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Pass sanitaire obligatoire dans les restaurants : «On se prive de deux clients sur trois»
information fournie par Le Figaro12/07/2021 à 23:17

(Crédits photo : Pixabay - pasja1000 )

(Crédits photo : Pixabay - pasja1000 )

À partir de début août, tous les clients devront être vaccinés ou présenter un test négatif. Mais la mise en place du dispositif inquiète chez les restaurateurs.

Il faudra désormais montrer patte blanche, même au restaurant. Jusque-là réservé principalement aux discothèques, le pass sanitaire va être largement étendu au fur et à mesure de l'été.

Il sera d'abord obligatoire dans les «lieux de loisirs et de culture» de plus de 50 personnes dès le 21 juillet pour tous les plus de 12 ans, comme l'a annoncé Emmanuel Macron ce lundi. Une nouvelle étape sera franchie au début du mois d'août puisque le précieux sésame -une attestation de vaccination ou un résultat de test de dépistage négatif - sera à montrer pour pouvoir prendre le train, l'avion mais aussi aller dans les bars et restaurants. Ces derniers voient d'ailleurs d'un mauvais œil cette nouvelle contrainte qui risque d'empêcher certains clients de déjeuner ou dîner à leurs tables.

Pour que le pass sanitaire soit activé, il faut en effet attendre deux semaines après la seconde injection, ou avoir réalisé un test covid et qu'il se révèle négatif. «Nous ne voyons pas nos concitoyens aller se faire dépister avant d'aller prendre un verre dans un bar ou un repas au restaurant», pointe Franck Trouet, délégué général du groupement national des indépendants Paris - Île-de-France.

«Délicat de demander au client leur pass sanitaire»

Si les professionnels du secteur préfèrent cette nouvelle mesure à une énième fermeture, des points restent à préciser après l'annonce du président de la République ce lundi, en particulier la mise en place du dispositif. «Nous comprenons la crise du Covid qui existe en France mais cela va être très compliqué d'instaurer le pass sanitaire car nous ne sommes ni policiers, ni gendarmes, ni videurs comme dans les discothèques, nous n'en avons d'ailleurs pas. Cela va donc être délicat de demander aux clients de montrer leurs pass sanitaire», explique Franck Delvau, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) Île-de-France, qui s'inquiète de possibles débordements avec des clients réfractaires à la vaccination ou au système du pass sanitaire.

«Compte tenu du nombre de personnes vaccinées en France, une sur trois, on se prive de deux clients potentiels», ajoute-t-il. Que faire si un groupe se présente et que parmi les personnes présentes, l'une d'elles n'est pas vaccinée? Quid des familles dont les plus jeunes n'auront pour certains pas achevé le processus de vaccination début août? Pour l'Umih comme pour le GNI, la mise en œuvre du pass sanitaire dans leurs établissements de restauration risque de tirer à la baisse la fréquentation et donc leurs finances déjà très impactées par la crise sanitaire et économique. Les aides doivent donc se poursuivre, martèlent-ils. «Le président d'en a pas parlé mais il faut revoir les conditions économiques car la mise en place du pass sanitaire au moins d'août coïncide avec la diminution du fonds de solidarité et du chômage partiel», dénonce Franck Delvau qui demande au gouvernement de maintenir les deux dispositifs à leur plus haut niveau même à la rentrée, «sinon il y aura beaucoup de dépôts de bilan». «Lorsque nous avons négocié avec Bruno Le Maire la dégressivité des aides, nous avions à l'époque des paramètres connus concernant le calendrier de réouverture. Mais ce plan d'accompagnement financier n'est plus à jour depuis l'annonce du président aujourd'hui», abonde Franck Trouet qui attend, lui aussi, de l'exécutif «des garanties».

Une vaccination obligatoire pour les salariés ?

Le délégué général du GNI pointe une autre question que pose l'instauration du pass sanitaire: qu'en est-il des salariés? Emmanuel Macron a, en effet, déclaré que «seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux (ceux pour lesquels il faudra présenter un pass sanitaire) qu'ils soient clients, usagers ou salariés». Selon l'article L.3111-4 du code de la Santé publique, c'est au ministère de la Santé, après avis de la Haute autorité de santé (HAS), qu'il revient de décider de l'obligation ou non d'une vaccination professionnelle. Les entreprises françaises ne peuvent donc pas imposer à leurs salariés ou candidats à l'embauche une vaccination. Et si tel était le cas, «quelles seraient les conséquences pour le salarié et quelles seraient ses indemnités», s'interroge Franck Trouet. Dans le cas des soignants dont la vaccination sera obligatoire à partir du 15 septembre, ils «ne pourront plus travailler et ne seront plus payés» s'ils n'ont pas reçu les précieuses doses, a indiqué Olivier Véran, le ministre de la Santé.

Franck Trouet pointe également le manque de main-d'œuvre dont souffre son secteur et qui risquerait de s'aggraver un peu plus en cas de vaccination obligatoire pour tous les salariés. Le GNI prévoyait dès ce lundi soir de demander à Bercy un rendez-vous à la première heure le lendemain pour tenter d'éclaircir les zones d'ombre entourant le pass sanitaire qui n'a pas fini de faire parler de lui.

1 commentaire

  • 13 juillet09:59

    La mise en danger de la vie d'autrui est un délit. Donc, ne pas se vacciner en est un, surtout pour un professionnel.


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