Différend turco-allemand : Schäuble insiste, la Turquie recule

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    BERLIN, 24 juillet (Reuters) - Le président turc Recep 
Tayyip Erdogan met en danger les relations entre son pays et 
l'Allemagne, a déclaré le ministre allemand des Finances 
Wolfgang Schäuble dans un contexte de tension accrue entre les 
deux pays tandis qu'Ankara faisait marche arrière concernant une 
liste d'entreprises allemandes soupçonnées de soutenir le 
terrorisme. 
    Dernier incident à signaler dans la chronique de la 
détérioration continue des relations entre les deux pays, la 
Turquie a fourni à Berlin une liste comprenant plus de 680 
entreprises allemandes qu'elle soupçonne de soutien au 
terrorisme, a-t-on appris vendredi.   
    Début juillet, six militants des droits de l'Homme, dont un 
Allemand, ont été arrêtés en Turquie dans le cadre de la 
répression en cours dans le pays depuis le coup d'Etat manqué de 
juillet 2016.   
    Par ailleurs, à la suite d'un différend sur l'accès à la 
base aérienne turque d'Incirlik, utilisée pour lancer des 
frappes contre le groupe Etat islamique, l'Allemagne a commencé 
le 9 juillet à retirer ses forces aériennes de cette base. 
  
    En mars dernier, les autorités allemandes ont interdit à des 
ministres du gouvernement turc de s'exprimer lors de 
rassemblement d'expatriés turcs en Allemagne organisés pour 
soutenir le référendum constitutionnel du 16 avril accroissant 
les pouvoirs du président. Erdogan avait répondu en accusant 
Berlin d'actions "fascistes". 
    Dans un entretien paru lundi dans le quotidien Bild, le 
ministre allemand des Finances reproche au président turc de 
jouer avec le feu. 
    "Il est en train de compromettre un partenariat vieux de 
plusieurs siècles", déclare Wolfgang Schäuble. "C'est dramatique 
parce que, de fait, beaucoup de choses nous lient. Mais nous ne 
pouvons pas permettre qu'on nous fasse chanter." 
    Vendredi, le ministre avait comparé la Turquie à 
l'ex-Allemagne de l'Est communiste. 
    Le secrétaire général de la chancellerie allemande, Peter 
Altmaier, a déclaré au Bild am Sonntag que le comportement de la 
Turquie était "inacceptable" et que l'Allemagne avait le devoir 
de protéger ses ressortissants et ses entreprises.   
    Dans un geste d'apaisement, le ministre turc de l'Intérieur 
a déclaré lundi dans un entretien téléphonique avec son 
homologue allemand que la présentation par Ankara à Interpol 
d'une liste de près de 700 entreprises soupçonnées de soutenir 
le terrorisme avait été retirée et que le problème venait d'"un 
problème de communication", a annoncé le porte-parole du 
ministère allemand de l'Intérieur, Tobias Plate. 
    "Le ministre a souligné qu'il n'y avait pas d'enquête contre 
les sociétés allemandes de la part des autorités turques en 
Turquie ou en Allemagne", a-t-il ajouté. 
    L'Allemagne a mis en garde ses ressortissants voyageant en 
Turquie qu'ils le faisaient à leurs risques et péril. 
 
 (Paul Carrel et Andrea Shalal; Danielle Rouquié pour le service 
français) 
 
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