Analyse : dans quel cycle économique se trouvent les marchés ? (Amundi)

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Dans quelle phase du cycle économique se trouvent les marchés ? (Amundi)
Dans quelle phase du cycle économique se trouvent les marchés ? (Amundi)

Sortant des habituelles analyses de conjoncture à court terme, Amundi cherche à identifier dans quel cycle économique se trouvent les grandes places boursières mondiales. Les marchés européens, américains et émergents s’inscrivent dans des cycles différents, explique Amundi.

Chaque mois, Amundi publie plusieurs articles de recherche économique. Ce mois-ci, la société de gestion d’actifs récemment introduite en bourse s’intéresse au graphique suivant, qui décrit l’évolution d’un cycle économique, et à travers lui, l’évolution du cycle des actifs :

Le cycle des actifs .
Le cycle des actifs (source : Amundi, lettre ''Cross Asset Investment Strategy'' du mois de novembre 2015).

Zone euro : en « phase II »

Reprenant les enseignements de ce graphique, Eric Mijot, stratégiste et économiste chez Amundi, affirme que « La zone euro est passée en phase II début 2015 avec le QE de la BCE », tandis qu’à la même époque, « le Japon y était déjà ». Ce constat est donc a priori favorable à l’investissement en zone euro alors qu’« en phase II, la performance des actions repose avant tout sur la croissance des profits ».

Pour autant, reconnaît-il : « L’effondrement des devises émergentes cet été amoindrit cet argument. Nous pensons que les profits tels qu’ils figurent dans le consensus seront révisés à la baisse par les analystes. Mais (…)  une fois les taux de change des pays émergents stabilisés, la dynamique devrait redevenir positive », affirme Eric Mijot.

D’autres éléments positifs sont relevés : « La valorisation [des marchés européens] n’est pas excessive (PER de 15x). Compte tenu des politiques de QE, une reflation des PER est même envisageable. Nous voyons donc plus d’arguments cycliques en faveur de la zone euro que pour les États-Unis ».

Etats-Unis : en « phase III »

En effet, les Etats-Unis ne s’inscriraient pas dans la même phase que les marchés européens, explique Amundi.

« Les États-Unis sont en phase III depuis la fin du Tapering (second semestre 2014) : la phase III est typiquement l’antichambre de la récession qui couve et qui se révèle en phase IV. Mais elle peut aussi être propice aux exagérations de marchés portés par des liquidités abondantes. Aussi, la Fed essaye aujourd’hui de naviguer entre deux priorités tout en gardant un biais prudent : ne pas précipiter la fin de cycle sans pour autant alimenter de nouvelle bulle comme ce fut le cas en 1998 ou en 2006 », affirme Eric Mijot.

« À 17 fois les profits des 12 derniers mois, le PER du marché américain n’est pas en territoire excessif. En revanche, le cycle des profits est déjà bien mûr (baisse des marges enclenchée, croissance nulle des profits en 2015 selon Ibes). Au total, les actions américaines pourraient donc tenir mais sans faire d’étincelles », estime-t-il.

Emergents : en « phase IV »

La phase IV, évoquée précédemment comme une phase de récession, et qui désigne plus largement une phase de ralentissement de la croissance, concernerait quant à elle les pays émergents parmi lesquels se trouvent notamment la Chine, la Russie et le Brésil.

Eric Mijot affirme en effet : « Les émergents sont en phase IV. La Chine avait relancé la croissance mondiale en 2008 en injectant une dizaine de pourcents de son PIB dans des travaux d’infrastructure. Le rebond qui a suivi n’a pas permis à la rentabilité des capitaux propres  des pays émergents de rejoindre leurs plus hauts [d’avant 2008] ».

« Par ailleurs, tant que les conditions monétaires des pays aux balances courantes négatives se détériorent, les marchés émergents restent en zone de risque. Le FMI souligne que les prêts aux acteurs privés des pays émergents sont passés de 4.000 à 18.000 milliards de dollars de 2004 à 2014… Un défaut systémique reste donc envisageable », estime l’économiste.

« En phase IV, le mieux est de chercher avant tout à préserver son capital. Quand on reprend du risque sur les marchés émergents, il est préférable d’investir d’abord sur le marché obligataire (en dollar) avant de revenir sur les actions. La stabilisation puis le retournement des devises à la hausse devraient nous donner le signal [pour redevenir acheteurs sur les actions émergentes]. Ce moment pourrait arriver dans les prochains mois », termine-t-il.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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