Air France-KLM réduit la voilure sur tous les fronts

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AIR FRANCE-KLM RÉDUIT LA VOILURE SUR TOUS LES FRONTS
AIR FRANCE-KLM RÉDUIT LA VOILURE SUR TOUS LES FRONTS

PARIS (Reuters) - Air France-KLM accélère ses économies et repousse ses objectifs de réduction de dette, estimant que la hausse de l'euro et la baisse de ses recettes pourraient quasiment effacer en 2015 les gains attendus du recul du prix du kérosène.

Le groupe franco-néerlandais, qui a publié trois avertissements sur ses résultats l'an passé, a dit jeudi viser une dette nette d'environ cinq milliards d'euros fin 2015, contre 4,5 milliards auparavant et 5,41 milliards fin 2014.

Le numéro deux européen du transport aérien, derrière la compagnie allemande Lufthansa, a également ajusté son objectif de ratio dette nette ajustée sur Ebitdar (excédent brut d'exploitation avant locations opérationnelles), désormais prévu autour de 2,5 en 2017 contre moins de 2,5 auparavant.

Dans ce contexte, le groupe réduit ses investissements de 300 millions d'euros en 2015 et d'autant en 2016, sur une enveloppe annuelle d'environ deux milliards prévue à l'origine, entraînant un report d'achats d'avions moyen- et long-courriers.

Le groupe a en outre accéléré son objectif de réduction de coûts unitaires pour la période 2015-2017 à 1,5% par an, contre 1-1,5% auparavant. Pour cette année, Air France-KLM prévoit une réduction de 1 à 1,3%, soit 250 à 350 millions d'euros d'économies.

Air France, qui a déjà supprimé 8.000 emplois en trois ans, a détaillé vendredi dernier un nouveau plan de réduction de 800 postes au sol et chez les hôtesses et stewards et des mesures de modération salariale.

Le groupe, affecté par une dégradation de ses recettes depuis l'été dernier et par la grève des pilotes d'Air France qui a entamé son résultat d'exploitation de 425 millions d'euros, ne s'est risqué à aucun objectif de résultats pour 2015.

Le début de l'année reste "incertain", souligne Air France-KLM, citant le recul de ses recettes en Asie face à une forte concurrence et la baisse du trafic lié au secteur pétrolier en Afrique en conséquence de la chute des prix du brut.

"Dans les évolutions de marché telles qu'on les anticipe, à l'exception de l'Atlantique Nord, nous sommes très très prudents", a dit à la presse le PDG d'Air France-KLM, Alexandre de Juniac.

Le groupe a vu son chiffre d'affaires reculer de 2,4% à 24,912 milliards d'euros, alors même que le nombre des passagers transportés dans ses avions a progressé de 1,3% à 87,358 millions.

Son Ebitda a reculé de 266 millions d'euros à 1,589 milliard, affecté par une baisse de 169 millions chez Air France à cause de la grève des pilotes et un recul de 112 millions chez KLM.

Les analystes attendaient en moyenne pour 2014 un Ebitda de 1,671 milliard d'euros et un chiffre d'affaires de 24,84 milliards, selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

La perte nette part du groupe a été fortement réduite, à 198 millions d'euros contre 1,827 milliard en 2013, sous l'effet conjugué d'un gain exceptionnel lié à la modification de règles fiscales sur les retraites aux Pays-Bas et de la plus-value sur la vente d'actions dans la plate-forme Amadeus.

Air France-KLM, dont l'Etat français détient 15,9% du capital d'Air France-KLM et ses salariés 6,8%, n'a versé aucun dividende à ses actionnaires depuis l'exercice 2007-2008.

L'action a clôturé en hausse de 0,11% à 7,589 euros mercredi, donnant une capitalisation de 2,28 milliards. Elle a perdu 4,7% depuis le début de l'année, après un gain limité à 5% en 2014.

(Cyril Altmeyer, édité par Nicolas Delame)

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