Le président cubain Miguel Diaz-Canel à Dubaï le 1er décembre 2023. ( AFP / KARIM SAHIB )
Selon un haut responsable américain sous couvert d'anonymat auprès du site américain Axios, Cuba a acquis depuis 2023 des drones d'attaque auprès de la Russie et de l'Iran et cherche désormais à en obtenir davantage.
C'est une "menace croissante", craint un haut responsable américain. Cuba a acquis plus de 300 drones militaires et a récemment envisagé des scénarios pour les utiliser contre la base américaine de Guantanamo, à l'extrême est de l'île, voire contre le territoire américain, a rapporté dimanche 17 mai le site Axios, s'appuyant sur des renseignements classifiés.
Cette publication intervient dans un contexte de forte tension entre les deux pays, et alors que des responsables cubains accusent Washington de préparer le terrain politique pour une intervention contre l'île. "Quand on pense à ce type de technologies aussi près de nous, (...) c'est préoccupant", a souligné un haut responsable américain sous couvert d'anonymat, évoquant auprès du site américain d'information Axios "une menace croissante". Il a indiqué que Cuba avait acquis depuis 2023 des drones d'attaque auprès de la Russie et de l'Iran, et cherchait désormais à en obtenir davantage.
"Le gouvernement des Etats-Unis construit, jour après jour, un dossier frauduleux pour justifier une guerre économique impitoyable contre le peuple cubain et une éventuelle agression militaire", a réagi sur le réseau social X, le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez. Il a aussi mis en cause des "organes de presse en particulier qui font le jeu (des Etats-Unis), en faisant la promotion de calomnies et en reprenant des insinuations du gouvernement américain lui-même". Auparavant, le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio, avait dénoncé, également sur X, des "accusations toujours plus invraisemblables".
Cuba est "prêt" à faire face à une agression militaire américaine, selon son président
La relation entre les deux ennemis idéologiques est particulièrement tendue depuis plusieurs mois. Donald Trump estime que l'île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de Floride (sud-est), représente "une menace extraordinaire" pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Le président américain a plusieurs fois menacé de "prendre le contrôle" de Cuba, suggérant d'y envoyer un porte-avions. Outre l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington, qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime à La Havane, impose à l'île depuis janvier un blocus pétrolier, n'ayant autorisé l'arrivée que d'un seul pétrolier russe.
Les Etats-Unis ont aussi annoncé début mai un durcissement des sanctions contre Cuba. Dans ce contexte, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu jeudi à La Havane pour une réunion exceptionnelle avec de hauts responsables cubains, alors que les deux pays sont en difficiles pourparlers.
Les Etats-Unis cherchent aussi à inculper l'ex-président cubain, Raul Castro, âgé de 94 ans. Cette inculpation serait fondée sur une affaire remontant à 1996, lorsque deux avions civils pilotés par des opposants à Fidel Castro avaient été abattus. Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, avait déclaré à la mi-avril que son pays était "prêt" à faire face à une agression militaire américaine. La défense civile de l'île a diffusé ces derniers jours un "guide de la famille" destiné à la "protection face à une agression militaire", selon plusieurs sites officiels provinciaux.
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