France-Le Pen évoque un "dérapage esthétique" envers Taubira

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PARIS, 17 mars (Reuters) - Jean-Marie Le Pen a dénoncé mardi l'absence présumée d'équité de Christiane Taubira et "la différence de traitement" entre les "militants violents" d'extrême gauche et les "dérapages politiques ou esthétiques" des candidats du Front national. Par "esthétique", le président d'honneur du FN faisait référence aux propos d'une ex-tête de liste du parti aux élections municipales de 2014, à Rethel (Ardennes), qui avait comparé la ministre de la Justice à un singe. Saisi par le mouvement guyanais Walwari, cofondé en 1992 par Christiane Taubira, le tribunal correctionnel de Cayenne a condamné en juillet dernier Anne-Sophie Leclère, exclue depuis du FN, à neuf mois de prison ferme, cinq ans d'inéligibilité et 50.000 euros d'amende. Le Front national a été condamné à 30.000 euros d'amende. Tous deux ont fait appel. Le procès aura lieu à la mi-avril en Guyane, la Cour de cassation ayant refusé son dépaysement. "La conception que Mme Taubira a de la justice, telle qu'elle l'a démontrée par exemple dans le procès d'Anne Sophie-Leclère, en intervenant dans la procédure, ne montre pas un sens très aigu de l'équité", a commenté sur France Inter Jean-Marie Le Pen, qui était interrogé sur les "dérapages" de candidats FN aux élections départementales. "Quels que soient les reproches qu'on puisse lui faire (à Anne-Sophie Leclère), ça n'est pas de bonne justice", a-t-il estimé. Pour Jean-Marie Le Pen, "il y a une différence de traitement entre les militants violents dans un certain nombre de cas de l'extrême gauche et les dérapages, si on peut dire, politiques ou esthétiques d'une candidate du Front national". Le fondateur du FN a assuré que les écarts racistes ou homophobes, sur les réseaux sociaux notamment, de ses candidats étaient systématiquement sanctionnés. "Quand nous pensons qu'un certain nombre de nos candidats ne se sont pas conduits conformément aux engagements qu'ils ont pris à l'égard du Front national, nous les traduisons devant nos instances disciplinaires", a-t-il dit. Prié de dire s'ils seraient exclus, Jean-Marie Le Pen a répondu : "Ça dépend des cas. Chacun est différent, ne faisons pas de justice globale, n'établissons pas une règle générale quand celle-ci serait dictée par la pensée unique". Dans un message publié dimanche sur son compte Facebook, à une semaine du premier tour des départementales pour lequel le FN est donné en tête des intentions de vote, Christiane Taubira a mis en garde contre "les ennemis intimes de la République, de la démocratie, de la laïcité". "Non, ceux qui dérapent ne dérapent pas, ils avouent", écrit-elle. (Sophie Louet)

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  • M2784728 le mardi 17 mar 2015 à 11:57

    Les pires ennemis de la république et de la démocratie sont les poseurs de bombes !! Il semble que toute la gauche ait oublié cela ....

  • bigot8 le mardi 17 mar 2015 à 09:45

    je suis charlie et je dis ce que je veux dans ma république

  • M6437502 le mardi 17 mar 2015 à 09:41

    Impossible de s'exprimer, le signalement d' un manque de rigueur et d'équité dans l'attribution de subventions,sans parler d'atteinte aux lois de la République ,la censure est là.

  • M2429374 le mardi 17 mar 2015 à 09:41

    Les médias peuvent gesticuler dans tous les sens, les dés sont jetés; rien ne va plus!