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«Devenir propriétaire avec moins de 50.000 euros de revenus par an est quasi-impossible» : l’accession à la propriété «se paupérise» en France

information fournie par Le Figaro 22/06/2026 à 09:55

(Crédits: Adobe Stock)

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La Fnaim, premier syndicat patronal de l'immobilier, prédit un atterrissage à 920.000 ventes en 2026, soit une baisse de 5% par rapport à 2025.

« On assiste à une paupérisation de l'accession à la propriété », alerte Loïc Cantin, le président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim). L'investissement locatif ne fait plus recette (la part des investisseurs a diminué de moitié en l'espace de 5 ans) et les secundo accédants souhaitent conserver leur emprunt d'origine obtenu pour la plupart à 1% et n'achètent pas d'autre logement ou bien ont terminé de rembourser leur crédit et ne se projettent pas dans une nouvelle acquisition.

Les ménages dont la part est en progression sont ceux dont les revenus sont compris entre 50.000 euros et 100.000 euros ou excèdent 100.000 euros. Avec moins de 50.000 euros par an, l'accès à la propriété est quasi impossible.

Des prix qui ne baissent pas

La part des propriétaires est en recul en France. Une première depuis 10 ans. La faute à une crise qui touche principalement les jeunes : 6 sur 10 ont du mal à se loger et 3 sur 10 ont renoncé à leurs études faute de trouver un logement. Non seulement, les taux de crédit progressent mais les prix, eux, ne baissent pas et restent relativement stables. En juin 2026, la Fédération nationale de l'immobilier note une décrue de 0,1% sur un an. « Il y a une nouvelle donnée. Jadis, nous pensions que les prix de l'immobilier étaient décorrélés de l'inflation (qui est passée de 0,7% en 2025 à 2,4% aujourd'hui). Or, aujourd'hui, ce n'est plus vrai. Ils affichent tous une stabilité voire une légère correction sauf les Alpes-Maritimes que nous avons toujours qualifiés d'insolent », analyse Loïc Cantin.

Les prix ne baissent pas et pourtant « les vendeurs acceptent davantage d'ajuster leurs prix lorsque le marché entre dans une phase de ralentissement», assure le président de la Fnaim . C'est un phénomène classique : lors des cycles baissiers, la diminution des volumes de transactions précède toujours la baisse des prix, ces derniers constituant la principale variable d'ajustement du marché. «Les vendeurs comprennent que le niveau de prix doit être en adéquation avec le pouvoir d'achat des acquéreurs et les conditions de financement. Les biens proposés au juste prix trouvent preneur, tandis que ceux qui restent surévalués mettent davantage de temps à se vendre et finissent souvent par faire l'objet de négociations », affirme la Fnaim. Tout comme en 2023, après la hausse brutale des taux d'intérêt, qui sont passés de 1% à 4%, les transactions se sont d'abord contractées puis les vendeurs ont accepté de revoir leurs prétentions à la baisse, ce qui a conduit à une correction des prix de 12 à 15% en moyenne.

La Fnaim prédit un atterrissage à 920.000 ventes en 2026, soit baisse de 5% par rapport à 2025. On est quand même loin des 845.000 ventes enregistrées en 2024. « Ce n'est pas une récession mais un recul momentané du marché », espère Loïc Cantin. Selon lui, « c'est un marché convalescent au bord de la rechute ».

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