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Valérie Pécresse candidate des Républicains à l'élection présidentielle
information fournie par Reuters04/12/2021 à 14:38

VALÉRIE PÉCRESSE CANDIDATE DES RÉPUBLICAINS À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

VALÉRIE PÉCRESSE CANDIDATE DES RÉPUBLICAINS À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

PARIS (Reuters) - Valérie Pécresse a été désignée samedi candidate de la droite à l'élection présidentielle française à l'issue de la primaire d'investiture des Républicains, l'emportant largement sur son adversaire Eric Ciotti.

Les adhérents du parti à jour de cotisation (139.742 au total) étaient appelés à départager la présidente du conseil régional d'Ile-de-France et le député des Alpes-Maritimes lors d'un second tour de vote électronique, qui avait commencé vendredi à 08h00 (07h00 GMT) et s'est achevé samedi à 14h00 (13h00 GMT).

Valérie Pécresse a recueilli 61% des suffrages, Eric Ciotti 39%, a précisé Christian Jacob lors d'une conférence de presse au siège de LR en présence des deux finalistes.

L'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, qui est âgée de 54 ans, était donnée favorite après le ralliement sous sa bannière des trois perdants du premier tour : Michel Barnier, Xavier Bertrand et Philippe Juvin.

Elle ambitionne de devenir la première femme présidente de la République en France, avec le redoutable défi de faire oublier la défaite de la droite et du centre au premier tour de la présidentielle de 2017 après le chaos de la campagne de François Fillon.

"Les femmes qui jouent les seconds rôles, c'est terminé dans la France d'aujourd'hui", avait-elle déclaré lors du lancement de sa campagne pour la primaire LR en juillet dernier.

Dans un livre d'entretiens "Et c'est cela qui changea tout", paru en 2019, Valérie Pécresse narre cet entretien avec Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Elysée sous Jacques Chirac, qui ne lui prédisait aucun avenir en politique au motif qu'elle était "une femme normale".

"UNE FEMME QUI TIENT"

Depuis le lancement de son mouvement "Soyons libres" au sein de LR, en juillet 2017, l'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur et du Budget de Nicolas Sarkozy a entrepris sans relâche de démentir ceux qui dans son camp lui déniaient toute envergure présidentielle.

"Je suis une femme qui tient", soulignait-elle dans sa profession de foi pour le second tour du congrès LR.

Diplômée d'HEC et de l'Ena, Valérie Pécresse, la "bonne élève", native de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et mère de trois enfants, a fait ses premières armes en politique au côté de Jacques Chirac. Elue en 2002, à 34 ans, députée UMP dans la 2e circonscription des Yvelines, elle n'a cessé ensuite de gravir les échelons jusqu'au sommet de l'Etat.

Elue première femme du conseil régional d'Ile-de-France, un fief de gauche, en 2015, elle avait été réélue en juillet 2021.

Tenante d'une ligne économique libérale, Valérie Pécresse, qui avait quitté les Républicains en 2019 en critiquant la "droitisation" de leur dirigeant Laurent Wauquiez, a depuis musclé ses propositions régaliennes, dans un paysage politique où l'irruption de l'essayiste d'extrême droite Eric Zemmour et la popularité intacte de la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, ont porté les questions d'immigration et de sécurité au premier plan.

Elle devra composer avec l'aile droite incarnée par Eric Ciotti, champion d'une base militante plus radicale, auquel elle a déjà donné des gages en s'engageant à défendre "une droite assumée" et "de rupture".

UN SCÉNARIO DÉFAVORABLE POUR EMMANUEL MACRON

Soucieuse d'en finir avec les divisions mortifères de la droite, elle s'est engagée à l'unité et au rassemblement. "Du côté de l'Elysée, ils vont devoir réécrire leur scénario. Car nous sommes unis et debout", a-t-elle prévenu.

L'intronisation de Valérie Pécresse, qui effectuera un premier déplacement de campagne lundi avec Eric Ciotti, est de fait le scénario le plus défavorable pour le président sortant Emmanuel Macron, qui n'a toujours pas annoncé s'il briguait un nouveau mandat.

Le "binôme" idéologique issu du second tour du congrès LR, avec d'un côté un Eric Ciotti partisan d'un "Guantanamo à la française" et de l'autre une Valérie Pécresse adepte d'une stricte orthodoxie budgétaire dans la lignée des juppéistes, pourrait ramener vers LR un électorat centriste converti au macronisme ainsi que des électeurs "droitiers" tentés par le RN ou la candidature d'Eric Zemmour.

Au chapitre économique, Valérie Pécresse propose notamment la suppression de quelque 200.0000 postes de fonctionnaires, avec la création de 50.000 autres dans la sécurité, l'éducation et la santé. Eric Ciotti prônait pour sa part dans son programme l'instauration d'une "flat tax", avec une imposition unique de 15%, et la suppression des droits de donation et de succession.

Dans le domaine de la sécurité, la candidate des Républicains défend la reconnaissance faciale dans les transports en commun pour lutter contre le terrorisme, préconise l'armement des policiers municipaux dans les communes de plus de 5.000 habitants.

En matière d'immigration, elle souhaite une loi constitutionnelle instituant des quotas annuels par métiers et par pays.

(Rédigé par Sophie Louet)

8 commentaires

  • 04 décembre22:10

    On ne change pas une équipe qui perd...