mardi 14 avr 2015 à 15:45

    Toute la classe politique française achète la paix sociale depuis des années à grands coups de subventions et d'aides toutes aussi ruineuses qu'inutiles. Aucun courage ! Ne regardent que la prochaine échéance.

  • M5062559 le mardi 14 avr 2015 à 15:37

    Le chantier est immense mais ce gouvernement n'a pas la majorité pour s'y attaquer. La gauche française dans son ensemble porte une immense responsabilité dans le déclin économique de la France et dans l’accélération de la pauvreté des français.