Analystes et traders divisés sur l'évolution du pétrole en 2016

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    * De nombreux traders ne croient pas au rebond prévu pour 
2016 
    * Ils rappellent que les analystes étaient trop optimistes 
pour 2015 
    * Divergences sur la possibilité d'une baisse de la 
production 
 
    par Henning Gloystein 
    SINGAPOUR, 31 décembre (Reuters) - Il y a un an, après la 
division par deux en six mois du prix du pétrole, les analystes 
prédisaient une remontée des cours en 2015 alors que de nombreux 
traders vendaient le baril à découvert. 
    La suite des événements a donné raison aux traders puisque 
les cours ont encore baissé d'un tiers cette année. Mais 
aujourd'hui, le scénario se répète: les analystes prévoient un 
rebond pour 2016 alors que les positions à découvert sur les 
contrats à terme du pétrole américain ont atteint début décembre 
un niveau record.  
    La divergence entre analystes et traders tient aux 
hypothèses choisies en matière de réponse des producteurs à 
l'excédent de pétrole actuel sur le marché mondial, qui atteint 
deux millions de barils par jour (bpj) selon certains analystes. 
    Nombre de ces derniers s'attendent à un rebond des cours fin 
2016, ce qui permettrait au cours moyen du baril sur l'année de 
s'afficher en hausse, grâce à la diminution des pompages, 
notamment aux Etats-Unis, une partie des producteurs baissant 
les bras face à l'accumulation de leurs dettes et à la baisse de 
leurs recettes.  
    Mais des traders notent que les analystes avaient appuyé 
leurs prévisions pour 2015 sur un raisonnement similaire et 
jugent qu'il sera tout aussi faux l'an prochain que cette année: 
pour eux, les producteurs de brut vont réduire leurs coûts en 
jouant leur survie à long terme et ils continueront de pomper, 
même à bas prix, pour assurer le service de leurs dettes. 
    "La fête est finie, au moins pour les deux ou trois ans à 
venir", résume Oystein Berentsen, directeur du pétrole brut chez 
le courtier Strong Petroleum à Singapour.  
    Parmi les analystes, la poursuite de la baisse des cours en 
décembre et le plus bas de 11 ans inscrit par le Brent en 
dessous de 36 dollars le baril  LCOc1  ont incité certains à 
revoir leurs prévisions.  
    La banque américaine Morgan Stanley explique ainsi dans sa 
dernière note en date, publiée juste avant Noël, que "l'espoir 
d'un rééquilibrage en 2016 continue d'essuyer de graves revers". 
     
     
    Reste que les analystes devraient procéder à de sévères 
révisions de leurs prévisions pour que le scénario d'une 
remontée des cours en 2016 soit totalement remis en cause. La 
dernière enquête Reuters, réalisée auprès de 31 analystes, 
montre qu'ils tablent sur un cours moyen de 57,95 dollars le 
baril pour le Brent l'an prochain, soit plus de 20 dollars 
au-dessus du cours actuel.  
    Et la plupart restent convaincus que la baisse de la 
production finira par favoriser un retournement du marché au 
cours de l'année qui vient.  
    "Nous sommes sans doute en train de nous rapprocher d'une 
situation de marché plus équilibré", assure Ric Spooner, 
responsable de l'analyse de marché chez CMC Markets, qui table 
sur un Brent à 45 dollars en moyenne en 2016 tout en précisant 
anticiper une forte volatilité.  
    Pour l'instant, le marché n'a guère montré de signes de 
confiance dans une reprise des cours fin 2016. 
    La courbe des cours à terme du Brent suggère une 
augmentation de sept dollars seulement entre l'échéance de 
février et celle de décembre prochain, un écart bien plus faible 
que celui observé dans les phases de baisse précédentes, ce qui 
augure mal d'une remontée marquée sur l'année à venir, notent 
des traders.  
    La valeur moyenne des contrats mensuels du Brent pour 2016 
ressort à 40,89 dollars, soit 3,50 dollars seulement au-dessus 
du cours actuel et bien en dessous des prévisions des analystes. 
    La courbe est à peu près comparable pour le brut léger 
américain (West Texas Intermediate, WTI)  CLc1 .  
    Sur l'ensemble de 2015, avant la séance de jeudi, le Brent 
s'est traité en moyenne à 53,60 dollars le baril et le WTI à 
48,76 dollars.  
    Au sein des analystes interrogés par Reuters il y a un an, 
les prévisions les plus proches de ces niveaux étaient celles de 
Citigroup, qui prévoyait alors des cours moyens de 63 et 55 
dollars. Tous les autres prédisaient une remontée plus forte.  
     
 
 (Marc Angrand pour le service français) 
  
 
 

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