Aller au contenu principal
Fermer

Epargne réglementée : le coût exorbitant des exonérations d'impôts pour l'Etat

information fournie par Moneyvox 24/08/2023 à 08:25

CREDIT PHOTO : © razorconcept – stock.adobe.com

CREDIT PHOTO : © razorconcept – stock.adobe.com

Livret A, LDDS, LEP… tous ces placements ont un point commun : ils profitent d'une exonération d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Un avantage pour les épargnants qui coûte cher à l'Etat.

Il existe un grand nombre de placements réglementés, dont le rendement est fixé par l'Etat, à l'instar de l'incontournable Livret A. La plupart de ces comptes profitent d'une fiscalité allégée, voire d'une exonération totale d'impôts. Un joli coup de pouce pour les épargnants, qui a un coût pour l'Etat. Selon la Banque de France, ce manque à gagner est colossal, avec une facture estimée à plus d'un milliard d'euros en 2022.

Plus d'un milliard d'euros d'exonérations fiscales et sociales en 2022

Avec la hausse des taux d'intérêt, l'épargne réglementée a retrouvé de l'intérêt pour les Français qui recherchent un placement sûr, simple et gratuit . À la longue liste des avantages de ces placements, il ne faut pas oublier la fiscalité, ou plutôt l'absence, ou quasi-absence, de fiscalité. Livret A, LDDS, LEP, Livret Jeune… tous ces contrats profitent d'une exonération d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Or, si les livrets réglementés n'existaient pas, l'argent du Livret A et de ses « cousins » serait placé ailleurs, sur des comptes fiscalisés. En clair, il rapporterait de l'argent à l'Etat : plus d'un milliard d'euros en 2022 selon l'Observatoire de l'épargne réglementée (OER) de la Banque de France. En effet, les intérêts générés pourraient tout à fait être soumis au PFU, le Prélèvement forfaitaire unique, dont le taux est de 30 %, ce qui viendrait alimenter les caisses de l'Etat.

Quels sont les livrets réglementés qui coûtent le plus cher à l'Etat ?

Tous les livrets réglementés ne génèrent pas le même manque à gagner pour l'Etat. En effet, ce chiffre dépend à la fois de l'encours de chaque placement et de la rémunération servie. Dans le classement des contrats les plus coûteux, la première place revient, et de très loin, à l'épargne logement, c'est-à-dire au Plan d'épargne logement (PEL), et, dans une moindre mesure, au Compte épargne logement (CEL).

Au total, les exonérations d'impôt sur le revenu liées à l'épargne logement coûtent environ 419 millions d'euros par an à l'Etat. Le Livret A, second de ce classement, fait pâle figure à côté avec un manque à gagner estimé à 143 millions d'euros d'impôt sur le revenu. En cause ? Les PEL ouverts avant 2018 bénéficiaient d'une exonération d'impôts pendant leurs 12 premières années.

Depuis le 1er janvier 2018, cette règle a changé, puisque tous les nouveaux Plans d'épargne logement sont soumis à l'impôt sur le revenu dès leur ouverture. Cependant, cette modification n'a pas d'effet rétroactif, et les anciens PEL de moins de 12 ans profitent donc toujours d'une exonération fiscale. En revanche, quelle que soit leur date de souscription, les PEL sont soumis aux prélèvements sociaux, ce qui n'est pas le cas du Livret A, du LDDS, du LEP ou encore du Livret Jeune.

Un manque à gagner pour l'Etat attendu en hausse en 2023

L'heure est à la hausse des taux d'intérêt, pour le plus grand bonheur des épargnants. Ainsi, depuis le 1er février 2023, le taux du Livret A et du LDDS est de 3 %. Le taux du LEP, quant à lui, est même de 6 % depuis le 1er août. Le taux du PEL a lui aussi été revu à la hausse, et est passé de 1 à 2 % le 1er février. Autant d'évolutions qui vont, mécaniquement, faire grimper la facture du manque à gagner lié aux exonérations fiscales et sociales.

Si elle est bien vue du côté des épargnants, cette absence de fiscalité sur de nombreux supports de placement a toutefois des inconvénients. En particulier, l'exonération d'impôt sur le revenu ne profite qu'aux ménages les plus aisés puisque, contrairement aux prélèvements sociaux, seuls les ménages imposables voient les intérêts de leurs placements soumis à l'impôt sur le revenu. Or, environ un ménage sur deux n'est pas imposable.

La question de la justice fiscale se pose aussi au regard des sommes placées, par exemple sur le Livret A. Alors que 34 % des détenteurs d'un tel contrat y avaient placé moins de 150 euros en 2022, 9,6 % des personnes concernées avaient un Livret A au plafond, et tiraient donc pleinement profit de l'exonération fiscale et sociale de ce placement.

17 commentaires
  • 26 août 13:23

    je ne partage pas l'analyse de M47. le revenu tiré de l'épargne, ici des intérêts, ailleurs des dividendes ou des loyers encaissés, n'a pas été taxé.
    il pourrait être soumis à l'impôt au même titre que le revenu du travail.


Signaler le commentaire Fermer
A lire aussi
  • Les Français retirant leur argent, le Livret A a ainsi connu son pire mois de janvier depuis 2009. (Geralt / Pixabay)
    information fournie par Boursorama avec Newsgene 02.03.2026 12:29 

    En un an, le taux d'intérêt du livret A a été divisé par deux, passant de 3 à 1,5 %, au 1er février 2026. Si certains indicateurs devraient grimper dans les prochains mois, il y a malheureusement peu de chance de voir le taux de ce produit d'épargne remonter fortement ... Lire la suite

  • Shutterstock
    information fournie par Grazia 28.02.2026 08:52 

    Instagram a rendu la finance plus accessible. Reste à savoir si ces conseils sont faits pour guider… ou seulement séduire. Les vidéos de finance sur Instagram ont changé la donne. En quelques reels, on vous parle budget, épargne, Bourse, parfois crypto, avec des ... Lire la suite

  • Rachats programmés sur assurance-vie : comment se créer une rente sans tout liquider ? / iStock.com - Charnchai
    information fournie par Boursorama avec LabSense 28.02.2026 08:30 

    Comment tirer des revenus de son assurance-vie sans mettre fin à son contrat ni retirer tout son capital d’un coup ? Les rachats programmés apportent une réponse concrète à cette question. Ce dispositif permet de percevoir des sommes régulières tout en laissant ... Lire la suite

  • Retraite et colocation senior : une solution pour réduire les coûts et rompre l’isolement / iStock.com - Diamond Dogs
    information fournie par Boursorama avec LabSense 26.02.2026 08:30 

    « 750 000 personnes âgées vivent en situation de mort sociale, sans contact significatif avec leur entourage. » C’est le très triste constat dressé par Les Petits Frères des Pauvres. L’isolement des personnes âgées, un véritable fléau Selon les nombres publiés ... Lire la suite

Pages les plus populaires