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L'épargne-retraite pour financer l'économie
information fournie par Mingzi10/05/2018 à 15:36

L’EPARGNE-RETRAITE POUR FINANCER L’ECONOMIE (Crédit photo : Fotolia)

L’EPARGNE-RETRAITE POUR FINANCER L’ECONOMIE (Crédit photo : Fotolia)

Dans une interview pour Le Parisien, Bruno Le Maire, Ministre de l'économie et des finances, est revenu sur les mesures de son projet de loi Pacte (Plan d'Actions pour la Croissance des Entreprises) dont un des objectifs est de dynamiser l'épargne retraite. Comment compte t'il s'y prendre ?

La réforme de l'épargne retraite doit répondre à un double objectif

Le ministre a expliqué vouloir développer l'épargne-retraite  « pour permettre aux Français de mieux se préparer à la retraite mais aussi de mieux financer l'économie. Car actuellement, l'épargne retraite compte à peine 200 milliards d'euros d'encours, contre près de 2 100 milliards d'euros pour le livret A et l'assurance. Ce n'est pas suffisant ».

Selon lui, la réforme de l'épargne retraite doit répondre à un double objectif.

Tout d'abord, elle doit permettre de flécher l'épargne des français vers l'économie productive afin financer le développement des entreprises françaises, notamment celui des PME. Pour cela, il est nécessaire de favoriser les solutions de placement qui mobilisent l'épargne sur le long terme.

Ensuite, face à un équilibre financier des régimes de retraite obligatoire et complémentaire de plus en plus fragile, le gouvernement doit inciter les français à se constituer un complément de revenu pour la retraite.

Placement de long terme, l'épargne-retraite semble tout particulièrement adaptée à l'investissement dans les actions et obligations d'entreprise. Elle permet par ailleurs à l'épargnant de se constituer un complément de revenu pour la retraite.

Aujourd'hui, il existe des dispositifs d'épargne-retraite différents selon le statut de l'épargnant (le PERP pour les salariés, le contrat retraite Madelin pour les indépendants) et selon les avantages proposés par l'entreprise (épargne salariale : le PERCO), le tout avec des incitations fiscales différentes selon les produits (déduction d'impôt pour le PERP et le Madelin).

Améliorer la portabilité

Tout d'abord, le ministre souhaite améliorer la portabilité des dispositifs épargne retraite afin que chacun puisse conserver ses acquis tout au long de sa vie professionnelle, lors par exemple d'un changement de statut (passage du statut de salarié à indépendant par exemple). « Contrairement à aujourd'hui, lorsque vous changerez d'entreprise ou de métier, votre compte d'épargne retraite vous accompagnera » explique t'il.

Harmoniser les dispositifs

Ensuite il souhaite harmoniser les différents dispositifs. Par exemple, « le conjoint pourra systématiquement bénéficier d'une option de réversion, pour l'instant limitée à certains contrats » indique t'il.

Bruno Le Maire avait également évoqué précédemment  un « rapprochement des règles d'abondement et de la fiscalité des produits d'épargne retraite, dans le respect des spécificités des produits existants ». Dans Le Parisien, il explique que « tous les dispositifs bénéficieront d'une fiscalité attractive. Pour chaque versement volontaire effectué par l'épargnant, vous aurez le droit à une déduction fiscale. Par exemple, si vous versez 1 000 € sur votre compte épargne retraite, quel qu'il soit, vous pourrez déduire ce montant de votre revenu imposable. Cette déduction se fera dans la limite des plafonds existants (soit 30 000 € par an pour un PERP par exemple).  Par ailleurs, si vous choisissez de sortir en rente, ce sera fiscalement avantageux à la sortie. »

Faciliter les sorties en capital

Enfin, il souhaite faciliter les sorties en capital. En effet, aujourd'hui pour le PERP, le Madelin et le PERCO, seule une sortie en rente est possible (sauf exception). Bruno Le Maire souhaite « une souplesse accrue sur le retrait des sommes épargnées à l'âge de la retraite, pour mieux tenir compte du souhait de nombreux épargnants de disposer d'un capital au moment où ils partent à la retraite ».

« Chacun sera libre de sortir le fruit de son épargne volontaire, mais aussi de l'intéressement et de la participation, soit en capital soit en rente. » précise t'il.

Le produit épargne-retraite unique des assureurs n'a pas été retenu

A ce stade du projet de loi, la proposition des assureurs visant à créer un nouveau produit d'épargne-retraite unique qui remplacerait les dispositifs existants et avec une sortie en rente ne semble pas avoir convaincu le gouvernement …

Pour le ministre, créer un produit unique « aurait pris du temps, alors que nous voulons que la mesure soit opérationnelle le plus rapidement possible. » Bruno Le Maire souhaite porter l'encours épargne-retraite de 200 à 300 milliards d'euros d'ici la fin du quinquennat.

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