Bourse : trois bonnes raisons de s'intéresser aux small caps (Axa IM)

le , mis à jour à 17:46
1

Axa IM cite au moins trois bonnes raisons de s'intéresser aux small caps.
Axa IM cite au moins trois bonnes raisons de s'intéresser aux small caps.

Parfois mal-aimées des investisseurs qui les connaissent mal ou se méfient de leur parcours boursier chahuté, les petites et moyennes capitalisations (small caps) ont pourtant de nombreuses qualités soulignées par Axa IM lors d’une conférence donnée à Paris vendredi 3 juin.

Dans l'esprit des investisseurs, « La volatilité, la liquidité et le choix du bon gérant sont les principaux obstacles à l’investissement dans les small caps » observe Axa IM, en se basant sur les résultats d’une enquête réalisée par Citywire en janvier 2016.

Pourtant, certains de ces préjugés sont faux. Pour Axa IM, les petites et moyennes capitalisations représentent au contraire « une classe d’actifs structurellement attractive, avec de vrais atouts intrinsèques », et avance plusieurs arguments pour défendre sa position.

Surperformance par rapport aux grandes capitalisations

En premier lieu, sur le long terme, les small caps ont tendance à surperformer en bourse par rapport aux large caps, du fait que « la croissance des bénéfices des small caps est historiquement supérieure sur le long terme » souligne la société de gestion.

En effet, les petites entreprises ne sont généralement pas encore arrivées au même niveau de maturité que leurs aînées du CAC40 ou du SBF 120 et conservent ainsi un potentiel de croissance plus important.

Deuxièmement, la volatilité des small caps, contrairement aux idées reçues, ne serait pas supérieure à celle des large caps. « Depuis 2000, le niveau de volatilité annualisée des small caps en Europe est essentiellement en ligne, voire inférieur, à celui des grandes capitalisations » affirme la société de gestion.

À noter toutefois qu’à l’échelle individuelle, une small cap pourra plus facilement gagner ou perdre 5% ou 10% en une seule séance que ne le ferait une large cap, même si Axa IM souligne que les grandes capitalisations subissent de nos jours les impacts du trading algorithmique qui augmente la volatilité de leur valeur en bourse.

Troisième grand intérêt des petites et moyennes valeurs : le potentiel d’éventuelles OPA. « Trois quarts des transactions de fusions & acquisitions se font au cœur de [cette] classe d’actifs » observe Axa IM d’après des données de Bloomberg. « Les transactions de fusions & acquisitions sont structurelles dans [cette] classe d’actifs, quels que soient les cycles » ajoute la société de gestion, malgré le contre-exemple du début d’année 2016 où le nombre d'opérations de ce type a chuté à cause des conditions financières difficiles de janvier-février.

Les small caps sont moins dépendantes des facteurs macroéconomiques

Surtout, les small caps ont l’avantage d’être relativement peu impactées par les nouvelles macroéconomiques, et leurs variations en bourse reflètent donc davantage leur croissance propre.

Une étude de Citi Research & Analysis de juin 2014 montre en effet qu’environ 80% de la variation des cours de bourse des grandes capitalisations serait corrélée aux facteurs macroéconomiques (statistiques chinoises, statistiques de l’emploi américain, indicateurs PMI…), et seulement 20% de la performance de ces valeurs serait due au parcours de l’entreprise en elle-même. A l’inverse, pour les small caps, les grands facteurs économiques expliqueraient 40% de la variation du prix des actions, tandis que 60% de ces variations seraient dues à la croissance propre à chaque société.

L’investissement dans les small caps permet donc d’obtenir des performances facilement décorrélées de la moyenne du marché, et représente donc une bonne manière de diversifier un portefeuille.

Savoir être patient

Pour profiter pleinement des avantages précédemment mentionnés, les investisseurs doivent savoir être patients et éviter les paris de court terme. « L’horizon d’investissement recommandé, de 3 à 5 ans, permet de bénéficier de la croissance structurelle de certaines small caps » affirme ainsi Axa IM.

La société de gestion énumère plusieurs small caps qu’elle détient et souhaite conserver dans son fonds Axa WF Framlington Europe Small Cap, parmi lesquelles on reconnaîtra notamment les valeurs françaises Fnac et Elior.

Hors France, le fonds d’Axa fait notamment un pari sur Fineco, une banque en ligne italienne bénéficiant de l’engouement du grand public pour les banques en ligne, notamment dans un pays dominé par les petites banques régionales qui suscitent la défiance des investisseurs et des épargnants depuis de nombreux mois. Parmi les autres noms cités : Ontex (Belgique), Auto Trader (Royaume-Uni) ou encore Paddy Power Betfair (Royaume-Uni), qui représente la plus grosse ligne du fonds.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.