Champ inondé par la crue de la Garonne, près de Bourdelles, en Gironde, le 21 février 2026 ( AFP / Gaizka IROZ )
Malgré une accalmie sur le front des pluies, les crues exceptionnelles se sont poursuivies samedi dans l'Ouest, avec une stabilisation attendue pour des cours d'eau en alerte maximale et une décrue lente sur les tronçons repassés en orange.
La Loire-Atlantique, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime restent tout le week-end en vigilance rouge crues, le plus haut niveau. Neuf autres départements dans l'Ouest sont en vigilance orange.
A Angers, ville de 160.000 habitants, le niveau de la Maine "vient d'atteindre son pic" à 6,39 mètres, a indiqué en fin d'après-midi le maire Christophe Béchu sur X, avant "une légère décrue".
"Nous n'avons pas encore de visibilité sur le rythme ni la durée de la décrue", a poursuivi l'élu, rappelant que de nouvelles précipitations sont attendues la semaine prochaine.
Une rue d'Angers (Maine-et-Loire) inondée par la crue de la Maine, le 20 février 2026 ( AFP / Damien MEYER )
Au moins 5.000 personnes sont touchées par cette crue, la plus importante à Angers depuis celle de 1995. Des rues supplémentaires ont été fermées à la circulation samedi matin. Deux kilomètres de planches ont été installées pour permettre aux riverains de passer les pieds au sec. La circulation des tramways est aussi très perturbée.
Les voies sur berge, occupées habituellement par la circulation automobile, sont totalement immergées, tandis que des coupures d'électricité ont été effectuées dans certaines rues.
Pour des hôtels du centre-ville, "c'est un coup dur", avec l'annulation de plusieurs événements ce week-end à Angers et par ricochet, de réservations.
La rencontre de Ligue 1 prévue entre Angers et Lille, dimanche, se déroulera à huis clos.
- "Le malheur des autres en spectacle" -
A Saumur, ville située sur un tronçon de la Loire en vigilance rouge, le fleuve devrait atteindre 5,15 mètres dans la soirée, du jamais-vu depuis 1983, selon la municipalité, qui s'attend à une légère décrue une fois cette barre franchie.
En contrebas du château, face à l'hôtel de ville, plusieurs batardeaux ont été installés et une partie des voies sur berges ont été fermées à la circulation, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des sauveteurs en mer dans une rue inondée lors d'une opération visant à évacuer des habitants isolés à Courcoury, en Charente-Maritime, le 21 février 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )
Plus en aval sur la Loire, les maires de quatre communes - La Possonnière, Saint-Georges-sur-Loire, Saint-Germain-des-Prés et Champtocé-sur-Loire - protégées par une digue, ont pris samedi des arrêtés d'évacuations préventives, a indiqué la préfecture du Maine-et-Loire.
En Loire-Atlantique, des routes sont fermées, la circulation des TER est perturbée entre Angers et Nantes, et la navigation interdite sur plusieurs tronçons de cours d'eau.
A Courcoury (Charente-Maritime), la gendarmerie a déployé samedi matin trois camions 4x4 militaires pour aider les habitants à circuler, a constaté un photographe de l'AFP.
A Saintes, à cinq kilomètres de là, de nombreux curieux ont profité samedi du retour du soleil pour s'aventurer sur les 10 kilomètres de madriers installés depuis mardi dans les rues inondées pour constater la montée de la Charente, dont la décrue n'est attendue qu'en milieu de semaine, selon les autorités.
"C'est honteux tous ces gens qui viennent flâner et regarder le malheur des autres en spectacle", a critiqué, amère, une habitante sexagénaire auprès d'un photographe de l'AFP.
En Gironde, en vigilance orange crues, la décrue est lente. La Garonne, encore étendue sur plusieurs centaines de mètres par endroit, laissait entrevoir à son retrait des champs détrempées, serres agricoles éventrées, clôtures affaissées et arbres arrachés.
Dans le sud du département, des automobilistes s'engageaient sur des routes fermées pour inondation depuis plus d'une semaine, contournant les panneaux "route barrée", a constaté l’AFP.
Rue inondée par la crue de la Garonne, à La Réole, en Gironde, le 21 février 2026 ( AFP / Gaizka IROZ )
A La Réole, commune de 5.000 habitants à la limite du Lot-et-Garonne, le fleuve a reculé de près deux mètres par rapport à son pic mais s'étendait encore sur plusieurs centaines de mètres de large, cernant un hameau d'une dizaines de maisons anciennes.
Dans ce bourg médiéval fortifié à flanc de colline, des habitants des rues inférieures accédaient, chargés de courses, à leur logement via des échelles, installées au gré des crues successives, et une trappe aménagée sur le toit de leur maison.
"On est préparés et habitués à ces inondations, mais ça reste toujours spectaculaire", commentait Marie-Ange, 70 ans, une habitante, venue admirer, comme de nombreux curieux et photographes amateurs, la Garonne en crue en ce samedi ensoleillé.

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