Donald Trump, fervent partisan de la peine capitale, s'était félicité qu'elle soit appliquée à Nidal Hasan, 56 ans pour lequel il a personnellement approuvé le peloton d'exécution, en tant que commandant en chef.
Le secrétaire d'Etat à la Défense, Pete Hegseth, à Sparrow Point, Maryland, en octobre 2026 ( AFP / JIM WATSON )
Face aux déclarations martiales du patron du Pentagone Pete Hegseth, l'Union européenne a mis en garde les plateformes numériques contre la diffusion en direct de l'exécution prévue aux Etats-Unis d'un meurtrier de soldats américains.
Nidal Hasan, 56 ans, doit être fusillé le 3 décembre sur une base au Texas où il avait tué 13 personnes en 2009. Un responsable du ministère américain de la Défense a assuré que l'exécution publique serait diffusée en direct. L'administration Trump a depuis jeté le doute sur cette information.
Cette exécution pourrait-elle alors être diffusée en Europe? Selon les règles de l'UE sur le numérique, les plateformes sont tenues d'appliquer "avec diligence leurs propres règles d'utilisation", a expliqué un porte-parole de la Commission, Thomas Regnier.
"Si l'on regarde certaines plateformes, Meta interdit explicitement la diffusion en direct des exécutions capitales, tandis que X et TikTok interdisent les contenus choquants ou faisant l'apologie de la violence", a-t-il détaillé. Ce porte-parole a estimé qu'il n'avait pas de commentaire à fournir sur ce que les plateformes font aux Etats-Unis.
"Mais en Europe nous avons de règles claires", a-t-il ajouté en se référant au règlement européen sur les services numériques (DSA en anglais) qui porte entre autres sur la lutte contre les contenus illicites.
Si les réseaux n'appliquent pas leurs propres règles, l'UE utiliserait alors les pouvoirs que lui confère ses règles sur le numérique pour éviter L'administration Trump critique régulièrement ces règles, voyant là un instrument de "censure" -- une accusation que l'Union européenne rejette fermement.
Fait très rare, des élus républicains, le parti de Donald Trump, ont exprimé publiquement, en des termes très forts, leur opposition à cette idée. "Je soutiens totalement la condamnation à mort, mais diffuser des exécutions en direct est ce que font les jihadistes. L'Amérique vaut mieux que ça" , a ainsi déclaré Austin Scott, élu à la Chambre des représentants.
"Le genre de choses que font l'Iran et les talibans"
Le sénateur démocrate Mark Kelly, ancien astronaute et officier de la Marine, a également souligné que "Nidal Hasan est un meurtrier" qui devra répondre de ses actes. "Mais une exécution publique ? Ici aux États-Unis ? C'est le genre de choses que font l'Iran et les talibans. Est-ce à eux que nous voulons être associés ?", s'est-il étonné, faisant écho à d'autres réactions, notamment internationales.
Une telle diffusion en direct constituerait une forme de "torture", a prévenu le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, réitérant sa position face "aux exécutions publiques en Afghanistan et en Iran". C ette mise à mort sera la première effectuée par l'armée américaine depuis 1961, et la première par peloton d'exécution depuis 1945.
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