
Les acheteurs de véhicules électriques sont plus jeunes, 47 ans en moyenne (Crédits: Adobe Stock)
Avec une moyenne de 54 ans, l'âge des acquéreurs de véhicules en France ne cesse de monter depuis des décennies.
Le coup de vieux guette le monde automobile. Si les jeunes restent attachés à la «bagnole» , comme l'a montré une récente étude de l'Observatoire Cetelem , ce ne sont pas eux qui achètent en majorité des véhicules neufs. Les propriétaires sont même de plus en plus âgés. Selon les données du cabinet C-Ways, fournies au Figaro , l'âge moyen des acheteurs s'élevait à 54 ans en 2024. S'il était de 55 ans en 2020, il était de 51 ans en France en 2007, selon l'Observatoire Cetelem. Et même de 44 ans en 1991.
La faute, sans aucun doute, au renchérissement des prix des véhicules neufs. En 2023, ils coûtaient en moyenne 35.474 euros , selon les données du cabinet AAA Data. Un montant en hausse de 6% par rapport à l'année précédente, après une augmentation de 8% en 2022. En l'espace d'une quinzaine d'années, leur coût a ainsi grimpé de près de 50%, puisqu'une voiture neuve valait 19.000 euros en moyenne en 2009, d'après AAA Data. «Au-delà des voitures neuves, qui coûtent de plus en plus cher, l'immobilier est bien plus cher qu'il y a trente ans. Le budget disponible des ménages pour acheter un véhicule n'est donc plus du même ordre» , analyse Philippe Jullien, manager automobile et mobilité chez C-Ways.
Cette tendance au vieillissement des acheteurs de voitures neuves «traduit la gravité des pentes» , s'alarme Xavier Horent, délégué général de Mobilians. Dans un post partagé sur le réseau social Linkedin, le représentant des professionnels de la mobilité alerte sur «le décrochage entre le niveau de vie médian réel et le prix des véhicules neufs, en particulier sur la dernière décennie, l'augmentation des dépenses contraintes avec des difficultés croissantes d'arbitrages, et la singulière paupérisation des ménages français» .
Des acheteurs de voitures électriques plus jeunes
Derrière cet âge moyen de 54 ans, se cachent toutefois des disparités. Par exemple, les acheteurs de véhicules électriques sont plus jeunes, 47 ans en moyenne, selon les données de C-Ways - dont le périmètre se limite aux particuliers, n'incluant pas les véhicules de fonction . «Il y a une double raison, explique Philippe Jullien. D'une part, une aversion au changement chez les plus âgés, et d'autre part une attirance pour la technologie chez les plus jeunes.» Les écarts d'âge entre les différentes marques sont également significatifs. Les acheteurs de Toyota ont, par exemple, 59 ans en moyenne - un âge avancé lié au «fort taux de fidélité» des propriétaires de véhicules de la marque japonaise, explique Philippe Jullien -, quand ceux de Tesla ont 44 ans.
Traditionnellement, Citroën fait aussi partie des marques préférées par les plus anciens. L'âge moyen des acheteurs s'élève à 57 ans en 2024. Un chiffre qui a malgré tout chuté de 4 ans en l'espace d'un an, grâce à la C3, acquise par des conducteurs de 55 ans en moyenne, et même 44 ans pour sa version électrique. «Il y a eu un effet leasing social en 2024» , relève Philippe Jullien, faisant référence au dispositif de soutien à l'achat de voitures électriques mis en place par le gouvernement, destiné aux foyers les moins aisés. La moyenne d'âge des bénéficiaires n'a été que de 40 ans, rapporte le journal Les Échos . Chez Renault, les acheteurs ont 55 ans en moyenne. Idem chez Dacia. C'est 53 ans chez Peugeot. Du côté des marques allemandes haut de gamme, l'acheteur moyen de Mercedes a 57 ans, contre 54 ans chez BMW et 52 ans chez Audi. De l'autre côté du spectre générationnel, on retrouve la marque espagnole Seat, avec 46 ans de moyenne d'âge.
Il y a une dernière différence notable entre les personnes qui achètent leur voiture en leur nom et ceux qui l'acquièrent en leasing , en location avec option d'achat (LOA) principalement. Ces derniers, aujourd'hui majoritaires dans les ventes de véhicules, sont sensiblement plus jeunes en moyenne, 52 ans, contre 58 ans pour ceux qui optent pour l'achat classique. «Le leasing permet à des personnes qui n'ont pas forcément les moyens d'accéder à la voiture. Les personnes âgées, elles, sont sans doute plus réfractaires à cette formule, car elles sont attachées à la possession et donc moins enclines à passer par la location» , décrypte Philippe Jullien.
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