France-Inauguration d'un bus urbain sans conducteur à Lyon

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    * Un bus roulant en milieu urbain 
    * De nombreux capteurs permettent de le diriger 
    * La France veut s'en servir comme une vitrine 
 
    par Catherine Lagrange 
    LYON, 2 septembre (Reuters) - Les Lyonnais peuvent 
apercevoir depuis vendredi dans un quartier de la ville un bus 
100% électrique transportant des passagers, mais aucun 
conducteur, un produit sur lequel la France compte pour se 
positionner sur un marché prometteur. 
    La mise en service de ce véhicule-robot est présenté comme 
"une première mondiale" pour la durée de l'expérimentation qui 
va s'étaler sur une année, mais également pour le choix de son 
site, puisqu'il va naviguer en milieu urbain.  
    Baptisé Navly, cette navette électrique autonome va circuler 
sur 1,3 km et desservir cinq arrêts toutes les dix minutes de 
7h30 à 19h00, du lundi au vendredi, dans le nouveau quartier de 
la Confluence, terrain d'expérimentation privilégié de nombre 
d'innovations urbaines.  
    Le véhicule, qui circule à une vitesse de 20 km/h, peut 
transporter 15 passagers. Sans conducteur, mais avec un 
"opérateur", qui restera à bord le temps de l'expérimentation, 
afin de prendre manuellement les commandes en cas de problème.  
    Plus de 100.000 passagers sont attendus en un an sur cette 
ligne, essentiellement les salariés du secteur, qui seront ainsi 
dispensés de réaliser, à pied, le dernier kilomètre jusqu'à leur 
bureau en descendant du tramway.  
    "Le véhicule se déplace grâce à une multitude de capteurs 
qui lui permettent d'appréhender son environnement et tout ce 
qui se passe autour de lui", explique Christophe Sapet, 
président de Navya, l'entreprise qui a conçu et commercialise 
désormais le véhicule autonome.  
    La navette est équipée de "lidars", des lasers qui balayent 
la proximité du véhicule, mais aussi de caméras stéréos, 
capables de détecter les obstacles sur sa trajectoire, ou encore 
une centrale électrique permettant d'accélérer, de freiner et de 
détecter d'éventuelles crevaisons et autres impondérables.  
     
    AUTORISATION DU GOUVERNEMENT 
    "Derrière une apparente simplicité, il y a un condensé de 
technologie de pointe", résume Christophe Sapet. 
    Pour trouver un terrain grandeur nature à l'expérimentation 
de la navette-robot, Navya a dû convaincre la ville de Lyon, 
mais aussi sa société de transport en commun, les TCL, de s'y 
associer. 
    "La mobilité automatique est l'un des grands enjeux de 
l'avenir", estime le maire de Lyon, Gérard Collomb, qui y voit 
l'occasion de prendre une longueur d'avance sur un marché qui 
pourrait à l'avenir devenir très concurrentiel.  
    Annie Guillemot, présidente du Sytral (syndicat mixte des 
transports en commun de l'agglomération lyonnaise), y voit "une 
occasion de poursuivre la politique d'innovation technique et 
technologique en matière de transports". 
    Pour pouvoir circuler sur la voie publique à Lyon, les 
navettes-robot, pour l'instant non encore autorisés par le code 
de la route, ont dû en outre obtenir une autorisation spéciale 
des autorités pour pouvoir circuler en ville.  
    "Le gouvernement français veut se servir de cet exemple pour 
porter la bonne parole au niveau international et donner plus de 
force à la filière française", estime Chistophe Sapet qui 
affiche une fabrication 100% française alors que plusieurs 
fabricants à l'étranger se positionnent sur ce marché.  
    Il précise que la conception a représenté 100.000 heures de 
travail de la part des ingénieurs et que son entreprise emploie 
aujourd'hui 60 salariés pour la production.  
    Il confie encore avoir commercialisé, au prix de 200.000 
euros pièce, une trentaine de véhicules électriques autonomes et 
avoir "de nombreux contrats en cours de négociation". 
 
 (Edité par Simon Carraud) 
 
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