Brexit-Hollande, Merkel invoquent le respect des acquis européens

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    * Pas question de renoncer aux "fondamentaux" de l'UE 
    * Juncker veut un "accord équitable" avec Londres 
    * Donner l'impression que Cameron sort vainqueur ? 
 
 (Actualisé avec déclaration du groupe de Visegrad, derniers 
paras) 
    BRUXELLES, 17 décembre (Reuters) - François Hollande et 
Angela Merkel ont insisté jeudi à Bruxelles sur le respect des 
acquis européens par la Grande-Bretagne, dont le Premier 
ministre David Cameron veut organiser un référendum sur une 
sortie de l'Union.  
    Peu avant l'ouverture du Conseil européen en partie consacré 
à ce sujet, le président de la Commission européenne, 
Jean-Claude Juncker, a dit son souhait de parvenir à un accord 
équitable avec Londres afin d'éviter un "Brexit" catastrophique 
pour l'avenir de l'Union. 
    Les Européens espèrent trouver d'ici février les bases d'un 
accord qui permettrait à Cameron de lancer la campagne du 
référendum en prônant le "oui". 
    Les dirigeants des Vingt-Huit auront dans la soirée leur 
première discussion de fond sur les propositions de réformes 
voulues par le Premier ministre britannique. (voir 
 ID:nL8N1443D2 ) 
    A leur arrivée à Bruxelles, le président français et la 
chancelière allemande se sont dits prêts au débat tout en 
invoquant le respect des "acquis fondamentaux" de l'UE.   
    "Nous aurons une discussion très ouverte sur cette question. 
Nous souhaitons que le Royaume-Uni reste dans l'Union européenne 
mais nous ne renoncerons pas à nos principes fondamentaux", a 
déclaré la chancelière allemande à son arrivée. 
    François Hollande lui a fait écho. 
    Si les demandes britanniques "sont conformes aux acquis 
européens, eh bien la négociation pourra aboutir, sinon la 
négociation sera plus difficile", a souligné devant la presse le 
président français, pour qui "il n'est pas acceptable de revoir 
ce qui fonde ses engagements européens". 
    Pour le président du Conseil européen, le Polonais Donald 
Tusk, certains aspects des exigences britanniques formulées par 
David Cameron vis-à-vis de l'UE "semblent 
inacceptables".  
     
    CAMERON VEUT "SE BATTRE TOUTE LA NUIT" 
    Le Premier ministre britannique veut modifier les relations 
entre la Grande-Bretagne et l'UE avant de soumettre à 
référendum, d'ici la fin 2017 au plus tard, la question du 
maintien ou non du Royaume-Uni dans l'ensemble communautaire. 
    "Je me battrai donc toute la nuit pour la Grande-Bretagne et 
je pense que nous obtiendrons un bon accord", a dit David 
Cameron à son arrivée à Bruxelles, émettant l'espoir d'obtenir 
de "vrais progrès" et de lancer une "dynamique" en vue de 
trouver un terrain d'entente en février.  
    Jean-Claude Juncker a insisté sur la mise au point d'un 
"accord équitable avec la Grande-Bretagne" mais aussi "vis-à-vis 
des 27 autres pays membres". 
    Le président de la Commission européenne, qui ne veut "pas 
que les Britanniques s'en aillent", s'est dit optimiste quant 
aux chances de trouver "une issue à la situation compliquée dans 
laquelle nous nous trouvons." 
    Pour certains responsables, une certaine mise en scène 
entoure ce sujet, les Européens jugeant important de donner 
l'impression que David Cameron sort vainqueur des discussions.   
    "Il y a une certaine orchestration pour être sûr que les 
choses se passent bien ce soir pour David Cameron, pour faire en 
sorte qu'il donne l'impression de l'emporter, car personne ne 
veut d'un 'Brexit", dit un responsable proche des négociations.  
    Pour certains eurosceptiques, David Cameron ne demande que 
des concessions mineures aux dirigeants européens, avec 
l'arrière-pensée d'inciter ses concitoyens à voter pour le 
maintien dans l'Union.    
    A ce stade, la principale pierre d'achoppement concerne les 
prestations sociales dont bénéficient les ressortissants 
étrangers venant travailler au Royaume-Uni.  
    David Cameron, triomphalement réélu en mai dernier, demande 
que les ressortissants de pays membres de l'UE qui viennent 
travailler au Royaume-Uni ne puissent bénéficier de certaines 
prestations sociales lors de leurs quatre premières années de 
résidence. Il veut aussi interdire à ces travailleurs européens 
de transférer à l'étranger leurs allocations familiales. 
    La proposition vise à rendre la Grande-Bretagne moins 
attractive pour les migrants, en particulier ceux des pays 
d'Europe de l'Est membres de l'UE. Mais elle constituerait une 
violation du droit européen sur la libre circulation des 
travailleurs. 
    Les Polonais sont les principaux bénéficiaires des mesures 
de libre circulation depuis l'entrée de leur pays dans l'Union 
en 2004, ainsi, depuis 2007, que les Roumains et Bulgares. 
    Dans une déclaration commune diffusée jeudi, le groupe de 
Visegrad - composé de la Pologne, de la Hongrie, de la Slovaquie 
et de la République tchèque - affirme qu'il rejettera toute 
demande britannique considérée comme "discriminatoire" à son 
égard ou limitant sa "liberté de mouvement".  
 
 (Elizabeth Pineau, Alissa de Carbonnel, Elizabeth Piper, Robin 
Emmott, Henri-Pierre André, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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