EDF veut être un acteur clé du démantèlement à l'international

le
4
EDF MISE SUR LE MARCHÉ DU DÉMANTÈLEMENT DES CENTRALES
EDF MISE SUR LE MARCHÉ DU DÉMANTÈLEMENT DES CENTRALES

PARIS (Reuters) - EDF veut s'appuyer sur son expérience en matière de déconstruction des centrales nucléaires françaises pour devenir un acteur majeur du démantèlement à l'international, ont déclaré lundi des responsables du groupe.

EDF démantèle actuellement neuf réacteurs en France dont un à eau pressurisé, la technologie qui équipe les 58 réacteurs en service dans le pays.

Soulignant que 110 réacteurs sont définitivement arrêtés dans le monde et qu'il dispose d'une équipe de 800 experts en charge de la déconstruction et des déchets, le groupe se dit en accord avec une estimation du marché mondial du démantèlement de l'ordre de 200 milliards d'euros sur une quinzaine d'années.

"La déconstruction constitue un marché important (et) des opportunités pour notre filière nucléaire, aussi bien en France qu'à l'étranger", a souligné Dominique Minière, directeur exécutif d'EDF en charge du parc nucléaire et thermique, lors d'une rencontre avec la presse.

EDF cible en priorité des opportunités en matière de maîtrise d'ouvrage et les activités les plus pointues qui pourraient constituer des goulets d'étranglement telles que la gestion des déchets issus de l'exploitation ou ceux, principalement métalliques, issus du démantèlement.

"En Europe, le marché devrait vraiment démarrer d'ici quelques années", a estimé Sylvain Granger, directeur des projets déconstruction et déchets d'EDF, en citant en particulier l'Allemagne.

Pour le seul parc français, EDF estime à près de 60 milliards d'euros le coût de gestion à long terme des déchets radioactifs et de déconstruction des centrales.

Afin de faire face à ces dépenses, le groupe a comptabilisé 23,6 milliards de provisions, à fin 2015, couvertes à 99,3% par un portefeuille d'actifs dédiés.

Le groupe fait valoir que ce portefeuille a enregistré une performance moyenne de 6,1% par an au cours des cinq dernières années, ce qui garantit selon lui la couverture des coûts à terminaison de ses futurs chantiers.

Sur la base des réacteurs déjà démantelés aux Etats-Unis, EDF estime à un peu plus de 400 millions d'euros le coût de démantèlement d'un réacteur à eau pressurisé de 900 mégawatts, hors effets de série issus de la déconstruction de plusieurs réacteurs sur un même site.

Le premier démantèlement complet d'un réacteur nucléaire en France devrait être celui de Chooz A (Ardennes), arrêté en 1991, dont la finalisation est prévue pour 2022.

(Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • jrc12 il y a 5 mois

    C'est vrai que cela sonne faux...à vouloir sans cesse repousser la durée de vie des centrales et se déclarer acteur clé du démantèlement a quelque chose de surréaliste...pour ne pas employer un autre adjectif...

  • M7097610 il y a 5 mois

    ils sont déjà leader des constructions interminables des centrales EPR. Ils vont bientôt pouvoir déconstruire avant d'avoir fini les travaux !

  • dupon666 il y a 5 mois

    seront les leader du siecle prochain....en attendant on met tout sous le tapis

  • ppsoft il y a 5 mois

    Alors là, je me marre. Ca fait plus de 30 ans que Brennilis est en démantèlement, et techniquement on n'y arrive pas, on ne sait pas comment faire. De plus, EDF a annoncé il y a quelques semaines qu'il voulait remettre le démantèlement de ses centrales au siècle prochain. Et maintenant ils veulent être "leader du démantèlement" ?? Mais quelle poilade ! Merci, j'ai bien ri ! :-)