Europe : le piège de la déflation

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Les prix ont reculé en janvier en zone euro
Les prix ont reculé en janvier en zone euro

La déflation devient une réalité dans la zone euro. Les prix ont reculé de 0,6% en janvier selon Eurostat.

Un spectre hante l'Europe, le spectre de la déflation ! En janvier, les prix à la consommation ont reculé de 0,6% selon l'organisme Eurostat, faisant suite à une baisse de 0,2% en décembre. Le mécanisme de baisse des prix paraît donc bien enclenché dans la zone euro. L'objectif d'inflation moyenne de 2% fixé par la BCE s'éloigne à grand pas.

En cause, la chute continue des prix des hydrocarbures depuis l'été. Le prix du pétrole a dégringolé de plus de 50% depuis septembre et cette baisse s'est accentuée en janvier, le baril de brent passant sous la barre des 50 dollars en l'espace de quelques semaines. Si la chute du prix de l'énergie est une bonne nouvelle pour le consommateur européen, elle accentue le risque de déflation.

Avec une croissance inférieure à 1% (0,4% pour la France), nous ne sommes plus très loin d'un scénario « à la japonaise » où la baisse des prix et des actifs viendrait s'autoalimenter et porterait, pour des années, un coup fatal à l'économie européenne. Pour autant, Mario Draghi a pris le taureau par les cornes en annonçant jeudi 22 janvier un plan massif d'achats d'actifs pour un montant de plus de 1.100 milliards d'euros jusqu'en septembre 2016, le fameux « quantitative easing » que les marchés n'attendaient plus. En injectant des tombereaux de liquidités dans l'économie, la BCE cherche à relancer l'inflation et stimuler l'activité économique. Mais la politique monétaire ne peut pas tout. Si l'offre de liquidités est abondante, la demande de crédit reste poussive, le moral des chefs d'entreprises se situant en dessous de sa moyenne historique. Résultat, le chômage touche toujours 11,4% de la population active de la zone euro, en baisse toutefois de 0,4% sur un an. Eurostat relève cependant qu'il a continué d'augmenter en France (10,3%) et en Italie (12,9%).

Le chÃ?mage touche 11,4% de la population active de la zone euro
Le chÃ?mage touche 11,4% de la population active de la zone euro

Au c½ur de ces pressions déflationnistes, il y a le poids des dettes publiques et privées qui obligent à mobiliser des ressources financières importantes pour le remboursement. Or, nous sommes face à un cercle vicieux car les politiques de rigueur visant à réduire les déficits entretiennent les pressions déflationnistes. Or plus les prix des actifs baissent, plus les Européens auront du mal à rembourser la dette existante. « Après les crises souveraines, l'Europe découvre aujourd'hui un risque inverse : celui de conserver une dette lourde qui pèse considérablement sur la reprise et entretient les pressions déflationnistes » résume Yves Zlotowski, économiste en chef de Coface.

J.G

 

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  • RaDiuM69 le lundi 2 fév 2015 à 10:35

    Comme si la déflation était une mauvaise chose ...

  • milou129 le lundi 2 fév 2015 à 09:46

    Pourquoi attendre MARS pour agir ? Cet attentisme va couter cher.Il faut y aller vite et FORT pas attendre les calandres grecques !

  • retornaz le samedi 31 jan 2015 à 18:07

    La baisse du pétrole n'est pas une mauvaise déflation en soi. Elle redonne simplement du pouvoir d'achat. Ce qui n'est pas dépenser là l'ai sans aucun doute dans d'autres compartiments. Il n'y a que pour les entreprises que la baisse du pétrole induit une baisse du produit fini et là, il n'y a sans doute pas de compensation de la part du consommateur.Je serais curieux de connaitre le chiffre de baisse des prix hors dépenses des entreprises impactées.

  • M2785988 le samedi 31 jan 2015 à 07:46

    C'est depuis le début de la crise en 2008 que ce mouvement de déflation s'est mis en place ...donc ça va faire 7 ans ...ce sera très difficile d'en sortir car les comportements ont profondément changé depuis 2008 ..et c'est pas la petit béquille du QE qui pourra enrayer ce mouvement de fond ...