Allemagne-Recul de la production de mauvais augure pour le PIB

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    par Michael Nienaber 
    BERLIN, 7 juillet (Reuters) - La production industrielle 
s'est contractée de manière inattendue en mai en Allemagne, 
accusant son recul mensuel le plus marqué depuis août 2014, ce 
qui laisse penser que la première économie européenne a perdu de 
son allant au deuxième trimestre après un début d'année 
étonnamment dynamique. 
    Les commandes à l'industrie, publiées la veille, avaient 
stagné en mai, avant que la Grande-Bretagne ne décide de quitter 
l'Union européenne (UE), et étaient plus faibles que prévu. 
    Les économistes estiment que le résultat du référendum 
britannique du 23 juin risque de réduire la croissance de 
l'Allemagne d'un demi-point au plus l'an prochain. 
    La production industrielle a baissé de 1,3% en mai, a 
annoncé le ministère de l'Economie jeudi, alors que les 
économistes interrogés par Reuters l'attendaient inchangée, 
attestant d'un ralentissement des biens d'équipement et de la 
production manufacturière. 
    En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,5% 
et non pas de 0,8% comme annoncé dans un premier temps. 
    "Avant même les données de juin, une chose était claire: la 
production pèsera sur la croissance au deuxième trimestre", dit 
Alexander Krüger, économiste de Bankhaus Lampe, ajoutant qu'il 
fallait attribuer la médiocre performance du trimestre à des 
éléments particuliers tels que la forte performance, par 
comparaison, du premier trimestre. 
    Il évoque également le ralentissement des marchés émergents 
qui a affecté la demande de biens industriels allemands. 
    Le ministère ajoute de son côté que le mois de mai a 
comporté un nombre exceptionnellement élevé de jours fériés. 
    Sur la période de mars à mai, où les variations mensuelles 
parfois importantes sont lissées, la production industrielle a 
également diminué, de 0,5%, ce qui, de l'avis du ministère, 
indique que la production industrielle s'est légèrement tassée 
au deuxième trimestre dans son ensemble. 
    Mais il ajoute que la confiance du secteur industriel s'est 
améliorée récemment et que la production devrait confirmer son 
accélération modérée. 
    Carsten Brzeski, économiste d'ING Bank, croit au contraire 
que le risque d'un atterrissage forcé de l'économie allemande au 
deuxième trimestre s'est accru. 
    "Ce diagnostic pourrait toutefois s'avérer trop simple; en 
fait, les dernières données confirment seulement l'image d'une 
économie à deux vitesses", dit-il.  
    "Alors que l'économie interne est en plein essor, les 
anciens moteur de la croissance - exportations et production 
industrielle - s'essoufflent. Avec une production industrielle 
affaiblie, une augmentation habituelle de l'investissement 
devient également moins vraisemblable". 
    L'Allemagne a connu une croissance de 0,7% au premier 
trimestre, la plus forte, en variation trimestrielle, en deux 
ans, l'accélération de la consommation privée, de 
l'investissement dans le BTP et des dépenses publiques en faveur 
des réfugiés ayant largement compensé le tassement du commerce 
extérieur. 
    Les économistes prévoient un ralentissement de la croissance 
à 0,3% au deuxième trimestre.  
    De son côté, la fédération DIHK des chambres de commerce et 
d'industrie allemandes anticipe une baisse de 1% des 
exportations vers le Royaume-Uni en 2016, alors qu'elle 
projetait auparavant une hausse de 5%, conséquence du référendum 
du 23 juin.   
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Joanny) 
 
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