
Mohammed Ahmad Mouftah, nommé samedi Premier ministre par intérim du gouvernement houthi au Yémen après la mort du Premier ministre tué par Israël, s'exprime lors d'une conférence à Sanaa le 22 juin 2025, alors qu'il était vice-Premier ministre ( AFP / Mohammed HUWAIS )
Les rebelles houthis au Yémen ont promis samedi de se venger après la mort de leur Premier ministre Ahmad Ghaleb al-Rahwi, tué dans des frappes israéliennes sur la capitale Sanaa plus tôt cette semaine.
Il s'agit du plus haut responsable politique connu des Houthis à avoir été tué dans de tels raids depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas en octobre 2023.
Un communiqué de la "présidence" des Houthis a annoncé la mort d'Ahmad Ghaleb al-Rahwi et de plusieurs de ses ministres "dans l'agression menée jeudi par l'ennemi israélien alors qu'ils étaient en réunion à Sanaa".
Selon le texte, cité par leur chaîne Al-Massirah, "plusieurs de leurs collègues ont été blessés, certains grièvement".
Samedi soir, l'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir tué Ahmad Ghaleb al-Rahwi "ainsi que d'autres hauts responsables" dans une frappe contre une installation au Yémen abritant "de hauts responsables militaires et d'autres hauts responsables du régime terroriste houthi".

Le Premier ministre des rebelles houthis du Yémen, Ahmad Ghaleb al-Rahwi, rend visite aux bureaux du mouvement palestinien Hamas à Sanaa pour présenter ses condoléances après la mort de Yahya Sinouar, chef du mouvement palestinien Hamas, tué par Israël, le 20 octobre 2024 ( AFP / Mohammed HUWAIS )
"La frappe a été rendue possible grâce à l'exploitation d'une opportunité en matière de renseignement et à la réalisation d'un cycle opérationnel rapide, qui s'est déroulé en quelques heures", précise le texte.
Dans un communiqué distinct, les Houthis ont annoncé la nomination de Mohammed Ahmad Mouftah "Premier ministre par intérim" pour succéder à Ahmad Ghaleb al-Rahwi, qui avait été nommé en août 2024.
- "Jours sombres" -
Israël mène depuis des mois des frappes contre des cibles des Houthis au Yémen en riposte aux tirs de missiles et de drones des rebelles contre le territoire israélien, la plupart interceptés par l'armée.
Soutenus par l'Iran, ennemi juré d'Israël, les Houthis affirment lancer ces attaques en "solidarité" avec les Palestiniens de Gaza, en proie à la guerre déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
"Nous promettons à Dieu, au cher peuple yéménite et aux familles des martyrs et des blessés que nous nous vengerons", a déclaré Mehdi al-Machat, chef du Conseil politique suprême, dans un message vidéo sur Telegram.
"Des jours sombres vous attendent", a-t-il ajouté, s'adressant à Israël.
M. Machat a en outre appelé "toutes les sociétés (étrangères) présentes dans l'entité occupante" (Israël) à partir "avant qu'il ne soit trop tard".
Les rebelles avaient fait état de frappes jeudi sur Sanaa, sans préciser les cibles.
Une source de sécurité à Sanaa a déclaré à l'AFP que les Houthis avaient arrêté à Sanaa, Amrane (nord) et Dhamar (sud-ouest) des dizaines de personnes, "soupçonnées de collaboration avec Israël".

Des combattants rebelles présents à un rassemblement de solidarité avec les Palestiniens de Gaza et contre Israël et les Etats-Unis, à Sanaa, le 29 août 2025 ( AFP / Mohammed HUWAIS )
Les rebelles yéménites contrôlent de vastes pans du pays en guerre depuis 2014, dont Sanaa, où ils ont installé leurs institutions politiques. Le pouvoir yéménite internationalement reconnu, chassé de Sanaa, a son siège à Aden, la grande ville du Sud.
Mercredi, les Houthis ont revendiqué un tir de missile contre Israël, qui a été intercepté selon l'armée israélienne, quelques jours après des raids aériens israéliens, dimanche dernier, contre le palais présidentiel et un site de stockage de carburant à Sanaa qui avaient fait 10 morts selon les insurgés.
Après ces raids, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait prévenu que "le régime terroriste houthi paiera un prix très élevé pour son agression contre l’État d'Israël".
- "Crime odieux" -
Israël a ciblé dans ses frappes des régions sous contrôle des Houthis, notamment des ports de l'ouest du pays et l'aéroport de Sanaa.
"Nous ne dévierons pas de la lutte contre le projet américano-sioniste et poursuivrons l'escalade jusqu'à l'arrêt de l'agression et la levée du blocus (israélien) contre Gaza", avait averti le même jour le bureau politique des Houthis.
Le Hamas a qualifié samedi les frappes ayant tué les responsables houthis de "crime odieux".
Outre les attaques en direction du territoire israélien, les rebelles ont repris en juillet, après une pause de plusieurs mois, leurs attaques au large du Yémen, en mer Rouge ou dans le Golfe d'Aden, contre les navires qu'ils accusent de liens avec Israël.

Des Yéménites inspectent les dégâts, dans une installation d'une compagnie pétrolière qui a été touchée par des frappes israéliennes à Sanaa, le 25 août 2025 ( AFP / Mohammed HUWAIS )
En mai, ils avaient conclu une trêve avec les États-Unis qui avait mis fin à des mois de bombardements américains au Yémen, en échange de l'arrêt de leurs attaques contre les navires dans cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial.
La guerre au Yémen a fait des centaines de milliers de morts et plongé ce pays le plus pauvre de la péninsule arabique dans l'une des pires crises humanitaires au monde.
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