Airbus dévisse en Bourse sur des prévisions décevantes

le
1
AIRBUS DÉVISSE EN BOURSE
AIRBUS DÉVISSE EN BOURSE

PARIS (Reuters) - Airbus Group a plongé en Bourse mercredi en raison de la déception causée par les prévisions fournies aux investisseurs par la maison mère d'Airbus pour les années à venir.

Le groupe d'aérospatiale et de défense a dit anticiper un bénéfice d'exploitation avant exceptionnels stable en 2016 par rapport à 2015, contre une croissance de plus de 8% anticipée par le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

Lors du Global Investor Forum du groupe organisé à Londres et retransmis sur internet, le directeur financier Harald Wilhelm a en outre estimé que le cash-flow d'Airbus Group devrait afficher un solde négatif en 2015.

Il a notamment invoqué le coût du développement du nouveau long-courrier A350, dont la livraison du premier exemplaire prévue samedi à Qatar Airways a été reportée à une date non communiquée, probablement d'ici la fin du mois.

L'action a perdu 10,42% à 43,175 euros, après un plus bas à 42,51 euros, accusant sa plus forte baisse sur une séance depuis le 11 juillet 2008, il y a plus de six ans, et ramenant sa capitalisation boursière à 33,9 milliards d'euros.

Airbus Group a ainsi vu s'évaporer 3,94 milliards d'euros de capitalisation boursière, soit environ la valeur d'une douzaine d'A380 aux prix catalogue.

"Le mouvement reflète l'ajustement du marché aux nouvelles perspectives, mais il est clairement exagéré", a déclaré un trader à Paris. "On parle quand même d'Airbus et, à mon avis, le titre ne devrait pas tarder à rebondir dans les jours qui viennent, car à ce niveau-là c'est clairement une opportunité d'achat."

L'action a perdu 22,6% depuis le début de l'année, mais elle avait bondi de 89% en 2013.

CONSOMMATION DE CASH POUR L'A350

"Nous comptons atteindre nos objectifs de rentabilité pour 2015, mais la génération de cash sera difficile à moyen terme alors que nous continuons à consolider notre position et à innover sur le marché commercial", a déclaré le président exécutif Tom Enders.

Harald Wilhelm a toutefois précisé que le cash-flow ne devrait pas être trop éloigné de l'équilibre en 2015, soulignant qu'il était encore difficile de communiquer une prévision à ce stade en raison de la nature cyclique de l'activité du groupe.

Le cash-flow devrait s'améliorer de manière croissante à partir de 2016, a-t-il ajouté.

L'A350 devrait consommer beaucoup de cash en 2015 et en 2016, les deux principales années de la phase de développement du programme du long-courrier, a précisé Harald Wilhelm, ajoutant que la situation devrait s'améliorer en 2016 et 2017.

L'Ebit et le cash-flow du groupe devraient en outre pâtir d'une nouvelle réduction du rythme de production du long-courrier A330 en 2016, en plus du projet de revenir de 10 à 9 avions par mois au quatrième trimestre 2015.

Le groupe a réaffirmé viser un cash-flow disponible équilibré avant acquisitions en 2014, contre un solde négatif de 2,090 milliards d'euros au 30 septembre.

Airbus Group a souligné qu'il devrait profiter de cessions d'actifs, notamment de la vente d'actions dans Dassault Aviation en 2015, voire en 2016. Le groupe a commencé fin novembre à céder 8% de l'avionneur, dont il détenait 46,3%.

Tom Enders a également précisé que le groupe serait également confronté à une décision à court, moyen terme sur l'avenir de l'A380 sur la base d'aspects purement économiques, la priorité restant d'améliorer la dynamique commerciale du très gros porteur.

Harald Wilhelm a réaffirmé de son côté qu'il y avait un potentiel pour une hausse du rythme de production de l'A320 à 50 par mois au moins, après la hausse prévue à 46 unités par mois en 2016 contre 42 actuellement.

(Cyril Altmeyer et Alexandre Boksembaum-Granier, avec Blaise Robinson, Victoria Bryan à Berlin, édité par Dominique Rodriguez)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • b.renie le jeudi 11 déc 2014 à 05:31

    De mon expérience des affaires, je n'ai pas connu ni ne connais pas d'entreprise aussi solide et bien gérée qu'elle soit qui ne connaisse des périodes de problèmes. C'est le devenir qui veut cela. Tout dépend de la qualité du management Si elle est telle qu'il convient il sait transformer cette étape en remise en cause de certaines choses que le passé a laissé passer et qui méritent d'être réformées. Airbus est une grande réussite qui a tout ce qu'il faut pour continuer à prospérer