Fiat plombé en Bourse par des doutes sur sa fusion avec Chrysler

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FIAT CHUTE EN BOURSE EN RAISON DE CRAINTES SUR SON PROJET AVEC CHRYSLER
FIAT CHUTE EN BOURSE EN RAISON DE CRAINTES SUR SON PROJET AVEC CHRYSLER

MILAN (Reuters) - L'action Fiat a poursuivi sa chute mercredi à la Bourse de Milan, une faiblesse persistante que des traders expliquent par les craintes de voir les actionnaires opposés à la fusion avec Chrysler exercer leur droit de cession de leurs titres et remettre en cause le projet.

Le titre du groupe automobile italien abandonnait 4,75% à 6,52 euros vers 14h45 GMT après être tombé à 6,26 euros, son plus bas niveau depuis un an. Sa cotation a été suspendue à plusieurs reprises par les autorités boursières en raison d'une volatilité excessive.

Dans le rouge pour la septième séance d'affilée, Fiat a désormais effacé tous les gains engrangés depuis l'annonce, le 1er janvier, de sa montée à 100% au capital de Chrysler, premier pas vers la création du septième constructeur automobile mondial.

Le groupe turinois a publié mardi un communiqué assurant qu'aucun actionnaire ne lui avait à ce stade notifié son intention d'exercer son droit de cession.

L'administrateur délégué Sergio Marchionne veut fusionner Fiat et Chrysler au sein d'une nouvelle entité juridique de droit néerlandais, Fiat Chrysler Automobiles (FCA), cotée à la Bourse de New York, une internationalisation du capital dont il espère qu'elle l'aidera à financer un projet de développement ambitieux.

Mais la fusion n'a pas encore rempli toutes les conditions requises, parmi lesquelles figure une limitation du nombre d'actionnaires exerçant leur droit de cession.

"Les droits à la sortie en numéraire continuent de poser problème", explique un trader à Milan. "Plus l'action baisse, plus on s'attend à voir augmenter le nombre de gens qui vendent, ce qui ne fait qu'accroître le nombre de vendeurs."

RÉSULTATS EN NETTE HAUSSE POUR CHRYSLER

Les actionnaires de Fiat ont approuvé vendredi dernier la fusion à une majorité des deux tiers des présents. Il faudra cependant attendre le 20 août pour connaître le nombre exacts de droits de cession exercés et si le montant total à débourser dans ce cadre excède 500 millions d'euros, la fusion pourrait échouer, a expliqué Fiat.

Or la baisse du titre ne fait que rendre plus attrayant le prix de sortie garanti aux actionnaires, fixé à 7,727 euros par action.

Un échec du projet n'aurait que peu d'impact sur les activités et les résultats opérationnels du groupe, assure celui-ci, la création de FCA ne devant générer ni synergies ni économies importantes. Mais il pourrait être embarrassant pour Sergio Marchionne et pourrait se traduire par une hausse des coûts financiers.

C'est dans ce contexte incertain que Chrysler [CHRY.UL] a fait état mercredi d'une hausse de 22% de son bénéfice au deuxième trimestre, à 619 millions de dollars (463 millions d'euros).

Fort d'une progression de 14% de son chiffre d'affaires trimestriel, à 20,5 milliards de dollars, le constructeur américain a confirmé ses prévisions pour l'ensemble de l'année, qui incluent un bénéfice net ajusté de 2,3 à 2,5 milliards de dollars pour un chiffre d'affaires d'environ 80 milliards de dollars.

(Agnieszka Flak et Stefano Rebaudo, avec Ben Klayman à Detroit, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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