Le sénateur Flavio Bolsonaro, candidat de droite à la présidence du Brésil, a dit être prêt, sous conditions, à divulguer ses relevés bancaires, fiscaux et téléphoniques, relevant ainsi le défi posé par le président Luiz Inácio Lula da Silva, son adversaire lors du second tour de la présidentielle dimanche.
Dans un document remis au tribunal électoral brésilien, Lula s'est en effet engagé mardi à divulguer ses relevés bancaires, fiscaux et téléphoniques, à condition que Flavio Bolsonaro en fasse de même, une initiative lancée à un moment où les deux camps s'accusent mutuellement de corruption.
Ce défi s'étend aux personnes morales dans lesquelles les deux candidats sont associés ou administrateurs, ainsi qu'aux entités dont ils sont autorisés à gérer les comptes bancaires, avait précisé Lula, qui brigue un quatrième mandat.
Dans sa réponse adressée au tribunal, la campagne de Flavio Bolsonaro a autorisé la divulgation des données demandées par Lula, mais à condition que le président étende ses propres engagements aux conseillers, au personnel de sécurité et aux registres des sociétés détenues par ses enfants.
Camilo Santana, sénateur et représentant de la campagne de Lula, a déclaré aux journalistes que Lula acceptait ces nouvelles exigences et que la campagne déposerait une réponse officielle auprès du tribunal ce jeudi.
Flavio Bolsonaro, qui devance Lula de justesse dans les derniers sondages, fait l'objet d'une enquête pour corruption présumée et blanchiment d'argent liés à un investissement qu'il aurait sollicité auprès d'un banquier - actuellement incarcéré et accusé de fraude - afin de contribuer au financement d'un film sur son père, l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro.
Le sénateur a reconnu avoir sollicité un financement, mais nie toute malversation. Il fait également l'objet d'une enquête distincte pour blanchiment d'argent présumé.
La Cour suprême du Brésil a autorisé l'ouverture d'une enquête sur Fabio Luis Lula da Silva, l'un des fils de Lula, pour trafic d'influence et corruption présumés liés à des affaires du ministère de la Santé. Une enquête distincte pour fraude aux retraites a également été ouverte.
Le fils de Lula nie ces accusations et le président a assuré que son fils ne bénéficierait d'aucun traitement de faveur.
Selon le dernier sondage Quaest, publié mercredi, l'avance de Flavio Bolsanoro sur Lula est revenue à un point, à 45% pour le premier et 44% pour le second contre un rapport de 46%-44% lors de la précédente enquête de cet institut publiée la semaine dernière.
(Maria Carolina Marcello et Lisandra Paraguassu à Brasilia, avec la contribution d'Andre Romani à Sao Paulo; version française Benoit Van Overstraeten; édité par Jean-Stéphane Brosse)

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