Daniel Cohen : la révolution numérique, chance ou malédiction ?

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La numérisation crée du pouvoir d'achat, constate Daniel Cohen, mais elle ne dynamise pas une société comme à l'époque où il fallait construire et produire toujours plus.
La numérisation crée du pouvoir d'achat, constate Daniel Cohen, mais elle ne dynamise pas une société comme à l'époque où il fallait construire et produire toujours plus.

Le Point.fr : Depuis trente ans, la croissance ne cesse de décliner. Pourquoi ?

Daniel Cohen : En effet, dans les pays industrialisés, comme l'Europe, les États-Unis, le Japon, elle est passée de 3 à 1,5 % puis à 0,5 % d'une décennie sur l'autre. La croissance américaine est certes plus élevée qu'en France, mais elle est très concentrée sur les 10 % les plus riches comme l'ont très bien montré les travaux de Thomas Piketty : 90 % de la population n'a pas connu de hausse du pouvoir d'achat et les 1 % les plus riches se sont arrogé 55 % de la croissance. Cela nous oblige à nous interroger sur la nature de cette croissance.

Faut-il en faire le deuil ?

Il existe un grand débat entre les économistes, quasiment un schisme. Pour certains, nous sommes entrés dans un régime de croissance lente parce que la numérisation actuelle, aussi fascinante soit-elle, est d'une portée bien inférieure à la révolution technologique du siècle précédent, marqué par les révolutions électriques, agricoles, des transports qui ont donné une croissance moyenne de 2 % par an, alors qu'aujourd'hui la révolution se résume peu ou prou aux smartphones. C'est en tout cas le point de vue de l'économiste américain Robert Gordon. D'autres, comme les théoriciens de la croissance endogène, sont beaucoup plus...

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