Carney (BoE) exclut des taux négatifs pour stimuler l'économie

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    par Ana Nicolaci da Costa et William Schomberg 
    LONDRES, 23 février (Reuters) - Le gouverneur de la Banque 
d'Angleterre (BoE) a écarté mardi l'hypothèse des taux négatifs 
et a affirmé que la banque centrale ne manquait pas de 
possibilités pour stimuler l'économie britannique si le besoin 
s'en faisait sentir. 
    Mark Carney a certes dit qu'il était vraisemblable que les 
taux d'intérêt étaient appelés à remonter, alors qu'ils sont 
actuellement à un plus bas sans précédent de 0,5%, mais il a 
également attiré l'attention sur une intensification des risques 
dans les marchés émergents et ajouté qu'il n'y avait pas 
d'orientation intangible de la politique monétaire. 
    "Si nous nous trouvions dans une situation où il s'avèrerait 
nécessaire de stimuler à nouveau l'économie (...) nous pourrions 
réduire les taux et les orienter vers zéro; nous pourrions 
acheter encore plus d'actifs, de diverses catégories", a-t-il 
expliqué mardi à des parlementaires. 
    "Nous pourrions également établir les conditions d'un 
ajustement de l'horizon de la politique monétaire, en d'autres 
termes rétrécir le délai à l'issue duquel nous voudrions avoir 
porté l'inflation vers notre objectif." 
    Mais quoi qu'il soit, il serait hors de question de 
s'aligner sur la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque 
du Japon (BoJ), entre autres instituts d'émission, et adopter 
des taux négatifs pour juguler la menace déflationniste. 
    "Je tiens à le souligner à nouveau: nous n'avons aucunement 
l'intention de le faire, et n'y voyons aucun intérêt", a tranché 
Mark Carney. 
    La livre sterling, qui s'est déjà affaiblie depuis le 
week-end en raison des craintes liées à une sortie de la 
Grande-Bretagne de l'Union européenne, a fléchi contre le dollar 
 GBP=  à mesure que le gouverneur de la BoE s'exprimait. 
    Ce dernier a également dit que la BoE préparait des plans 
d'urgence dans la perspective du référendum du 23 juin sur la 
question du maintien ou pas de la Grande-Bretagne au sein de 
l'UE. 
    "Nous traitons ce scrutin exactement comme nous traitons 
tout autre événement politique: nous ne formulons aucun jugement 
sur son issue et supposons le maintien du statu quo", a-t-il 
dit. "J'observe toutefois qu'il y a eu des mouvements sur le 
sterling depuis qu'on connaît la date du référendum." 
    Prié de dire comment la BoE réagirait au choc que subirait 
le sterling si Londres quittait l'UE, Carney a répondu qu'il 
faudrait prendre en compte non seulement l'amplitude du choc 
mais également sa durée.     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Bertrand 
Boucey) 
 

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