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Prime à la conversion sur le diesel : le gouvernement en ordre dispersé
information fournie par Le Figaro14/10/2020 à 19:16

La ministre de la Transition écologique a annoncé l'exclusion des véhicules diesel à cette prime. Son homologue à l'Industrie évoque des discussions toujours en cours.

Mésentente interministérielle sur le diesel. L'année prochaine, pourra-t-on, oui ou non, envoyer son vieux véhicule à la casse pour s'acheter un diesel flambant neuf, avec l'aide du gouvernement et de sa prime à la conversion ? Sur ce point, Bercy et le ministère de la Transition écologique ne semblent pas s'entendre. Aujourd'hui, le diesel est éligible à cette prime qui doit inciter les ménages, surtout modestes, à acquérir un véhicule plus neuf et moins polluant. Dans le détail, jusqu'à 5000 euros d'aide sont aujourd'hui promis pour l'achat d'un modèle électrique ou hybride rechargeable, et 3000 euros pour un modèle diesel jeune (moins de 10 ans) ou essence (moins de 15 ans). La condition bien sûr : envoyer son vieux tas de ferraille à la casse.

Dès 2021, a annoncé lundi la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, cette prime ne concernera plus l'achat d'un véhicule diesel. Plus en détail, les véhicules portant une vignette Crit'Air 2 sont également exclus. «Je m'y étais engagée. (…) C'est une question de cohérence de notre politique de lutte contre la pollution de l'air», a fait valoir Barbara Pompili. Pourtant, peu après, la ministre en charge de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a mis cette annonce entre parenthèses. «C'est un point que nous allons discuter», a-t-elle lancé sur Public Sénat, des arguments plein les poches : «dans la campagne, un moteur diesel émet moins de particules et moins de CO2 qu'un moteur essence». «Le diesel, c'est 35.000 emplois industriels», ajoute-t-elle.

Alors qui croire ? Le ministère de la Transition écologique tranche et assure qu'il n'y a aucun malentendu sur le sujet. «Il y a une décision de Barbara Pompili, qui a même été arbitrée par Matignon», assure-t-on au Figaro. Il est ainsi confirmé qu'au 1er janvier, la prime à la conversion ne concerna plus l'achat de véhicule diesel. «On doit être cohérent. Le diesel est une des principales sources d'émission des particules de dioxyde d'azote, on ne peut pas dépenser de l'argent public pour soutenir le diesel», martèle-t-on au ministère. Et ce dernier se veut rassurant concernant le marché de l'emploi. En 2019, seuls 10% des véhicules achetés par le biais de la prime à la conversion étaient des diesels. Un chiffre peu conséquent pour le marché du diesel en général. Au ministère, on assure donc que ce n'est donc pas cette nouvelle mesure qui va faire couler le diesel et les 35.000 emplois qui vont avec.

Également sollicité par Le Figaro, l'entourage d'Agnès Pannier-Runacher n'a pas apporté de réponse. Depuis le début du quinquennat, le ministère de l'Économie affirme son soutien à la filière du diesel, par le biais d'une transition industrielle. Car le secteur est en chute libre. En 2012, il pesait pour plus de 72% des ventes de voitures neuves. Un chiffre tombé depuis à 36%, la moitié.

L'objectif initial du gouvernement sur la prime à la conversion était de 500.000 bénéficiaires. Désormais, face au succès de la mesure, l'exécutif a doublé ses ambitions. Le projet de loi de finances (PLF) pour l'année 2021 prévoit 1,9 milliard d'euros pour soutenir cette mesure.

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