Décision de la Fed repoussée : « le mythe de Sisyphe ? » (KBL Richelieu)

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Pascal Bernachon résume les grandes questions que se posent les investisseurs suite à la décision de la Fed de maintenir le statu quo sur ses taux.
Pascal Bernachon résume les grandes questions que se posent les investisseurs suite à la décision de la Fed de maintenir le statu quo sur ses taux.

Pascal Bernachon, stratégiste chez KBL Richelieu, soulève les questions posées par la décision de la Fed de maintenir le statu quo sur ses taux.

La Réserve Fédérale a, une fois de plus, repoussé à plus tard la hausse de son taux d’intervention tout en laissant la porte ouverte pour les mois à venir.

Il est évident qu’avec seulement 30% d’anticipations de hausse de taux, hier, de la part des investisseurs, une décision jugée hâtive aurait eu des répercussions négatives sur les marchés.

Mais l’absence de lisibilité sur le timing de son action n’est pas obligatoirement des plus rassurants.

Les investisseurs vont commencer à se demander si cette hausse des taux ne ressemble pas au mythe de Sisyphe ou répliquer la théorie de l’absurde si chère à feu Albert Camus.

Nouvelles incertitudes

L’attentisme qui prévaut soulève effectivement de nombreuses questions :

- La Banque Centrale américaine est- elle la désormais  la Banque Centrale du monde ?

- La globalisation du monde ne permet plus à la Fed de se cantonner à la seule vision du « Made in U.S.A.

- L’activité américaine n’est-elle pas assez solide et ne justifie-t-elle pas alors les valorisations de Wall Street ?

- Comme pour M. Bernanke en son temps, la peur de la réplique de la crise de 1929 justifie-t-elle le statu quo ? Considérant que la reprise actuelle est identique à celle de 1937, mais à l’aube d’un nouveau choc.

- En dépit du plein emploi, l’objectif d’inflation n’est pas atteint.

- Est-il trop tard pour agir ? L’économie américaine est en haut de cycle et la hausse des taux viendrait avec retard au moment où le cycle s’inverse.

Vers davantage de volatilité en bourse

In fine, il est difficile de se cantonner à une seule réponse, et les investisseurs devront choisir entre les charmes d’une poursuite de la liquidité disponible et les doutes sur la durabilité de cette reprise économique.

Car d’inflation forte, sauf à espérer une franche reprise des salaires, il n’y en aura  pas dans un monde où les surcapacités d’investissements nés des plans de relance de 2008 freinent toute velléité de réinvestissement, que l’Ubèrisation de l’économie et la désindustrialisation rampante en faveur des services, les analyses démographiques ne militent pas pour des pressions imminentes sur les prix.

Mais il ne faudrait pas que Sisyphe se transforme en Icare  et à trop s’approcher de la recherche d’une croissance d’un monde désormais ancien, il se brûle les ailes.

De ces indécisions de la Fed, justifiées ou non, il restera deux facteurs incontournables, l’absence de visibilité et par conséquent la permanence de la volatilité.

Pascal Bernachon

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  • Typhon73 le vendredi 18 sept 2015 à 12:35

    De toute façon le CAC allait baisser aujourd'hui, que la FED monte ses taux ou non.