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Acte III de la colère sociale: les cortèges défilent à distance des centres
information fournie par AFP 31/10/2026 à 16:08

Un manifestant agite un drapeau français au milieu des gaz lacrymogènes lors d'une nouvelle manifestation contre la vie chère, le 31 octobre 2026 à Lyon ( AFP / JEFF PACHOUD )

Un manifestant agite un drapeau français au milieu des gaz lacrymogènes lors d'une nouvelle manifestation contre la vie chère, le 31 octobre 2026 à Lyon ( AFP / JEFF PACHOUD )

L'acte III de la colère sociale a débuté un peu partout en France samedi, loin des centres-villes et encadré par un dispositif de sécurité "exceptionnel" avec 70.000 policiers et gendarmes mobilisés face aux craintes de dégradations, mises en avant par le gouvernement.

"Macron a mis les revendications sociales à la périphérie de son mandat", résume Adèle Tellez de la CGT Paris, alors que débute la manifestation parisienne, cantonnée dans l'est de la capitale après une dernière décision du Conseil d'Etat samedi matin.

Des protestataires crient des slogans dans un hygiaphone lors d'une nouvelle manifestation contre la vie chère, le 31 octobre 2026 à Paris  ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Des protestataires crient des slogans dans un hygiaphone lors d'une nouvelle manifestation contre la vie chère, le 31 octobre 2026 à Paris ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

L'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante ont appelé à bloquer les lycées et les universités mardi et jeudi, alors que se tiendra également jeudi 5 novembre la journée d'appel intersyndical à la grève et aux manifestations nationales.

La coordination des gilets jaunes, à l'origine de ces journées, a appelé à faire "un six-seven populaire" en poursuivant "le mouvement les 6 et 7 novembre", au lendemain du 5.

Le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon (C) et l'eurodéputée LFI Rima Hassan (G) dans le cortège de la nouvelle manifestation contre la vie chère, le 31 octobre 2026 à Paris  ( AFP / Ed JONES )

Le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon (C) et l'eurodéputée LFI Rima Hassan (G) dans le cortège de la nouvelle manifestation contre la vie chère, le 31 octobre 2026 à Paris ( AFP / Ed JONES )

"Il y a une colère dans ce pays. Elle monte dans les lycées, les facs, sur les ronds-points, dans les quartiers, dans les champs et sur les lieux de travail. Et cette colère n'est pas entendue", soulignent les gilets jaunes.

Dans le cortège parisien était également visible une délégation de LFI, avec Jean-Luc Mélenchon et Rima Hassan.

Manifestation contre la vie chère, le 31 octobre 2026 à Valenciennes ( AFP / Francois LO PRESTI )

Manifestation contre la vie chère, le 31 octobre 2026 à Valenciennes ( AFP / Francois LO PRESTI )

Parmi les pancartes aperçues, sous un ciel bleu partout en France : "alerte climat de vie chère", "pas besoin de lacrymo pour que notre avenir soit flou", "Halloween déguisée en citoyenne vénère", ou le désormais traditionnel "les lycéens visent le bac, la BAC vise la tête".

Ces derniers jours, les autorités ont tenu un discours alarmiste, les autorités craignant de revoir des violences urbaines "comparables à celles du 17 octobre", "tout au long de la journée" de samedi et "à partir de la tombée de la nuit", selon l'entourage du ministre de l'Intérieur.

Des manifestants lors de la nouvelle journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics, le 31 octobre 2026 Porte de Vincennes, à Paris  ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Des manifestants lors de la nouvelle journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics, le 31 octobre 2026 Porte de Vincennes, à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )

A Paris, entre "400 et 800 militants d'ultragauche" sont attendus, selon une source proche. Sur l'ensemble du territoire, 70.000 policiers et gendarmes sont mobilisés.

350 actions recensées

Sur toute la France, 350 actions susceptibles de fédérer 350.000 à 450.000 personnes sont attendues, a indiqué une source policière. A 14h00, le ministère de l'Intérieur annonçait 15.000 manifestants et 65 actions recensées en France, des chiffres qui évolueront forcément dans les prochaines heures.

Rennes comptabilise d'ores et déjà 13.500 manifestants, selon la préfecture, davantage que la semaine dernière.

Des villes comme Toulouse ou Marseille, où aucune manifestation n'a été autorisée, recensent également plusieurs milliers de manifestants. "Ca me fait peur de voir ce qui se passe dans cette démocratie française, un Etat policier se met en place", a déclaré Eloïse, 35 ans à Toulouse. Quelques gaz lacrymogène ont été tirés lorsque le cortège s'est rapproché du canal du Midi.

Un nouveau couvre-feu a par ailleurs été décrété dans certains secteurs de Paris pour les nuits de samedi à dimanche et dimanche à lundi de 23H00 à 06H00, une mesure qui se multiplie dans plusieurs villes de France.

"Révolution"

Des gendarmes positionnés en marge de la nouvelle journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics, le 31 octobre 2026à Paris  ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Des gendarmes positionnés en marge de la nouvelle journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics, le 31 octobre 2026à Paris ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Les cortèges se sont également élancés à Bordeaux, Limoges, Poitiers ou La Rochelle, où Kai, 22 ans, est venue "dénoncer la vie chère, la précarité lycéenne et étudiante, la montée du fascisme et du racisme, et plus globalement toutes les formes de discrimination".

A Lyon, où le cortège se tient à l'écart de l'hypercentre, plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler sous haute surveillance.

Des manifestants tiennent des banderoles lors d'une nouvelle manifestation contre la vie chère Porte de Bagnolet, à Paris, le 31 octobre 2026  ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

Des manifestants tiennent des banderoles lors d'une nouvelle manifestation contre la vie chère Porte de Bagnolet, à Paris, le 31 octobre 2026 ( AFP / Sameer AL-DOUMY )

"On dit non au prix de la vie, non à l'extrême droite, oui aux revendications des lycéens, oui à la parole des citoyens", déclare Camille Guérin, une manifestante de 31 ans, à Nantes. "Bienvenue en lacrymocratie", pouvait-on lire à Metz.

A Limoges, où l'hôtel de ville a brûlé le 17 octobre, le cortège approche les 3.000 personnes, comme samedi dernier, avec parmi les pancartes "Mon régime minceur, celui du dictateur". Des jeunes commencent à s’équiper de masques et de lunettes de protection.

L'entourage du ministre de l'Intérieur s'inquiète de l'utilisation sur les réseaux des termes "révolution" et "insurrection". Le tout au moment de la fête d'Halloween.

Des magasins protégés par des plaques de bois à Paris en prévision des manifestations, le 30 octobre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Des magasins protégés par des plaques de bois à Paris en prévision des manifestations, le 30 octobre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

"Le prétexte de la nuit d'Halloween ne sera pas un motif légitime pour se dissimuler le visage dans l'espace public" en vue de "commettre des troubles à l'ordre public", a prévenu le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.

La loi autorise le port d'un masque dans l'espace public pour une fête, comme Halloween, mais l'interdit aux abords de manifestations qui présentent des risques de troubles à l'ordre public.

Une boutique protégée par des plaques de bois à Paris en prévision des manifestations, le 30 octobre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Une boutique protégée par des plaques de bois à Paris en prévision des manifestations, le 30 octobre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Cette troisième journée de mobilisation contre la vie chère s'inscrit dans le sillage du mouvement lycéen et étudiant, qui réclame notamment la suppression de la plateforme d'orientation Parcoursup, la rénovation des établissements et plus d'enseignants.

Plusieurs manifestants, dont des mineurs, ont été grièvement blessés ou mutilés depuis mi-septembre dans le cadre d'opérations de maintien de l'ordre. D'après le ministre de l'Intérieur, 1.193 policiers et gendarmes ont été blessés.

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8 commentaires

  • 13:50

    Vu que les russes sont comme les francais prêts à se mobiliser , à manifester contre les réformes des retraites ça m a donné envie d en savoir plus. .. en 1980 les françaises partaient en retraite à 65 ans contre 55 ans en URSS. .. il est vrai qu à l époque une française avait une esperance de vie supérieure de 5.4 ans ..


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