Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré mardi vouloir trouver un consensus à propos d'un rapprochement entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne, au risque de raviver les divisions amères à travers le pays concernant la rupture avec le bloc communautaire.
Cette annonce intervient dix ans après que les Britanniques se sont en majorité prononcés en faveur du Brexit, le début d'une décennie marquée par une instabilité politique, une croissance économique au ralenti et des débats clivants sur l'étendue des liens que le pays doit conserver avec son principal partenaire commercial.
"Le Brexit a fait plus de mal que de bien", a déclaré Andy Burnham lors d'un discours à l'occasion de la conférence annuelle de son Parti travailliste, à Liverpool, dans le nord-ouest de l'Angleterre.
Il a ajouté vouloir se servir du sommet avec l'UE, prévu en novembre prochain, comme première étape pour rebâtir les liens bilatéraux et chercher ainsi à soutenir la croissance et la prospérité en Grande-Bretagne.
"Je présenterai au pays, aux alentours du sommet, ce que je pense être les différentes options pour la relation à long-terme de la Grande-Bretagne avec nos partenaires européens", a-t-il dit. "Voyons si nous pouvons trouver un consensus sur l'une d'entre elles".
L'idée d'une alliance réformée avec l'UE avait déjà été prônée par Keir Starmer, auquel Andy Burnham a succédé en juillet dernier à la tête du Labour et à Downing Street.
Parvenir à un tel consensus représente un défi à même de tester le savoir-faire politique du nouveau dirigeant britannique dans un pays toujours marqué par les tumultes du Brexit.
S'il a exprimé par le passé son désir de voir de son vivant la Grande-Bretagne réintégrer l'UE, Andy Burnham a dit récemment qu'il ne proposait aucunement une telle démarche, assurant respecter le résultat du référendum de 2016.
Il entend toutefois resserrer les liens avec le bloc communautaire à un moment où la guerre aux portes de l'Europe et l'influence du président américain Donald Trump sur le commerce, les dépenses de défense et les questions géopolitiques, redessinent les alliances à travers le monde.
Londres n'a pas obtenu d'être intégré à un programme européen d'investissements communs en matière de défense. Il tente de convaincre Bruxelles de l'inclure dans le programme "Made in Europe".
(Reportage d'Andrew MacAskill et d'Alistair Smout; version française Jean Terzian, édité par Benoit Van Overstraeten)

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