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Vers une bascule à droite du Parlement européen à l'issue des législatives
information fournie par Reuters 09/06/2024 à 20:36

Des habitants en costume traditionnel votent lors de l'élection du Parlement européen dans le village bavarois d'Eberfing

Des habitants en costume traditionnel votent lors de l'élection du Parlement européen dans le village bavarois d'Eberfing

par Philip Blenkinsop et Sarah Marsh

L'extrême-droite se dirige vers des gains importants au Parlement européen alors que de premières projections à l'issue des élections législatives montrent une poussée des partis nationalistes eurosceptiques, notamment en Allemagne.

Selon un sondage de sortie des urnes, la formation Alternative pour l'Allemagne (AFD) aurait remporté 16,5% des suffrages contre 11% en 2019. Parallèlement, les trois partis au sein de la coalition gouvernementale menée par le chancelier Olaf Scholz semblent avoir perdu du terrain.

En Autriche, de premières projections donnent la formation d'extrême-droite Le Parti de la Liberté (FPÖ) en tête avec 27% des suffrages, tandis qu'aux Pays-Bas, les sondages locaux de sortie des urnes ont indiqué un net bond du Parti pour la liberté (PVV), la formation nationaliste de Geert Wilders victorieuse des élections législatives néerlandaises de novembre dernier.

Le PVV est crédité de 7 des 29 sièges dont disposent les Pays-Bas au Parlement de Strasbourg, alors qu'il n'en avait obtenu aucun en 2019.

Le groupe du Parti populaire européen (PPE) devrait rester la principale force au Parlement de Strasbourg, ce qui lui permettra ainsi de choisir la tête de la Commission européenne - la présidente sortante de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen, apparaît favorite pour un second mandat.

Cependant, pour s'assurer une majorité parlementaire, Ursula von der Leyen pourrait avoir besoin du soutien de certains nationalistes, comme la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, donnant à celle-ci et à ses alliés davantage d'influence.

En France, le scrutin est lourd d'enjeux politiques pour le président Emmanuel Macron, confronté à la dégradation des finances publiques, à la fragilité d'une majorité relative limitée dans ses marges de manoeuvre et à une désaffection de l'électorat à son égard. Le Rassemblement national (RN) est donné en tête du scrutin, selon les intentions de vote.

A 17h00, la participation s'élevait à 45,26%, un taux en hausse par rapport aux 43,29% enregistrés en 2019 à la même heure. Selon les sondages, l'abstention définitive est estimée entre 47,2% et 47,5% contre 49,88% en 2019.

De premières estimations de sortie des urnes sont attendues à 18h00 GMT en France, et un sondage à l'échelle européenne devrait être communiqué aux alentours de 18h30 GMT. De premiers résultats européens provisoires sont attendus en toute fin de soirée, après la fermeture des derniers bureaux de vote, en Italie.

RISQUE DE BLOCAGE ?

Ouvertes jeudi, aux Pays-Bas, les élections européennes vont redessiner la manière dont le bloc communautaire va se positionner face à un éventail de défis, dont une Russie hostile, une rivalité industrielle croissante avec la Chine et les Etats-Unis, le changement climatique et l'immigration.

Selon les enquêtes d'opinion, les partis libéraux pro-Europe et les Verts vont perdre des sièges, avec pour effet de réduire la majorité de centre-droit et de centre-gauche et, par conséquent, de compliquer les efforts destinés à adopter de nouvelles réglementations à l'échelle de l'UE et à intégrer des pays supplémentaires dans le bloc.

Les Verts devraient notamment souffrir du mécontentement des foyers, agriculteurs et industriels à propos des politiques énergétiques coûteuses du bloc communautaire.

De nombreux électeurs subissent la crise du coût de la vie, sont préoccupés par l'immigration et par l'impact financier de la transition énergétique, tout en s'inquiétant des tensions géopolitiques croissantes, dont la guerre en Ukraine, entrée dans sa troisième année.

Les partis d'extrême droite ont profité de ce climat d'inquiétude et proposé une alternative aux formations dites traditionnelles.

"J'espère que le fonctionnement de l'Union européenne sera plus démocratique parce qu'aujourd'hui je pense qu'il souffre d'une certaine ambiguité. Les gens ne savent pas vraiment qui a le pouvoir entre la Commission européenne et le Parlement et c'est vrai que ca soulève des questions et des méfiances", a déclaré Emmanuel, 34 ans, qui a voté dimanche dans le 18ème arrondissement de Paris.

(Reportage Philip Blenkinsop et Kate Abnett à Bruxelles, Graham Keely à Madrid et Gus Trompiz et Manuel Ausloos à Paris, Francois Murphy à Vienne, Sarah Marsh et Thomas Escritt à Berlin, rédigé par Jan Strupczeski et Ingrid Melander; version française Jean Terzian, Nicolas Delame et Blandine Hénault)

2 commentaires

  • 10 juin 06:02

    le couple dit franco-allemand n'était pas à la fête hier - Ama un récent voyage de trop de notre boss - pour nous français il se confirme que nous avons besoin de scrutin à la vraie proportionnelle et non notre système à deux tours que l'on va retrouver les 30 juin et 7 juillet p/ex


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