Des centrales italiennes et polonaises d'EDF sur la sellette

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DES CENTRALES ITALIENNES ET POLONAISES D'EDF SUR LA SELLETTE
DES CENTRALES ITALIENNES ET POLONAISES D'EDF SUR LA SELLETTE

par Stephen Jewkes, Agnieszka Barteczko et Geert De Clercq

MILAN/VARSOVIE/PARIS (Reuters) - Les centrales à gaz et à charbon italiennes et polonaises d'EDF s'inscrivent mal dans sa stratégie bas-carbone mais elles s'annoncent difficiles à céder dans de bonnes conditions en raison des surcapacités en matière de centrales thermiques en Europe.

En quête de fonds pour financer les travaux de son parc nucléaire français, mener à bien son projet d'EPR en Grand-Bretagne ou encore racheter l'activité réacteurs nucléaires d'Areva, EDF a annoncé en juillet une revue stratégique de ses actifs de production d'énergie à partir de combustibles fossiles en Europe continentale.

Son PDG Jean-Bernard Lévy a précisé qu'il examinerait attentivement les actifs hors de France et de Grande-Bretagne et le directeur financier Thomas Piquemal a déclaré qu'EDF étudierait la façon dont Edison, la filiale italienne du groupe qui exploite notamment des centrales à gaz, s'inscrivait dans la stratégie de l'électricien public français.

Selon des sources industrielles, Jean-Bernard Lévy prévoit de se rendre mercredi au siège d'Edison, à Milan, ce qui soulève des interrogations sur l'éventuelle annonce d'une vente d'une partie de la société ou de son recentrage sur les renouvelables.

"EDF veut présenter une stratégie de réduction plutôt que de développement des activités, une réorganisation de l'activité", a déclaré à Reuters une source industrielle au fait du dossier.

EDF a confirmé que Jean-Bernard Lévy présenterait sa stratégie aux cadres d'Edison mais n'a pas souhaité s'exprimer sur d'éventuels projets de cession.

Edison a assuré près de 7% de la production d'électricité en Italie en 2014 et affiche une capacité de 7,3 gigawatts (GW), dont 5,7 GW de centrales thermiques. La société représente également 17,9% des importations de gaz du pays.

Bien que la chute des prix du pétrole et la faiblesse de la demande intérieure aient mis ses marges sous pression, Edison génère du cash et vise pour 2015 un excédent brut d'exploitation (Ebitda) d'au moins un milliard d'euros.

"L'Italie ne serait pas facile à vendre. Le marché est en excès de capacités thermiques installées", souligne cependant Francesco Menonna, analyste chez BMI Research, rappelant que les centrales en question tournent à bas régime ou ont été arrêtées et que des sociétés telles qu'Enel ou A2A ont retiré plusieurs gigawatts de capacités ou prévoient de le faire.

Selon des sources bancaires, EDF n'a pas encore engagé de conseillers au sujet d'Edison et exclut une sortie d'Italie, notamment parce que les actifs de sa filiale dans les énergies renouvelables s'inscrivent parfaitement dans sa stratégie.

"Ce n'est pas un secret qu'EDF cherche des alternatives pour ses activités italiennes", a toutefois indiqué un banquier du secteur.

Une autre source bancaire a déclaré qu'elle ne voyait pas de candidat au rachat d'Edison dans son intégralité mais que les actifs du groupe dans l'amont (exploration et production d'hydrocarbures) étaient vendables. Une source interne à Edison a de son côté estimé qu'une scission de la société était une solution probable.

Des analystes et des sources jugent que l'italien A2A ou le tchèque EPH pourraient ainsi s'intéresser aux centrales thermiques d'Edison.

Des responsables industriels estiment en outre que la société EPH, qui est actuellement l'un des rares acheteurs de centrales thermiques en Europe, pourrait aussi s'intéresser aux centrales à charbon détenues par EDF en Pologne -- environ 1,7 GW au total -- de même que le polonais Enea.

(Avec Giancarlo Navch, Pamela Barbaglia et Freya Berry, Benjamin Mallet pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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