Jeudi, la raffinerie de Normandie était déjà en grève, ainsi que celle de Donges, et la bioraffinerie de La Mède, notamment, où les salariés grévistes ont bloqué les expéditions de carburants.
( AFP / SAMEER AL-DOUMY )
Le mouvement de grève initié jeudi par la CGT de TotalEnergies pour l'emploi et les salaires a été reconduit vendredi à la raffinerie de Normandie, la plus grande de France, et dans une vingtaine de stations-service du groupe, a-t-on appris de sources concordantes.
À Normandie, près du Havre, les expéditions de carburants "sont toujours bloquées", tant par camions que par pipeline, a indiqué Eric Sellini, coordinateur CGT. Côté pétrochimie, "les chargements de wagons pour le propylène et l'éthylène sont stoppés", a-t-il précisé.
"12 grévistes", selon la direction
Les autres sites de production du groupe pétrogazier qui ont fait grève jeudi ont connu ce matin un "retour à la normale", a-t-il indiqué. "La grève est levée sur tous nos sites de raffinage, sauf sur Normandie ce matin", a confirmé la direction du groupe, qui y comptabilise "12 grévistes". "Nous continuons à assurer les approvisionnements de notre réseau de station-service et de nos clients par nos différents moyens logistiques", a-t-elle ajouté.
Les blocages jeudi des raffineries de Normandie, de Donges et de la Mède sont intervenus dans un contexte de difficultés logistiques liées à la guerre au Moyen-Orient et au plafonnement par le groupe des prix des carburants, qui a entraîné une ruée des automobilistes dans ses stations-service.
Dans une vingtaine d'entre elles (23 selon la CGT, 18 selon la direction) appartenant à la filiale Argedis, le mouvement a été reconduit vendredi matin, sur les quelque 180 de la filiale et les 3.300 à l'échelle du groupe. La CGT Argedis réclame "une revalorisation des salaires" pour les salariés de stations "en première ligne" face à un "afflux de clients".
D'une manière générale, la CGT évoque des effectifs "sous tension", avec des conséquences pour la sécurité dans les sites de production, compte tenu de "départs non remplacés", et d'un "recours massif" à l'intérim, aux "CDD à répétition" et à la sous-traitance.
Pour les salaires, le syndicat réclame "200 euros mensuels" d'augmentation "pour toutes et tous" et la "mise en place d'un salaire de base minimum" pour tous les salariés "à hauteur de 1,2 Smic". L'appel à la grève a été maintenu malgré l'annonce par la direction du versement aux salariés d'une avance de 1.000 euros sur leur prime annuelle, dont le montant total doit être discuté en décembre, lors des négociations salariales annuelles. Le bénéfice net du groupe s'est élevé à 11,2 milliards de dollars (environ 10 milliards d'euros) au premier semestre, en progression de 73% sur un an.
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