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Portugal : les militants pour le droit au logement parviennent à camper à Lisbonne et Porto
information fournie par AFP 04/11/2026 à 11:37

Des militants sur la place du Rossio à Lisbonne au Portugal le 4 novembre 2026 ( AFP / PATRICIA DE MELO MOREIRA )

Des militants sur la place du Rossio à Lisbonne au Portugal le 4 novembre 2026 ( AFP / PATRICIA DE MELO MOREIRA )

Après avoir été plusieurs fois évacués par la police, des dizaines de militants pour le droit au logement au Portugal ont pu passer la nuit de mardi à mercredi dans des tentes installées dans le centre de Lisbonne et de Porto.

Sur la place du Rossio, en plein cœur de la capitale portugaise, une soixantaine de tentes de camping étaient disposées en rang au pied d'une statue, a constaté un journaliste de l'AFP.

A Porto, la grande ville du nord du pays, le campement comptait une trentaine de tentes, ont rapporté les médias locaux.

"Je suis content qu'on ait réussi à passer la nuit ici, c'était notre objectif. (...) On ne savait pas ce qui allait se passer, si la police allait venir ou pas", a témoigné à Lisbonne Rui Coelho, un protestataire de 35 ans employé dans un call-center.

Inspirés par le mouvement de contestation qui a surgi fin septembre dans l'Espagne voisine, après l'expulsion d'une octogénaire madrilène, les militants portugais pour le droit au logement ont vu leurs campements évacués par la police à plusieurs reprises.

Encore le week-end dernier, les forces de l'ordre avaient retiré des dizaines de tentes installées à Lisbonne et Porto, chargeant les protestataires à coups de matraque et procédant à 13 arrestations.

La police a fait état de 13 blessés dans ses rangs à Porto, tandis que les services d'urgence ont recensé 25 manifestants légèrement blessés lors des deux interventions.

Mais, entre-temps, le tribunal administratif de Lisbonne, saisi par une militante lisboète, l'a autorisée à passer la nuit dans une tente, contredisant l'argument de la police selon lequel il serait interdit de manifester après minuit.

En réponse aux appels au dialogue lancés par le président de la République, le socialiste Antonio José Seguro, le Premier ministre de droite, Luis Montenegro, a annoncé mardi soir qu'il allait rencontrer les chefs de l'opposition pour discuter de mesures à prendre pour surmonter la crise du logement.

"C'est vrai que nous avons un problème grave concernant le logement", a-t-il reconnu, en ajoutant toutefois que "nous avons besoin de temps pour que les mesures produisent les effets souhaités".

M. Montenegro, qui ne dispose pas de majorité absolue au Parlement, a notamment insisté sur sa volonté d'obtenir le soutien de l'opposition pour faire adopter un projet de réforme qui viendrait notamment simplifier et accélérer les expulsions de locataires.

Le retrait de ce projet, adopté en première lecture grâce à l'abstention de l'extrême droite, est une des revendications des militants qui ont installé les campements à Lisbonne et Porto.

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