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Quelle était réellement la fortune des frères Bogdanoff?
information fournie par Le Particulier pour BoursoraMag11/01/2022 à 10:46
Temps de lecture: 3 min

Igor et Grichka Bogdanoff sont décédés à 6 jours d’intervalle crédit photo : Capture d’écran Instagram

Igor et Grichka Bogdanoff sont décédés à 6 jours d’intervalle crédit photo : Capture d’écran Instagram

Décédés des suites de la Covid-19 à six jours d’intervalle, les frères Bogdanoff laissent derrière eux de nombreux mystères. Scientifiques, écrivains, animateurs télé, producteurs, les jumeaux semblent avoir vécu plusieurs vies, multipliant les projets comme les controverses. Châtelains fortunés ou scientifiques ruinés, quelle était réellement leur situation financière ?

Quel était le patrimoine immobilier d’Igor et Grichka Bogdanoff?

Petits-fils d’une comtesse autrichienne, Igor et Grichka Bogdanoff sont originaires du Gers, où leur grand-mère avait trouvé refuge dans le château de Saint-Lary pour échapper au scandale lié à sa relation adultère avec un ténor afro-américain. En 1986, ils ont acquis un des plus vieux domaines du Gers, le château d’Esclignac, pour la somme de 280.000 euros. Cette demeure quasi-millénaire, qui était habitée par leur demi-frère, tombe aujourd’hui en ruines. La facture pour la réfection de la toiture de 4.000 mètres carrés s’élèverait à elle seule à plusieurs millions d’euros.

Les deux frères étaient fascinés par le Moyen-Âge. Igor Bogdanoff était propriétaire d’une maison d’une superficie de 106 mètres carrés située dans le XVIe arrondissement de la capitale, à deux pas de la porte de Saint-Cloud. Un ancien relais de chasse qu’il avait entièrement réaménagé. En août 2018, Le Figaro Immobilier évoquait «un ensemble bien mis en valeur avec près de 4 mètres de hauteur sous plafond pour le rez-de-chaussée». Aux poutres, récupérées dans le Poitou, s’ajoutait «la cheminée monumentale, arrivée en pièces détachées et installée par le propriétaire». Une «déco très gothico-médiévale entre bois, pierre et tapisseries».

Dans un portrait paru dans les colonnes du Point le 4 janvier, leur ami Jean-Paul Enthoven, éditeur chez Grasset, brosse une situation bien différente: «Ils ont longtemps vécu dans une maison médiévale où l’électricité était coupée et les loyers impayés, ce qui n’avait guère d’importance. Ils avaient des dettes chez l’épicier, chez le pharmacien» écrit-il, avant de préciser qu’Igor Bogdanoff avait vendu la propriété en février dernier, pour 1,5 million d’euros.

Des revenus issus de l’édition et de la télévision

La situation financière des jumeaux Bogdanoff était très fluctuante. «Un jour ils avaient beaucoup d’argent, le lendemain ils étaient criblés de dettes» explique l’éditeur Gérard de Cortanze. En dix ans de télévision, ils ont gagné «suffisamment d’argent» pour financer leurs recherches scientifiques. Avant de connaître un revers. «Ça s’est vraiment dégradé: notre thèse de doctorat nous a ruinés. Les huissiers sont venus […], on s’est retrouvés avec des dettes qu’on continue à payer aujourd’hui» déclaraient-ils dans la presse en 2012.

Outre la télévision, l’édition leur a permis de percevoir des revenus confortables. Auteurs de plus de 20 ouvrages dont plusieurs bestsellers, les deux frères avaient expliqué dans une interview accordée à Non Stop People, qu’ils avaient touché des acomptes compris entre 40.000 et 180.000 euros, en fonction du nombre de ventes escomptées par leur éditeur.

En 2020, les deux frères avaient perçu 20.000 euros chacun pour leur participation à l’émission de divertissement «Mask Singer». En revanche, ils n’auraient jamais été rémunérés pour leur activité de chroniqueurs dans l’ émission «Touche pas à mon poste» de Cyril Hanouna.

Démêlés avec la justice

Scientifiques controversés, Igor et Grichka Bogdanoff ont fréquenté les tribunaux à plusieurs reprises. Ils ont reçu 64.000 euros de dommages et intérêts du journal Marianne, qui les avait qualifiés «d’imposteurs». En revanche, ils n’ont pas obtenu gain de cause dans le procès qui les opposait au CNRS, qui contestait les travaux de leur thèse respective, et à qui ils réclamaient 1,2 million d’euros.

En 2018, ils avaient été mis en examen pour «escroquerie sur personne vulnérable» et auraient payé 50.000 euros de caution. La justice les soupçonnait d’avoir soutiré 1,5 million d’euros à Cyrille B., un millionnaire avec lequel ils s’étaient liés d’amitié. D’importantes sommes d’argent auraient été versées en chèques comme en espèces pour prendre des participations dans la marque Temps X, dont ils étaient propriétaires et qu’ils souhaitaient faire renaître sur Internet, financer un documentaire sur la République démocratique du Congo ou encore acheter un hélicoptère. Le millionnaire, qui aurait par ailleurs acquis la moitié de la maison d’Igor pour 750.000 euros, s’est suicidé en août 2018, mettant de fait un terme à cette affaire judiciaire.

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