Le marché immobilier évolue avec le retour du pouvoir de négocier du coté des acheteurs ( Crédits photo: Shutterstock)
Après une embellie encourageante, le marché immobilier français marque à nouveau le pas. Les transactions ralentissent, les prix s'ajustent et les acheteurs prennent leur temps. Une situation qui pourrait redonner des marges de négociation à ceux qui souhaitent acquérir un bien, à condition de ne pas sous-estimer le coût du crédit.
Le marché immobilier serait-il en train de changer de mains ? Après plusieurs années où les vendeurs ont souvent imposé leurs conditions, les acheteurs retrouvent progressivement une place dans la négociation.
La dernière note de conjoncture des Notaires de France, publiée le 22 octobre, confirme ce changement de tendance. Le marché n'est pas à l'arrêt, mais la reprise amorcée fin 2024 semble avoir perdu son élan.
Une reprise qui s'essouffle
À fin août 2026, 951.000 transactions de logements anciens ont été enregistrées sur douze mois, soit une progression de 3,6 % sur un an. Une évolution encore positive, mais bien loin des près de 13 % de croissance observés fin 2025.
Si la tendance se poursuit, les notaires estiment que le marché pourrait revenir autour de 920.000 ventes à la fin de l'année.
Pourquoi ce ralentissement ? Les projets immobiliers n'ont pas disparu. Mais entre les incertitudes économiques, les tensions sur les taux et les inquiétudes sur le pouvoir d'achat, les ménages hésitent davantage à franchir le pas.
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Des prix qui redonnent de l'air aux acquéreurs
Autre signal : les prix des logements anciens reculent de 0,8 % sur un an au deuxième trimestre 2026, selon les Notaires de France.
La baisse est plus sensible pour les maisons (-1,3 %) que pour les appartements (-0,1 %). En Île-de-France, les prix diminuent légèrement, tandis que certaines villes et certains quartiers résistent mieux.
Ces moyennes nationales cachent donc des réalités très différentes.
Pour les acheteurs, ce contexte peut néanmoins ouvrir des possibilités. Un logement en vente depuis plusieurs mois, un bien nécessitant des travaux ou un vendeur pressé de conclure peuvent offrir de véritables marges de discussion.
La négociation redevient un élément central de l'achat immobilier.
Le crédit, le grand arbitre des décisions
Reste un obstacle majeur : le financement.
En août, le taux moyen des nouveaux crédits immobiliers atteignait 3,32 %, contre 3,30 % en juillet. Depuis, les tensions obligataires entretiennent le risque de nouvelles hausses.
Or quelques dixièmes de point peuvent peser lourd sur le budget d'un ménage.
Prenons un emprunt de 300.000 euros sur vingt ans, hors assurance. À 3,3 %, la mensualité représente environ 1.709 euros. À 4 %, elle approche 1.818 euros, soit près de 110 euros supplémentaires chaque mois.
Une baisse du prix d'achat peut donc être en partie effacée par la hausse du coût du crédit.
Une opportunité pour les investisseurs patients ?
Pour les investisseurs patrimoniaux, le ralentissement peut aussi créer des occasions intéressantes.
Mais un prix négocié ne suffit pas à faire un bon investissement. Il faut regarder le rendement locatif net, les charges de copropriété, la fiscalité, les travaux éventuels et la performance énergétique du logement.
Un bien acheté 10 % moins cher peut ainsi se révéler peu rentable si sa rénovation coûte davantage que prévu.
À l'inverse, un logement bien situé, acquis à un prix raisonnable et financé dans de bonnes conditions peut constituer une opportunité de long terme.
Acheter maintenant ou attendre encore ?
C'est toute la question. Les notaires envisagent une stabilisation des prix à l'automne, sans exclure un nouveau ralentissement des transactions si les taux continuent de monter.
Pour un acquéreur disposant d'un financement solide, attendre une hypothétique baisse supplémentaire n'est pas nécessairement la meilleure stratégie.
Le véritable avantage réside peut-être ailleurs : prendre le temps de comparer, négocier sans précipitation et sélectionner un bien qui répond à un projet patrimonial durable.
Car dans un marché moins euphorique, la bonne affaire n'est pas forcément celle qui affiche la plus forte décote. C'est celle dont le prix, le financement et la qualité restent cohérents avec ses objectifs à long terme.
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