Casino placé en catégorie spéculative par S&P malgré ses cessions

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    * S&P dégrade la note du groupe à BB+ 
    * Casino estime le coût à moins de 20 mlns d'euros 
 
 (Actualisé avec commentaires, cours) 
    par Pascale Denis 
    PARIS, 21 mars (Reuters) - L'agence Standard & Poor's a 
dégradé lundi la note de crédit de Casino  CASP.PA  de "BBB-" à 
"BB+" malgré le plan massif de cessions d'actifs engagé par le 
distributeur pour éviter de voir sa notation placée en catégorie 
spéculative. 
    S&P a justifié sa décision par une baisse "nettement plus 
importante que prévu" des résultats 2015 du groupe et par de 
"fortes pressions à attendre sur la rentabilité en 2016", dues à 
la récession brésilienne et aux pressions concurrentielles en 
France. 
    L'agence de notation n'a visiblement pas été convaincue par 
les objectifs affichés par Casino en France. 
    "L'amélioration attendue de la rentabilité en France ne sera 
pas suffisante pour compenser la faiblesse des performances au 
Brésil", estime-t-elle. 
    Pris en tenaille entre la chute de ses résultats au Brésil, 
les attaques du fonds Muddy Waters et le plongeon de son titre 
en Bourse fin 2015 et en début d'année, le distributeur a engagé 
un vaste programme de cessions d'actifs pour améliorer son 
bilan.   
    Mais en vendant ses très rentables actifs thaïlandais et 
vietnamien, Casino voit son profil profondément modifié, avec un 
poids accru de la contribution de ses activités françaises, aux 
marges peu élevées, alors que le Brésil s'enfonce dans la 
récession. 
    Le distributeur promet pour 2016 un spectaculaire 
redressement de ses performances en France, jugé très ambitieux 
par les analystes.   
     
    BASE D'INVESTISSEURS 
    Largement attendue par le marché, cette dégradation par S&P 
a brièvement pesé sur le titre Casino en ouverture. Après une 
baisse de plus de 4%, il est quasiment inchangé (-0,2%) à 49,265 
euros à 10h55, alors que l'indice SBF 120  .SBF120  est en 
hausse de 0,17%. 
    Après avoir cédé 44,5% en 2015 et être tombé à 34,38 euros 
en janvier, le titre a regagné le terrain perdu après l'attaque 
de Muddy Waters grâce à l'annonce de la cession de sa filiale 
thaïlandaise Big C.  
    "Même si une dégradation était largement prise en compte 
dans les cours, elle va clairement réduire la base 
d'investisseurs, tandis qu'un retour à la catégorie 
'investissement' se fera à un prix très élevé", soulignent les 
analystes de Bryan Garnier. 
    Le distributeur a réagi en confirmant sa prévision d'un 
Ebitda France de 900 millions d'euros en 2016 et "la poursuite 
rapide de l'exécution de son plan de désendettement". 
    La réalisation de la cession de la participation du groupe 
dans Big C  BIGC.BK  en Thaïlande pour 3,1 milliards d'euros est 
"imminente" et le processus de vente des activités au Vietnam 
progresse "de façon satisfaisante", a-t-il ajouté. 
    Casino a également souligné que l'augmentation du coût de sa 
dette financière obligataire serait de moins de 20 millions 
d'euros avant impôt en 2016 hors futurs rachats obligataires, et 
n'avait aucun effet sur sa liquidité. 
    Pour 2017, ce coût devrait avoisiner 90 millions d'euros, 
hors rachats de dettes. 
    Cette dégradation va aussi, selon les analystes, renchérir 
le coût de la dette de Rallye  GENC.PA , maison mère de Casino, 
qui totalise 2,9 milliards d'euros.  
    Le titre Rallye cède 0,77% à 15,38 euros.  
    S&P, qui a assorti sa notation d'une perspective stable, dit 
tabler sur un redressement partiel de la rentabilité de Casino 
en France et sur des mesures de réduction de coûts susceptibles 
d'éviter de nouvelles dégradations des résultats au Brésil. 
              
 
 (Avec Benjamin Mallet et Juliette Rouillon, édité par Dominique 
Rodriguez) 
 

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