Corse-Simeoni et Talamoni prennent leurs fonctions

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    PARIS, 18 décembre (Reuters) - Le nationaliste Gilles 
Simeoni, 48 ans, a été élu jeudi 17  Ajaccio président du 
conseil de l'exécutif de l'Assemblée de Corse tandis que 
Jean-Guy Talamoni a été désigné président de l'Assemblée de 
Corse. 
    Le maire de Bastia, avocat de profession qui fut notamment 
le défenseur d'Yvan Colonna, condamné pour l'assassinat du 
préfet Claude Erignac, a exhorté le gouvernement à prendre en 
compte ce changement politique. 
    "Ce cheminement politique, cette logique d'émancipation 
passent nécessairement par une relation repensée et reformulée à 
l'Etat. Un Etat qui ne peut plus être le seul à vouloir échapper 
à l'évidence: le peuple corse existe et il sera reconnu, parce 
que cela est conforme à l'histoire et au droit".  
    Son allocution a été saluée par les applaudissements d'un 
public venu nombreux dans l'hôtel de région venu assister à la 
première assemblée nationaliste depuis sa création en 1982 et où 
l'hymne de la nation corse, le Dio vi Salve Regina, a retenti. 
    En début de séance, Jean-Guy Talamoni a été intronisé 
président de l'Assemblée insulaire et dans une allocution en 
langue corse a réaffirmé la nécessité de l'indépendance pour 
l'île.  
    Il a rappelé notamment le souhait que les "prisonniers 
politiques (une notion qui n'est pas reconnue par la loi)" 
bénéficient d'une loi d'amnistie. 
    Ce changement politique est intervenu dans l'île après 
l'union des deux familles nationalistes ayant passé le premier 
tour, les autonomistes de Gilles Simeoni et les indépendantistes 
de Jean-Guy Talamoni. 
    Tous les élus nationalistes, les deux présidents et les huit 
membres du conseil exécutif ont changé le protocole et ont prêté 
serment sur la Giustificazione della Rivoluzione di Corsica, 
l'ouvrage paru en 1758 servant de livre de chevet à Pascal 
Paoli, le père de la Révolution insulaire. 
    Dimanche, soir, les nationalistes avaient totalisé 35% des 
voix, soit près de 53 000 électeurs, quand la gauche perdait son 
perchoir (28,5%) et la droite emmenée par l'ancien ministre de 
l'industrie du gouvernement Balladur, José Rossi, ne 
capitalisait que 27%. Le Front national qui réalise le plus bas 
score au plan national fait son entrée dans l'hémicycle corse 
après plus de vingt d'absence (9%). 
    "A partir d'aujourd'hui, une autre histoire commence", a 
promis à ses électeurs Gilles Simeoni, qui dit s'inscrire dans 
une démarche d'ouverture, face à des militants galvanisés par 
une victoire qui vient "d'un long, d'un très long chemin". 
 
 (Service France) 
 
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